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Bitume

Aide de jeu pour Bitume MK5

Strasbourg MK5

1998, par Jean-Christophe Le Brun

Attention, Strasbourg MK5 se permet quelques entorses à l’histoire connue et certains édifices décrits plus bas pourraient ne pas avoir existé en 1986. Les personnages et les tribus n’ont aucun lien avec des personnes vivant de nos jours ou ayant existées. Les doctrines énoncées par les personnages ne sont pas à prendre au sérieux, il s’agit d’humour, souvent de mauvais goût il faut en convenir mais d’humour quand même.

Introduction

Lors de la grande catastrophe de 1986, la ville se Strasbourg, comme bien d’autres, eut à subir de nombreux dommages. Un vent de folie souffla sur l’Alsace, laissant derrière lui des ruines et de la poussière. Il fallut des mois et des mois avant que la société et la nature ne retrouvent un semblant d’équilibre.

Le passage de la comète réveilla la géologie endormie de l’Alsace. Un terrible tremblement de terre ébranla la plaine, avalant villages, usines et le patrimoine. Le lit du Rhin s’élargit considérablement, éloignant à jamais l’Allemagne, naguère si proche voisine, de plusieurs kilomètres. Le Rhin, autrefois fleuve, devint un large bras de mer de six kilomètres de large par endroit. De nombreux volcans que l’on croyait éteints se réveillèrent comme près de la ville de Colmar qui fut noyée sous la lave et les cendres.

Miraculeusement, le centre de Strasbourg fut épargné des cataclysmes. Si l’on excepte le crash d’un Airbus en phase d’atterrissage sur le quartier du Neuhof, l’explosion de la centrale nucléaire de Fessenheim et l’incendie du port autonome qui dura des mois, on peut considérer que la cité fut protégée par les dieux.

Bien sûr vint la grande folie. Les quartiers périphériques de la cité n’y survécurent pas. Kronembourg, la Montagne Verte, Schilitigheim, le Neudorf furent très rapidement secoués par de violentes émeutes et guerres tribales. Le vieux centre lui aussi fut ébranlé. Le Tram, fierté de la ville fut détruit, des émeutiers venus d’un peu partout brûlèrent les voitures et pillèrent le peu qu’il restait à piller avant de s’enfuir vers les Vosges. Mais comparé aux autres ruines fumantes, Strasbourg s’en sortait plutôt bien.

Peu à peu la société se restructura en tribus, chacune occupant un quartier de l’ancienne capitale européenne. Certains recherchèrent ce qu’avait été le monde de l’avant, d’autres reconstruisirent une société sur de nouvelles bases, plus adaptées sans doute à la survie dans un monde à l’agonie. Les différentes tribus s’évitèrent dans la mesure du possible, se retrouvant pour le troc, quelques combats improvisés et des réunions politiques nommées le Parle Ou Ment, Heureux Payen.

Les Batman

Le quartier allant de l’ancienne Douane en passant par le Palais Rohan et la place de la Cathédrale est dominé par une puissante et vieille famille strasbourgeoise, les Batman. Cette célèbre famille, dont l’illustre ancêtre Cathy fut un jour maître du monde, est une tribu de marchands qui contrôle presque tout le commerce de la cité. Dans l’ancienne Douane en ruine, ils organisent un marché, protégés par de nombreux mercenaires à leur solde. Dans le bâtiment délabré, les tribus se rencontrent pour troquer leurs marchandises, essence, moteurs, conserves, piles, armes, munitions, casseroles. Chaque vente est enregistrée dans un gros livre par les Batman qui au passage ramassent un substantiel pourcentage. Mais la place et sûre et le moindre bruit de combat est étouffé par les détonations des armes des mercenaires.

La famille habite le palais Rohan, un bâtiment qui a conservé un peu de sa splendeur passée. Le chef de la tribu est une femme et se nomme Cathy en souvenir de son illustre ancêtre. Cathy Batman ne se contente pas de s’enrichir, elle mène une terrible répression armée contre la tribu Skin Head de Pen Ankou. De tout temps sa famille a lutté contre la menace, usant de lois, le manifestation et pour finir d’armes et de soldats. Le Pont des Corbeaux a retrouvé son ancien usage. On y noie les Skin Head égarés en les enfermant dans des cages en fer que l’on immerge près du pont, un charmant spectacle.

