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 Connaissance

Evolution de l’armement japonais

jeudi 24 novembre 2005, par darkbaron

Les armes du samouraï, des Ninjas et des Bushi.

De l’arc au sabre

C’est le XVIIe siècle qui voit véritablement l’épanouissement du sabre comme l’âme du guerrier, le Bushi. Avant cette date, on se servait plus souvent de l’arc Yumiya en japonais considéré comme l’arme la plus puissante et la plus digne d’un guerrier. La discipline associée à cette arme est le Bakyu-jutsu qui consiste à maîtriser l’art de tirer à l’arc en chevauchant, comme pour tous les arts martiaux, il existe un grand nombre d’écoles différentes.

Au XVIIe siècle, un navire portugais en perdition s’échoue sur l’île de Tanegashima et introduit le mousquet au Japon. De ce fait, étant beaucoup plus puissant que l’arc, les archers tombèrent en désuétude.

Par la suite, la lance devient l’arme favorite des samouraïs, étant plus puissante que l’épée... L’histoire japonaise compte de nombreuses légendes mettant en scène de guerriers armés de lances mythiques. La plus célèbre étant Nihongo, une lance de 2.3 mètres armée d’une lame de 80cm. Cette lance était la propriété d’un Daimyo. L’utilisation de cette arme nécessitait une grande force physique car le guerrier n’utilisait pas la lance pour empaler son adversaire mais pour l’abattre. De ce fait, plus le samouraï était puissant plus il avait de chances de remporter le combat.

Le sabre : Nihon-to, l’âme du Bushi

1603 voit la naissance de l’ère Edo par la création du shogûnat Tokugawa à Edo ; (actuelle Tokyô) et avec lui une ère de paix jusqu’au XIXe siècle. Cela entraîne l’abandon progressif de la lance comme arme de prédilection des guerriers, au bénéfice du sabre. La maîtrise et la compétence prennent plus d’importance que la force pure, et le Ken-jutsu, l’art de manier le sabre, ("l’art guerrier du sabre") se répand rapidement.

Le samouraï porte à la ceinture (sur le côté gauche) deux sabres : Un Daïto, (littéralement "grand sabre") qui est le sabre japonais le plus connu du grand public, le Katana, et un sabre plus petit le Shoto, (littéralement "petit sabre") que l’on appelle le wakizashi.

La paire de sabre porte le nom de Daisho, contraction de Daïto et Shoto

Autre grand sabre, le Tachi. Antérieur au Katana, le Tachi était traditionnellement un sabre long et plus courbé que le Katana, que l’on portait suspendu au côté gauche par deux dragonnes, tranchant vers le bas, lorsqu’on est à cheval et en armure. De cette façon, il est beaucoup plus facile à utiliser que s’il était passé dans la ceinture, ce qui avec une armure n’est pas forcement évident à réaliser. C’est à la suite de la transformation des combats (de moins en moins de combats entre cavaliers en armures) durant l’époque Muromachi (juste avant Edo, de 1338 à 1603), que naît l’Uchigatana (sabre saisissant), que l’on passe dans la ceinture, tranchant vers le haut, donc plus facile à porter et à dégainer. Mais un katana peut parfaitement être monté en Tachi. Les premiers Katanas étaient très incurvés en haut de la lame pour améliorer l’efficacité du tranchant.

Durant longtemps, seul le samourai était autorisé à porter des sabres. Durant la période Edo (shogunat des Tokugawa), la classe des marchands a obtenu le droit de posséder un sabre, mais pas le Daisho, qui est resté l’apanage des Samourais. Il faudra attendre 1876, pour qu’une nouvelle loi interdise le port du sabre, mettant fin aux derniers soubresauts de l’époque médiévale. Désormais seuls les militaires peuvent porter le sabre, ce qui explique que de nombreux guerriers se sont reconvertis dans l’armée.

La terminologie du sabre

Trois termes sont utilisés pour désigner le sabre : To, Tachi, et Ken. To et Tachi sont deux façons de lire le même caractère japonais. Il peut se traduire par "sabre". En revanche Ken est un autre caractère et se traduit plutôt par " épée ".Comme rien n’est simple au Japon, on fait du Ken-jutsu avec un sabre et on y pratique le Kamae-to (en garde au sabre ) et le No-to (ranger le sabre). Lorsqu’il est en bambou, le sabre devient un Boken ou un Bokuto.

Descriptions des armes propres aux samouraîs et aux Bushis

- Yumi : Arc japonais

L’arc typique était fait de bambou, (c’est le meilleur matériau pour la fabrication des arcs) mesurait 2,3 mètres de long et était muni d’une corde de soie enduite de résine de pin. Les flèches étaient en bambou, avec une pêne en plume de canard.

