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 Connaissance

Vie quotidienne

samedi 20 février 2010, par Daniel Danjean, Merin

Le peuple

Homme du peuple

Le maceualli (pluriel maceualtin)
Il était membre d’une fraction de la tribu, d’un clan, appelée calpulli. Il devait faire son service militaire et diverses corvées pour l’État (entretien des chemins et des canaux, construction des monuments et des digues). Il payait un impôt. A son mariage vers 20-25 ans, le chef de son calpulli lui allouait une parcelle de terrain pour s’installer.
Malgré les barrières sociales, les représentants de la classe moyenne pouvaient s’ils le méritaient, parvenir aux plus hautes charges par la voie militaire, la prêtrise ou au service de la noblesse.

L’artisan
Orfèvre, joaillier, ciseleur de pierres, plumassier. Ceux qui travaillaient les métaux précieux, le jade, les turquoises, les mosaïques de plumes portaient le titre envié de tolteca. Ils se regroupaient dans un même quartier par corporations, chacune ayant son propre dieu et ses rites.
Ces métiers s’exerçaient de pères en fils. Les femmes se réservaient le tissage du coton, des fibres d’agaves et de la laine.

Les pochteca (singulier pochtecatl)
Laissant le petit commerce aux maceualtin, ils détenaient le monopole du commerce extérieur de luxe. Classe puissante en pleine ascension ils s’imposèrent à la considération de la noblesse sous le règne d’Ahuizotl. A la fois commerçant avisés et combattants énergiques ils n’hésitaient pas à servir d’agents de renseignement.
Ils payaient l’impôt et n’étalaient leurs richesses que lors de magnifiques banquets de corporation auxquels participaient souvent de hauts dignitaires. Leurs enfants pouvaient entrer au calmecac (voir vie quotidienne).
La profession s’exerçait de père en fils.

Les esclaves

Le tlacotli (pluriel tlatlacotin)
Prisonniers de guerre destinés aux sacrifices, condamnés de droit commun, hommes ou femmes se vendant pour régler une dette. Il n’était plus citoyen et appartenait à un maître qui le logeait, le nourrissait et le vêtait correctement. Il était traité avec douceur et n’était vendu que s’il était malhonnête, paresseux ou alcoolique.
Il pouvait posséder des biens, avoir des esclaves et épouser une femme libre. Ses enfants étaient libres. Il pouvait être affranchi par rachat, par ordre de son maître, par protection de l’empereur.
Lorsqu’un esclave était conduit au marché pour y être vendu, il pouvait tenter de s’échapper. S’il parvenait a gagner le palais de l’empereur il était libre. Exceptés son propriétaire et les membres de sa famille, nul n’avait le droit de l’attraper sous peine de devenir esclave à son tour.

Le paysan sans terre
Egalement non citoyen, il ne payait pas d’impôt et n’était pas assujetti aux corvées mais il devait le service militaire. Il travaillait durement et nourrissait difficilement sa famille.

Les nobles

Noble aztèque

Tecuhtli
Il profitait de la distribution du tribu, ne payait pas d’impôt et des terres lui étaient allouées. Ils les faisait fructifier par des paysans, des maceualtin ou des tlatlacotin.
Il existait une noblesse héréditaire mais le principe de désignation jouait pour l’ensemble des dignitaires. Ainsi le souverain pouvait récompenser des hommes du peuple en les nommant tecuhtli. Inversement si certains fils ne se montraient pas à la hauteur de leur père, ils perdaient leurs privilèges.
Le noble devait se montrer digne de sa position, montrer l’exemple, et en cas de faute il était plus sévèrement puni que le simple citoyen. Le fils d’un tecuhtli allait au calmecac.

Les prêtres

Voués au célibat, les prêtres avaient la charge du culte, assuraient l’éducation des jeunes nobles dans le calmecac, dirigeaient les hôpitaux et détenaient les livres sacrés et les manuscrits historiques. Les temples disposaient des grandes ressources et ne payaient pas d’impôt. Les volontaires pouvaient combattre aux armées.
Dès son entrée au temple, le prêtre ne se coupait plus les cheveux, ne se lavait plus et il devenait un fanatique de l’auto lacération.

Vie quotidienne

Femme et enfant du peuple

Les vêtements
Pour les hommes un pagne (maxtlatl) et un manteau (tilmatli) noué sur l’épaule sous lequel on mettait parfois une tunique. Pour les femmes un corsage (huipilli) et une jupe (cueitl). On utilisait souvent des sandales (cactli) munies d’une talonnière.
La couleur des vêtements dépendaient de sa condition :
- bleu et vert pour l’empereur,
- blanc et noir pour le ciuacoatl,
- noir et vert pour les prêtres.