Les mercenaires de la famille Batman, sont une trentaine, bien armés. Ils portent le costume approximatif d’une chauve souris, symbole de l’héroïne de la famille, Cathy, la Batwoman des temps modernes. Ils s’abreuvent de littérature héroïque édité par Marvel bien avant leur naissance. Les mercenaires ont investi ce qui fut la glorieuse cathédrale de Strasbourg avec leurs véhicules et leur campement. La nef de l’édifice sacré est un terrible capharnaüm composé d’armes, de couches, de véhicules, de feux de camps. Seule le coeur est encore protégé. A la place de l’autel, se dresse un photo électorale géante de l’illustre ancêtre des Batman lors de sa première campagne municipale pour rappeler aux mercenaires que même s’ils sont nourris et logés, ils servent une cause, celle de l’égalité des hommes et la mort des Skin Head...

Les Fils du Négationnisme

Le quartier de la république est contrôlé par une tribu de Skin Head, les Fils du Négationnisme. Leur chef, issu d’une célèbre famille bretonne se fait appeler Pen Ankou (traduisez tête de mort). Il vit dans l’Opéra depuis qu’un condisciple lui a dit qu’il était mégalomane (il a du confondre avec mélomane), enfin bon... Il contrôle avec ses hommes la place Broglie et la place de la République rebaptisée place du Quatrième, au centre de laquelle se dresse la statue de Jeanne d’Arc, la Pucelle, statue vénérée par ses troupes.

Pen Ankou est né avec une haine naturelle pour les indiens. Il se souvient des émeutes sanglantes de Kronenbourg où il a passé sa « tendre » enfance et veut venger les victimes et les voitures calcinées, surtout la sienne. Pour cette tribu, le paradis se nomme Vitrolles, les gauchers sont mis à mort et le rouge est une couleur prohibée. Pen Ankou ratisse la ville avec ses hommes, pourchassant les indiens infiltrés et fuyant les mercenaires Batman. Il espère nettoyer la ville de toute la racaille et instaurer un ordre nouveau pour le monde.

Les Goths

Le soir où la comète frôla la Terre, un concert Punk avait lieu à la Laiterie, événement rarissime qu’il est important de noter. Un rassemblement de punk venant pour la plus grande part d’Allemagne s’était organisé autour de la salle de concert, bien ceinturé par les forces de polices municipales toujours en alerte. Le passage de la comète fut tellement terrifiant que forces de police, punk et musiciens se réfugièrent dans la plus grande salle de la Laiterie pour attendre la fin du monde. Les survivants encore sous le choc, restèrent ensemble dans les ruines fumantes et formèrent peu à peu la tribu des Goths, un étrange mélange de Punk et de policiers ayant oubliés leurs différences.

Proches de l’autoroute, leur campement est une base stratégique pour attaquer les voyageurs imprudents qui utilisent l’autoroute A 51 (ou ce qu’il en reste). Pain de Plastic, le meneur de la bande, encourage ses compagnons à semer le désordre dans la cité. Il tente avec ses hommes de saboter les entreprises des Batman et s’attaque de temps en temps au Tram des Pétroléum, image de l’ordre rétabli. Les Goths est la seule tribu à ne pas respecter les trêves commerciales et le marché de Noël, ils profitent souvent de cette période pour semer le chaos dans la ville en fête.

Les Pétroléum

Du port autonome, il ne reste que peu de choses : épaves de péniches, usines en ruine, bassin envahis par les ronces, routes éventrées. Cependant, au milieu de cette désolation, subsiste un immense trésor, trois cuves de pétrole remplies du liquide non raffiné. C’est Joe Keller, garagiste des garagistes, qui découvrit le trésor. Riche de son secret, il attira auprès de lui d’autres garagistes afin de former la tribu la plus riche et la mieux armée de Strasbourg, les Pétroléum. Le territoire du port est contrôlé par Joe Keller et ses sbires mais sa puissance va bien au delà. Il contrôle aussi tous les parkings souterrains non effondrés de l’ancienne capitale européenne.