Malgré une infériorité certaine face aux arcs composites modernes, notamment en ce qui concerne la pénétration et l’exactitude, c’est une arme mortelle. Jusqu’à l’importation du mousquet, l’arc était une des armes les plus respectées des guerriers.

La pratique du tir à l’arc est codifiée vers la fin du XIVe siècle par les maîtres archers : c’est le Kyudo, la "voie de l’arc". L’accent fut mis sur l’acquisition de valeurs spirituelles : le kyudo doit apporter à l’archer équilibre, domination de soi, élévation de la pensée, harmonie (wa) et sérénité dans l’effort. Cet art martial se trouva revalorisé au début du XXe siècle, en partie grâce à l’ouvrage d’Eugen Herrigel, "Le Zen dans l’art chevaleresque du Tir à l’arc", destiné aux Occidentaux.

- Yari : Lance japonaise

La lance japonaise est une arme basique, très appréciée durant la période Muromachi. Elle diffère peu des lances que l’on peut trouver en occident.

- Katana : Le sabre

Voir plus haut.

Aujourd’hui, la loi japonaise interdit aux particuliers de posséder des lames d’origine. Toutes les lames doivent être enregistrées par le gouvernement. Cependant, les Yakuzas, encore aujourd’hui, en possèdent parfois. D’autre part, il existe de belles reproductions, très prisées dans la décoration d’intérieur.

Description des armes propres aux Ninjas

- Yumi : arc japonais

La "voie de l’arc" est utilisée par les ninjas jusqu’à la fin de la période Edo.

- Ninja-to : le sabre ninja

Le sabre ninja est plus court que le katana, afin d’être adapté à des combats dans de petits espaces. Le fourreau pouvait être utilisé comme prise d’air, permettant ainsi aux ninjas de se cacher plus longtemps dans l’eau. De plus certains sabres possédaient une seconde lame cachée dans le manche pour tromper l’ennemi.

- Shaken : "étoiles de ninja"

Il s’agit des étoiles finement (en théorie) acérées connues faussement sous le nom de shouriken ou shuriken(qui, elles, sont en fait des dards). Les shakens peuvent avoir de trois à huit pointes, celles à trois pointes pouvant être utilisées comme "coup de poing". Celles à quatre pointes ont parfois la forme d’un carré aux bords tranchants, et prennent le nom de "cartes de la mort". De là vient l’erreur (peut-être volontaire), fréquente dans les dessins animés japonais, de les montrer sous la forme d’une simple carte... à jouer. Bien entendu un pique, voire carrément la dame de pique.

On les lance comme des assiettes. Celles possédant un trou au milieu (Semban-shaken), peuvent être enfilés sur un bâton et lancés en rafale, décourageante pour un assaillant. La principale différence entre les shakens et les couteaux, c’est que les shakens ont plus de chances de toucher par une pointe (un couteau n’en a qu’une), mais sont bien moins précis et, surtout, bien moins puissant. La portée utile était d’environ huit mètres pour les plus lourds (cinq ou six pour les plus légers).

- Shouriken : "le poignard de paume"

Littéralement, Shouriken veut dire : "dague cachée dans la paume". Ainsi, tout poignard assez petit pour être dissimulé dans la paume de la main a pris ce nom, leur forme et leur utilisation sont donc très variable. Mais ils ont en commun le fait de pouvoir se dissimuler facilement... dans la paume mais aussi dans une manche ou une botte.

- Kunaï : L’arme outil

A la fois une arme et un outil commode pour le ninja, le Kunaï ressemble à un fer de lance muni d’un manche d’environ 30 centimètres. Il peut servir à la fois de couteau, de vrille, de pelle, de petit marteau ou de couteau de lancer. Il peut être comparé à un couteau d’armée aujourd’hui. Quand cela était possible, les ninjas le préférait à un Shouriken comme arme de lancer car il était beaucoup plus précis mais moins facile à camoufler...

- Makibishi : les pointes

Le but premier des ninjas est l’espionnage, la collecte de renseignements, et non le combat. Ainsi, ils savaient s’échapper de presque n’importe où. Le Makibishi était un des outils qu’ils utilisaient dans une situation d’évasion. C’est une pointe à quatre pieds. Lorsqu’on la lançait (souvent par groupe), elle retombait toujours sur trois pieds, le troisième pointant en l’air et transperçant les semelles de paille tressée des japonais (zori) lancés à la poursuite du ninja. Lancé sur un adversaire, elle avait toutes ses chances de voir au moins une des ses pointes toucher. Bien entendu, en pareil cas, elle ne faisait guère plus de dégâts qu’un caillou pointu.


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Les commentaires sur cet article

2010-07-15 11:02:07 - Loriel

C’est un bon article un commentaire toutefois : les arquebuses sont introduite en 1543 soit au 16em siecle et non au 17em. Il me semble que dans cette article les mentions XVII sont à corriger en XVI.

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