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Appel de Cthulhu

Les Archives Interdites

mardi 17 mai 2005, par Celui qui appelle dans les Ténèbres

Un scénario qui voit l’avènement d’un sorcier disparu il y a des millions d’années et révèle les "trucs" du fils de Dieu. Prévu comme une suite et un connectif entre « Le Prince de Nubie » et « Le Projet Dunkelheit », il peut toutefois être joué séparément.

Période 1920, en France

Au Commencement était l’Hyperborée

Le continent mystique abritait des civilisations certes barbares par leurs coutumes mais qui dans les arts occultes avaient progressé à un niveau que les sorcières n’atteignirent jamais même à leur apogée. Cela se passait durant les temps pré-humains, alors que la race intelligente qui régnait sur terre tenait autant de l’homo sapiens que de l’ours et du gorille, il y a deux ou trois millions d’années. Un prêtre-sorcier très puissant et craint de tous ses congénères, Carnamagos, dirigeait des colonnes de guerriers bestiaux qui entre deux batailles sanglantes érigeaient un temple à leur dieu Quachil Uttaus, Celui Qui Foule La Poussière. Carnamagos progressait sans cesse dans son accumulation de connaissances, à tel point qu’il inventa pour lui-même un système d’écriture qui lui permit de consigner ses acquis et de progresser encore plus vite. Alors qu’il parvint au terme de deux vies normales pour un être mortel, il sentit la dégénérescence et la mort l’étreindre, et il décida de préserver son être par de puissants sortilèges, afin que loin dans le futur un sorcier aussi maléfique que lui puisse le ramener d’entre les morts, et rédigea les formules nécessaires sur un parchemin en peau humaine à l’aide d’une encre que le temps n’effacerait pas ; il ajouta à ces pages quelques-unes unes de ses autres connaissances, et des réflexions théologiques sur son dieu, avant de protéger le manuscrit contre la putréfaction par des artifices magiques.

La tribu des pré-humains conserva longtemps le précieux parchemin, jusqu’au jour où elle fut décimée par une épidémie qui semblait changer la peau lentement en poussière. Alors le Testament de Carnamagos fut perdu pour longtemps, avant de ressurgir à une période trouble de l’Antiquité.

A propos du Dodecanomicon

Jésus de Nazareth avait pour habitude d’enseigner à ses douze disciples six après-midi par semaine, à l’ombre d’une rangée d’oliviers. Peu avant sa mort, il leur confia un lourd secret : la résurrection de Lazare n’était pas réellement son fait et elle avait été accomplie grâce à un ouvrage merveilleux qu’il avait trouvé dans le désert lors de sa longue retraite, dans les ruines d’une mystérieuse cité de pierre noire qu’il appelait la Cité sans Nom. Il possédait toujours le livre, et cependant parlait de disparaître bientôt, ce qui alarmait les apôtres au plus haut point. Il les rassura en leur expliquant que le livre lui assurait une existence éternelle, et confia à chacun des disciples un indice qui permettrait de retrouver le livre quand l’Humanité en aurait besoin. On dit que Jésus est mort et qu’il a ressuscité, mais le livre intitulé Testament de Carnamagos a disparu de nouveau.

Toutefois les apôtres écrivirent chacun un cours volume chargé d’énigmes et de symboles, et celui qui parviendrait à réunir les douze chapitres du Dodecanomicon, le Livre des Douze, saurait comment s’approprier le Testament. Ces livres sont aisément reconnaissables à leur couverture de peau de chameau tannée, où est imprimé à chaud à l’argent le prénom de leur auteur ; la plupart sont entreposés secrètement au milieu des archives interdites du Vatican, les autres ont été perdu avec l’apôtre qui les portait.

La Croix de Mercure

Ce collège ultra-secret, dont les origines sont obscures même pour ses membres mais qui en tout cas est fort ancien, est un observatoire des procédés de résurrection sous toutes leurs formes. Chaque fois qu’un nouveau procédé est découvert ou mis en hypothèse, un responsable est nommé parmi les membres pour mener des expériences et faire toutes les recherches nécessaires jusqu’à l’aboutissement, qui est soit un échec soit un événement qui tient du miracle. Actuellement, trois responsables travaillent sur des procédés, ils ont très peu de contacts entre eux et ne connaissent pas les autres membres susceptibles de devenir un jour responsable de projet. Le recrutement est également un mystère : les membres semblent avoir un potentiel latent et un sixième sens natif qui les conduit vers l’organisation.