Dans ces parkings, à l’aide des épaves de véhicules, les Pétroléum mettent au point et assemblent des véhicules des plus extravagants que leur suggère leur imagination débridée. Forts de leur expérience et de leur richesse, les Pétroléum contrôlent sans violence le marché du véhicule et du carburant. Aucune tribu n’ose les affronter de front malgré la convoitise des richesse de Joe Keller. Mais que faire de ce pétrole ? Joe Keller est le seul à posséder le secret de la fabrication de l’essence dans la région de Strasbourg.

Joe Keller a édifié sa raffinerie dans le parking de la place des Halles. Selon ces besoins, un camion citerne se rend au très protégé port autonome et rapporte la précieuse cargaison convoyée sous haute surveillance jusqu’à la place des Halles, où Joe, le génial alchimiste, fabrique le carburant qui sera stocké dans deux autres camions citernes, en attendant les clients potentiels.

Les Pétroléums sont aussi d’habiles techniciens. Ils ont retapé une rame du tram et améliorent chaque jour la puissance de la motrice. Celle-ci part de la place des Halles et descend jusque la place de L’Etoile pour le seul plaisir des garagistes. Elle ne sert à rien d’autre qu’à affirmer la puissance de la tribu et à tester sur les rails les performances des moteurs pétaradants de Joe. Cette motrice, armée de nombreuses tourelles et blindée de toute part, est une véritable forteresse roulante qui gronde dans les rues de Strasbourg. A l’occasion, elle transporte les garagistes à la place de l’étoile, rendez-vous de certains Vikings du bassin rhénan qui font souvent appel à leurs services pour améliorer ou réparer leurs camions.

Le marché de Noël

L’Alsace est un pays de traditions.
Alex Noël, appelé aussi le père Noël, ne l’a pas oublié. Grand marchant d’armes installé place Kleber, cet homme aux talents multiples a renoué avec une tradition perdue après la grande folie : le marché de Noël...

Une fois l’an, à la période des grands froids, les tribus de Strasbourg, sous l’impulsion de Alex Noël, se retrouvent sur les places Kleber, Broglie et de la Cathédrale pour quatre semaines de trêve, trêve pendant laquelle, chaque tribu construit une petite baraque en bois, l’ornemente de guirlandes, de branches de sapin et de décorations diverses. Dans ces cabanes provisoires, les tribus empilent les armes et les munitions fabriquées, volées ou récupérées au court de l’année passée pour les vendre ou bien les troquer.

Le marché de Noël est le plus vaste marché d’armes temporaire connu. Les tribus viennent de très loin pour s’équiper ou vendre. Pendant ces quatre semaines, la population de la cité est multipliée par dix ce qui ne va pas sans poser quelques petits problèmes de sécurité, surtout avec toutes ses armes entassées. C’est l’occasion pour les Goths de commettre leurs plus grands méfaits.

Les Vikings

La place de l’Etoile est le lieu de rendez-vous des Vikings. Sur cet immense terrain vague, se rassemblent les camions venus du sud ou bien en partance. Ils se retrouvent sur cette place pour réparer leurs véhicules à l’aide des Pétroléum, se réapprovisionner en carburant et rencontrer d’autres tribus Viking. Chaque soir , les camions forment un cercle protecteur au centre duquel les tribus font de grands feux et se racontent des histoires de pillages. Les Viking n’attaquent jamais la ville de Strasbourg afin de garder de bonnes relations avec les Pétroléum dont ils ont besoin. Il n’en va pas de même pour les malheureux villages qui subsistent en plaine d’Alsace. Chaque convoi de Viking apporte avec lui mort et désolation sanglante.

Les Hopla

On ne peut parler de Strasbourg sans évoquer la Petite France. Ce quartier, autrefois délicieux avec ses belles demeures à colombages et l’Ill où passaient des bateaux bondés de touristes, n’a guère changé. Bien sûr les touristes sont moins nombreux, bien sûr les maisons sont moins bien entretenues, bien sûr l’Ill n’est plus aussi propre qu’autrefois, mais qui s’en souvient ?