Le coton était réservé à la noblesse et le roturier ne devait pas avoir un manteau qui lui descendît au-dessous du genou. Les bijoux étaient nombreux, mais seuls les nobles et l’empereur pouvaient orner leur nez et leur lèvre inférieure. On utilisait des éventails et des coiffes plus ou moins riches faits de bambou et de plumes. On pouvait se farder le visage avec du tecozauitl (terre jaune clair) pour s’éclaircir la peau mais le maquillage était l’apanage des prostituées.

L’ameublement
Des nattes (petlatl), des sièges en osier bas ou à dossier (icpalli), des tables basses, des paravents en bois ou richement ornés, des tentures en tissus ou en peau, des coffres en vannerie. On utilise de petits miroirs en obsidienne.
L’éclairage se fait avec des torches résineuses.

L’alimentation
On faisait trois repas par jour. Pour le simple citoyen qui mangeait rarement de la viande, ils comprenaient :
- dans le courant de la matinée un repas frugal,
- au début de l’après-midi avant une courte sieste, des galettes de maïs, des haricots avec sauce de piments et de tomates,
- le soir un bol de bouillie de maïs ou d’amarante.

Les repas des nobles étaient plus importants et comptaient de nombreux plats utilisant :
- le maïs en galettes, en bouillie, en petits pains cuits à la vapeur (tamalli) garnis d’escargots, de poissons ou de patates douces,
- des haricots, des piments, des tomates, des calebasses,
- des poissons d’eau douce, des crustacés, des batraciens (tritons et grenouilles), des insectes aquatiques,
- des poissons et des coquillages de mer,
- des dindons, des canards, des lapins domestiques ou sauvages, des chiens, des oiseaux, des chevreuils, des porcs,
- des plantes sauvages.

Les boissons consommées étaient le cacao et l’octli (avec beaucoup de modération !)

L’éducation
L’éducation de la fillette était confiée à sa mère. Elle servait également au temple où elle apprenait les chants sacrés, les danses et la broderie. Elle pouvait ensuite choisir de se marier ou de devenir prêtresse.

L’éducation du jeune garçon était confiée à son père qui lui enseignait très tôt son métier. Ensuite il fréquentait le telpochcalli, école de quartier placé sous la protection de Tezcatlipoca où l’on apprenait les exercices militaires, la religion, le commerce et les lois.
Le calmecac recevait les fils de dignitaires, des quelques négociants ou les enfants qui se destinaient au sacerdoce. Placé sous l’égide de Quetzalcoatl, ce collège préparait les jeunes gens aux hautes charges de l’État ou à la prêtrise. La vie y était austère, mélange de travaux manuels et intellectuels, de jeûnes et de pénitences. On y apprenait la guerre, la religion, le commerce et les lois mais également à bien parler et à se comporter avec révérence, l’art, la littérature, la poésie et quelquefois l’écriture. L’enseignement y était dispensé par des prêtres.
A l’âge de 20 ans le jeune homme entrait dans la vie active et pouvait se marier.

Les cuicacalli, ou maison du chant, recevaient roturiers et nobles, garçons et filles, de 12 à 15 ans. On y enseignait les chants et les danses utilisés lors des cérémonies, l’histoire et les croyances religieuses.

La médecine
Les Aztèques utilisaient les plantes en décoctions ou en cataplasmes. Ils réduisaient les fractures avec des attelles de bois maintenues par des lianes. Il recousaient à l’aide de piquants de des filaments de maguey. La saignée étaient également pratiquée.
Les esprits et les dieux étaient fréquemment appelés au secours de la médecine. On appréciait les bains de vapeur.

Naissance, mariage et funérailles
On entourait le cordon ombilical du nouveau né autour du tonalli, un objet sculpté qui représente son destin. Pour les garçons il s’agissait d’un bouclier qui était enterré si possible sur un champ de bataille, pour les filles c’était un rouet enterré dans l’âtre. On recevait ensuite le tonalpouhqui, devin qui consultait son tonalamatl, calendrier divinatoire, pour y trouver le signe du jour de naissance. La naissance donnait lieu à des réjouissances qui duraient 4 jours.

Le mariage, souvent arrangé, se déroulait durant un jour favorable choisi par le prêtre-devin ou tonalpouhqui. On nouait le corsage et le manteau des jeunes mariés qui partageaient un plat de tamalli avant de recevoir des cadeaux. La fête se prolongeait ensuite sur plusieurs jours.
La polygamie était très répandue dans les classes aisées. Le divorce se faisait sur la décision d’un tribunal qui réglait le partage des biens et la garde des enfants.