I- L’Ordre des Compagnons de Lazare

Cette secte basée en Italie est dirigée par le cardinal Antonio Carlo Semrouni, qui l’a fondée en 1918 après des études théologiques de vingt ans au Moyen-Orient. En 1901, Semrouni alors âgé de vingt-trois ans s’est vu attaqué ainsi que les trente apprentis qui accompagnaient sa caravane par une bande de pillards, à la lisière du désert du Golan. Il fut le seul à parvenir à prendre la fuite, cependant il était sans autre bagage que ses carnets d’études, à marcher sur les dunes brûlantes. Ayant perdu tout espoir, il sentit le sol se dérober sous ses pas, et se retrouva à dévaler dans une chute de sable à l’intérieur de ce qui ressemblait à une cité de basalte, aux angles improbables et anarchiques, et aux dimensions cyclopéennes. Des caractères d’une langue qu’il n’avait jamais vue brillaient en lettres de feu sur les murs. A l’époque Semrouni était encore un homme de foi, et il prit cela pour des paroles divines, qu’il recopia soigneusement dans ses carnets d’études sans les comprendre. Depuis son arrivée dans la mystérieuse cité la fatigue avait quitté son corps et ni la faim ni la soif ne le tenaillaient, c’était un miracle qui décuplait sa volonté, et il resta debout des jours entiers, ayant perdu la notion du temps, à recopier les lettres de feu sans jamais lever le poignet ni s’assoupir. Lorsqu’il eut fini, il s’écroula dans un sommeil comateux, en proie à un cauchemar qui semblait presque tangible.

Il voit un Arabe courir à travers un bazar comme s’il était traqué, un lourd volume sous son bras. L’homme porte une djellaba noire et de nombreux bijoux d’or ornés de symboles ésotériques. Tandis qu’il parvient à la sortie de son village, il ombrage son regard du revers de la main et aperçoit au loin une cité monumentale qu’il semble reconnaître. Mais soudain ses yeux se révulsent, son corps se soulève du sol et il crache du sang avant d’être déchiqueté. Une masse de chair informe rouge sang, couverte d’yeux et de bouches, apparaît un instant, flottant au-dessus du cadavre, puis se volatilise de nouveau, en même temps que le livre porté par l’Arabe. Dans les rues, les gens sont paniqués et fuient en tous sens en hurlant toujours les mêmes mots.

Semrouni a étudié l’arabe ancien, et il comprend à son réveil la signification de ces mots, « vampire invisible venu des étoiles ». Ce qu’il ne comprend pas, c’est comment il peut se retrouver à la lisière du désert, à côté de la caravane avec laquelle il voyageait avant l’assaut des brigands, à présent renversée et à demi enfouie dans le sable. Il pense d’abord voir été frappé de délire, empoisonné par ses agresseurs, mais dans ses carnets, il retrouve la langue mystérieuse recopiée dans les murs de la Cité Sans Nom. Très affaibli, il est soigné deux mois au village le plus proche. Lorsqu’il rentre enfin à l’école de théologie où il étudiait, il apprend que sa disparition remonte à près d’un an.

Son obsession première fut dès lors de retourner au désert, hélas chaque fois que ses pas en franchissait la limite, des voix chuchotantes et innombrables envahissaient son esprit à un point insupportable, et il devait tourner bride avant de sombrer dans la folie. Il se consacra à défaut à élucider la provenance du texte sacré, et entreprit pour cela de mettre la main sur le livre de l’Arabe qu’il avait vu en songe, persuadé que la clef de l’énigme s’y trouvait. A force de recherches acharnées dans toutes les cités du monde arabe, il put consulter un manuscrit vieux de plus de mille ans dans une somptueuse mosquée de Bagdad, et conformément à son intuition, il put décrypter les textes recopiés dans ses carnets d’études, et connut tout de l’ère préhistorique, de la domination de Carnamagos et de son sommeil de millions d’années. Les heures d’examen de textes interdits, comme le Necronomicon, avaient eu raison de sa santé mentale, et depuis longtemps il avait perdu la foi, rêvant du jour où les Grands Anciens marcheraient à nouveau sur la Terre et pulvériseraient les impies.

En 1916, Semrouni rentra de Damas, où il s’était installé, et vint vivre à Rome, car il fut promu cardinal auprès du pape. Il eut alors tout le loisir de consulter les archives interdites du Vatican et augmenta considérablement sa somme de connaissances occultes. Il décida pour le meilleur et pour le pire de mettre en oeuvre tous ses pouvoirs magiques afin de ressusciter celui qu’il considérait comme un dieu vivant, le défunt Carnamagos. La première guerre mondiale lui en donna l’occasion : en 1918, il créa une secte appelée "Les Compagnons de Lazare", sans bien sûr dire à ses adorateurs, dont il allait utiliser l’énergie spirituelle, que leurs activités réduiraient le monde à néant. Au lieu de cela, il fit une traduction obscure et embrouillée des textes de la cité interdite, prétendant que le Testament de Carnamagos permettrait de ramener le Christ d’entre les morts. La secte a donc officiellement pour but de faire revivre Jésus, jugé seul être capable de réparer le chaos dans le monde, comme lors de la Grande Guerre. Ses fidèles sont des chrétiens fervents, ils ne se doutent pas de leurs activités maléfiques.