Dans les ruines, menaçant de s’écrouler, survit la tribu des Hopla, un groupe de conservateurs composé d’une trentaine d’individus. Les Hopla sont des paludiens convaincus mais leur culte est aussi lié à Ste Odile qui à rendu la comète aveugle pour protéger la ville de Strasbourg. Ils sont très attachés à la tradition alsacienne. St Palus est mort sur le pal pour protéger la recette de kouglof, de la choucroute et de la bière de l’invasion anarchique des cheeses burgers et de la coke. Ils prônent une vie de prière et de saine nourriture, cultivent le houblon, la vigne, le choux aux abords de la ville et tentent de retrouver les recettes perdues de la Flammekueche, du Bakenoff, de la Choucroute Garnie et du Riesling.

Les Hopla parlent un jargon étrange parsemé de « Hop là, Viguest, Yo, Comes, Service » et autres mots étranges. Ils connaissent quelques rudiments de français mais se refusent à l’utiliser. Ils se montrent le plus souvent hostiles face à des étrangers et parfois s’emparent de voyageurs égarés pour expérimenter sur eux les recettes « traditionnelles » perdues lors de la grande folie. On retrouve de temps en temps un cadavre gonflé, flottant sur l’Ill, mort d’indigestion ou d’empoisonnement. A ce jour, leur seul succès est une infâme bibine qu’ils nomment la bière Météor en souvenir de la catastrophe et qu’ils troquent aux autres tribus de Strasbourg contre diverses denrées.

Les Hopla n’ont pas de chef à proprement parler mais leur représentant se fait appeler Le Crocodile. Ce vieil homme, collectionneur de recettes de cuisines, serait un descendant lointain du Chef d’un grand restaurant de la ville aujourd’hui en ruine.

Les Hopla, chaque nouvelle année, envoyent quelques-uns des leurs (les plus jeunes), en pèlerinage au Mont St Odile afin de remercier la sainte de sa protection miraculeuse. Il est rare que les jeunes pèlerins en reviennent en bon état et quand ils reviennent c’est un miracle !

Les Têtes de Turc

Lors des émeutes de la grande folie, peu après le passage de la comète, les quelques survivants des quartier chauds de la communauté urbaine de Strasbourg, comme Kronembourg et le Nehof, s’exilèrent dans les Vosges, au mont St Odile avec leurs motos ou leurs scooters et établirent un campement à l’abris du Mur Payen. Cette migration fut à l’origine de la grande tribu d’Oursenpeluche comprenant pas moins de cinquante braves.

Malgrés les rudes conditions hivernales, ils survivent là haut, descendant dans la plaine chasser l’homme blanc, piller et trouver du carburant pour leur motos. Les quelques malheureux Hopla qui une fois par an se rendent au mont en pèlerinage finissent le plus souvent dans les marmites de la tribu des Têtes de Turc. Le Parle Ou Ment Heureux Payen a bien essayé de se mettre d’accord pour éliminer cette menace qui pèse sur la ville mais aucune résolution n’a, jusqu’à ce jour, été adoptée.

Le Parle Ou Ment Heureux Payen

Les notables de la ville de Strasbourg se réunissent une fois par mois pour un rituel ancestral qu’ils nomment le Parle Ou Ment Heureux Payen, expression dont le sens s’est perdu avec la grand folie.

Cathy Batman, Joe Keller, Pen Ankou, Alex Noël et le Crocodile se réunissent dans les ruines du parlement européen pour discuter de l’avenir de la ville, du marché de Noël et tentent, tant bien que mal, de régler les différents entre les tribus de façon pacifique. Ces réunions symboliques plus ou moins mensuelles sont généralement suivies de deux ou trois jours de violences urbaines inter-tribales afin de régler les quelques désaccord de principe qui subsistent après chaque réunion.

Cette tradition, aussi ridicule que inutile est respectée scrupuleusement par les différents chefs. Seul Pain de Plastic n’est pas convié à ces réunions en raison de son caractère anarchisant intolérable...



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