La plupart des gens étaient incinérés vêtus et parés selon leur rang social, enveloppés dans plusieurs couches de tissus en position assise. Pour aider le mort dans son voyage, on brûlait avec lui de la nourriture et un chien (Xolotl avait, dans un passé fabuleux triomphé des embûches du monde infernal).
On enterrait les femmes mortes en couches, les noyés (qui passaient pour avoir péri dans les griffes du monstre aquatique ahuitzotl), les foudroyés et les victimes de maladies associées à Tlaloc (goutte, hydropisie).
(voir aussi La religion - Le devenir des morts)

Les jeux
L’ollamaliztli ou jeu de pelote, se joue dans une enceinte appelé tlachtli. Deux équipes s’affrontent et doivent faire passer une balle de caoutchouc très dure au travers de deux anneaux de pierre verticaux. Le mouvement de la balle symbolisait celui du soleil dans le ciel.
Le patolli ou jeu du haricot, était pratiqué par toutes les classes sociales et certains se ruinaient en paris. Il se pratique avec des haricots sur une sorte de damier en forme de croix de 52 cases .

Les instruments
Flûtes, sifflets, trompettes en coquillages, crécelles, tambours, ocarina, gongs comme le tepo-naztli (gong de bois à deux notes), accompagnent les chants lors des fêtes.

La poésie
C’était la forme suprême de l’art. Toute occasion était bonne pour faire étalage de son talent rhétorique. Les nobles, hommes et femmes, participaient à des "tournois d’éloquence". Les poètes étaient respectés et l’un des plus célèbres fut Nezahualcoyotl,prince de Texcoco.

Les lois
On punissait de peines sévères (souvent la mort) l’ivrognerie, le vol, l’adultère, le port de vêtements relevant d’une condition supérieure à la siennes. Les nobles étaient plus durement châtiés car ils devaient montrer l’exemple.

Le commerce

Les échanges commerciaux rencontrent de grosses difficultés : territoires riches mais peu peuplés, géographie très variée avec des chaînes montagneuses abruptes. On ignore la roue et le seul animal de trait utilisé est le lama. Aussi c’est à dos d’homme que se feront les transports à l’aide de la sangle frontale. Les porteurs portaient ainsi jusqu’à 45 kilos.

Le marché (tianquizli) le plus important se tenait à Tlatelolco et réunissait plus de 20 000 personnes. On y trouvait toutes les marchandises existant dans l’Empire :
- des vêtements et des tissus (coton, de laine ou ixtle),
- des plumes, des bijoux, des pierres semi-précieuses, des peaux, des pipes et du tabac,
- de la vaisselle, des outils en bois, en silex, en obsidienne ou en cuivre,
- du maïs, des légumes et des fruits, des piments, des herbes, des volailles et du gibier, du poisson...

S’y installaient également des apothicaires, des coiffeurs, des marchandes de galettes, une police spéciale et un tribunal de trois juges arbitres choisis parmi les pochteca qui réglaient les contestations.

La numération
Les Aztèques figuraient par des points les nombres de 1 à 19, par des fanions le nombre de 20 et ses multiples. Ils exprimaient un nombre élevé, par exemple 8000, sous la forme d’un sac rempli de cabosses de cacao.

Numération aztèque

La monnaie
Le quachtli (= 100 cabosses de cacao) était l’étalon pour les échanges et correspondait à une pièce de coton ou d’ixtle. La "charge" valait 10 quachtli et permettait à un homme de vivre pendant un an.

Les communications
Très peu de gens savent lire et encore moins savent écrire. On passe par l’intermédiaire de messagers.
Les Aztèques ne disposaient pas d’un véritable système d’écriture mais utilisaient des images comme instruments mnémotechniques pour se rappeler les détails des récits qu’ils récitaient.

Tenochtitlán

A la fin du XVème siècle la ville de Tenochtitlán abritait 300 000 habitants. De larges artères rectilignes se doublant de canaux où pullulent les pirogues, découpent la ville en quartiers. Deux aqueducs amènent l’eau douce (l’eau du lac est salée), des digues la protègent des caprices du lac et trois longues chaussées prolongeant les artères principales la relient à la terre ferme.
Chaque quartier dépend d’un techutli, compte un forum public, des dizaines de temples et des centaines de maisons blanches au toit plat où oeuvrent les artisans. On trouve de nombreuses résidences avec des jardins fleuris et la plupart des habitations sont bâties sur pilotis et donc accessibles par pirogue.
Au centre sur une immense place, dominant la fière cité de toute sa splendeur, se trouve le centre religieux (voir également La religion - Le centre religieux). Tout autour de la ville on trouve les chinampas, les jardins flottants.

Tenochtitlán

1. Tenochtitlán
2. Tepeyac
3. Tlacopan
4. Azcapotzalco
5. Tenayuca
6. Cuicuilco
7. Coyoacan
8. Itzapalapan
9. Culhuacan
10. Mexicaltzingo
11. Xochimilco
20. Chapultepec

Les lacs :
C. Texcoco
D. Xochimilco



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