Depuis l’Ordre des Compagnons de Lazare agit dans l’ombre secrète du Vatican, à la recherche du Testament de Carnamagos et de tous les chapitres du Dodecanomicon qui pourraient les aider à le localiser.

II- Le cancer de Raglan

A l’hôpital de la charité à Paris, le professeur Raglan étudie les malades du cancer en phase terminale. Né à Liverpool en 1885, il est appelé sous les drapeaux en 1915 pour combattre en France contre l’ennemi allemand, et devient médecin du front en 1916. Avide de connaissance, il profite de sa situation pour pratiquer sur les soldats blessés des expériences de résistance maximale à la douleur, et de seuil limite avant la mort. Un général finit par avoir des doutes sur ses activités et le réforme en 1918, à la veille de la victoire. N’ayant aucun désir de rentrer en Angleterre, il erre en Brie jusqu’à un château croulant que ses économies lui permettent de racheter. Installé comme médecin de campagne généraliste, il finit par se proposer comme chirurgien pour poursuivre ses expériences en milieu hospitalier et ainsi obtenir une multitude de cobayes. Personne dans son entourage professionnel ne conteste à l’heure actuelle ses compétences et son équilibre moral et mental. Ses patients sont des vétérans de la Grande Guerre qui ont développé des infections suite à un assaut au gaz moutarde, des mineurs dont la silicose a entraîné une dégénérescence des tissus pulmonaires, ou encore des enfants leucémiques. Dans son laboratoire du sous-sol, il cultive en parallèle des cellules cancéreuses et des cellules hépatiques saines ; il est en effet fasciné par la faculté des cellules néoplasiques à se diviser encore et encore à l’infinie, tandis que les cellules saines finissent toujours par mourir (Note : le phénomène d’apoptose a été mis en évidence dans les années 1990). Raglan a donc eu l’idée ignoble de créer une forme de cancer intelligente, vivant en symbiose avec son hôte afin de lui procurer la vie éternelle sans le tuer.

En adhérant à la Croix de Mercure, Raglan s’est élevé spirituellement, et des rêves prophétiques lui ont apporté certaines révélations. Il est ainsi l’un des rares être humains sur Terre à savoir que le cancer est un fléau créé par Quachil Uttaus, le Grand Ancien qui commande à la vie et à la mort, pour répondre au désir d’immortalité de ses fidèles à une époque préhistorique. Il sait aussi qu’à l’origine, il n’y avait qu’un seul cancer, qui était effectivement une forme de vie intelligente mais a dégénéré à force de multiplications, pour atteindre son état actuel. C’est ce stade parasitaire que Raglan cherche à obtenir, et peu importe le nombre d’innocents qui périront dans les affres du cancer, il n’arrêtera pas ses travaux avant d’atteindre son objectif.

III- La matrice de vie

Les textes occultes les plus anciens et les plus mystérieux racontent qu’en une grotte froide comme la lune et profonde comme l’enfer, entre le monde des rêves et celui de la réalité, vit un dieu pâle et amorphe qui a donné la vie à toute chose, et ce dieu s’appelle Ubbo-Sathla. Certains sorciers hautement maléfiques pensent qu’en arrachant à la créature un morceau de sa chair putride, ils parviendront à générer et à régénérer la vie à l’infinie ; c’est sur cette hypothèse que s’est penché Le Collectionneur, le membre le plus mystérieux et le plus influent de la Croix de Mercure. Il vient récemment de rendre ses conclusions sur un autre projet, la survie après des millénaires d’un scarabée de l’Egypte Antique (voir scénario "Le Prince de Nubie"). Apparemment, l’insecte utilisait du sang et des fibres humains pour régénérer ses tissus gagnés par la sénescence, ce qui après mûre réflexion était un principe déjà archivé par la Croix de Mercure, dans la rubrique "Vampirisme". Le projet avait donc fini d’être étudié, et Le Collectionneur s’est intéressé à cette question plus ardue, localiser la Source Inachevée.

Et pour la suite, c’est en téléchargement !


Encadrement arrondi
Les commentaires sur cet article

2010-04-01 23:43:43 - Backick

Une horreur... ça tombe bien c’est dans Cthulhu :)

Encadrement arrondi
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