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 Jeuderôlogie

Apocalypse Now

jeudi 4 novembre 2010, par ElvenHunter

Vos personnages ont résisté à toutes les épreuves que vous leur avez fait rencontrer ? Ils sont un peu lassés d’être des pantins manipulés par des puissances qui les dépassent ? Alors faites leur goûter une catastrophe radicale et voyez les réagir et survivre dans un monde Post Apocalyptique dans lequel dans lequel tous les repères qu’ils peuvent avoir n’ont plus de raison d’être.

Cet article a pour but de vous donner des idées de catastrophes qui changent radicalement votre univers de jeu. Les victimes ne sont plus que quelques êtres isolés, mais bien des populations entières, on quitte l’histoire pour entrer dans l’Histoire et le temps passé qu’ont pu connaître les personnages deviendra un mythe si des survivants permettent à la race humaine (ou autre) de se développer. Voici donc comment faire un one shot ou une campagne qui transformera réellement l’univers de jeu et changera profondément les habitudes de vos joueurs. Mais n’oubliez pas que ces catastrophes sont d’autant plus horribles qu’elles frappent de manière aveugle le riche comme le pauvre, le jeune homme comme l’enfant en bas âge, l’escroc comme l’honnête homme. C’est l’impression qu’il est impossible de s’en sortir et l’interrogation sur le fait que l’on sera le prochain, ou non, sur la longue liste des morts qui fait des catastrophes tout l’intérêt d’une partie.

On solde sur la mort

Bouleversement climatique

Depuis le temps qu’on vous le dit : le climat change, la pollution entraîne d’énormes anomalies dans la chaîne écologique. Mais voici enfin les conséquences qui se font durablement sentir : les glaciers ont fondu et de nombreuses zones côtières se voient inonder ou victimes de raz de marée, dans les terres la chaleur se fait de plus en plus insoutenable, des typhons et des tempêtes détruisent tout sur leur passage et l’homme se rend finalement compte qu’il a eu beau le croire pendant un temps, il n’est pas l’égal d’un Dieu.

Mais ce n’est pas que l’homme qui est touché, il en va aussi des animaux qui disparaissent et meurent. Les prédateurs finissent alors par émigrer, par tenter d’accroître leurs zones de chasse entrant alors en concurrence directe avec d’autres prédateurs dont l’homme, sûrement. La lutte finit par être inéluctable et seuls les plus forts peuvent survivre. Il n’est pas certain que l’homme, habitué à faire ses courses dans la supérette du coin soit le plus préparé à cette période de vaches maigres... La mort va bientôt s’imposer et le chaos régner.

Chute d’une météorite

Depuis le temps que les météorites évitent consciencieusement la planète, l’une d’entre elle a oublié de tourner à droite et est venue toute droit s’écraser sur une zone peuplée. Cela a pu modifier le climat général de la planète, avoir apporté des germes d’une maladie autrement présente uniquement dans l’espace, être à l’origine de raz de marée qui recouvrent rapidement les terres émergées. Une chose est sûre, c’est une donnée que l’habitant lambda n’avait prévu dans son contrat d’assurance.

Epidémie

Qu’importe son origine (humaine ou naturelle), l’épidémie peut se répandre d’autant plus rapidement sur une planète que les moyens de transport sont eux-mêmes développés. L’hygiène de vie, la connaissance ou non de l’existence des microbes et la connaissance ou non des moyens de contagion seront d’autres éléments qui permettront à l’épidémie à la maladie de se répandre plus ou moins vite.
Les conséquences seront multiples : des affrontements pour acquérir des médicaments (s’ils existent), la paranoïa face à son voisin ou son frère dont on ignore s’il est ou non porteur de la maladie, les mouvements à l’extérieur de zones saines forcément réduits pour éviter d’entrer en contact avec le mal, la naissance d’enfants malformés et porteurs de la maladie, la prolifération de la vermine qui provoque un nouvel accroissement de la maladie...

Invasion extraterrestre

Peut être un peu moins probable mais qui peut correspondre à certains univers, une invasion extraterrestre peut détruire l’écosystème d’un monde et conduire l’extinction de toute vie sur cette terre. Les extraterrestres peuvent avoir provoqué des épidémies, s’être attaqués à la population, avoir provoqué des tremblements de terre ou bien d’autres choses. Après tout, s’ils peuvent voyager dans l’ensemble et y survivre, leur technologie doit leur permettre de faire beaucoup de choses...

Irradiation

Ca y est, quelqu’un a appuyé sur le petit bouton rouge et un nouvel Hiroshima a touché la planète. Sauf que les armes ont évolué depuis 50 ans et le nuage toxique recouvre maintenant l’ensemble de la planète. Tout le monde est irradié sauf les quelques puissants (et les quelques prudents) qui se sont réfugiés dans leur abri anti-atomique.
Les mutations commencent à apparaître dans la population aussi bien que sur l’ensemble de la nature. Les gens commencent à perdre la tête alors qu’ils voient leur nez, leurs doigts ou leurs oreilles se détacher de leur corps. Mais même pour ceux réfugiés dans leurs bunkers hermétiques l’épreuve est ardue. Ils sont enfermés et commencent à souffrir de claustrophobie, quant à leurs réserves de nourriture et d’eau, sont elles assez importantes ?

Tremblements de terre et éruptions volcaniques

La tectonique des plaques s’est faite bien plus forte. Toute la Terre a été touchée, à des moments différents. Les secours envoyés au chevet des premières victimes ont fait demi tour quand les habitants de leur propre pays ont, eux aussi, été victimes des tremblements. Chaque secousse ne dure pas très longtemps (de quelques secondes à une minute), mais elles sont suivies par d’autres moins intenses qui peuvent courir sur plusieurs jours. Et si une nouvelle se produit pendant que les secours agissent, ce sont à ces derniers d’être secourus.

Les éruptions volcaniques ne durent pas non plus très longtemps (il a fallu quelques minutes pour que les habitants de Pompéi passent de vie à trépas), mais la lave peut continuer à couler pendant plusieurs jours. Le risque que représentent les volcans est immense, d’autant plus que les causes de décès qu’ils provoquent sont multiples : émission de lave en fusion, projection de rochers, momification par une nuée ardente, envoi de cendres qui asphyxient ou mélange de ces cendres et de gaz brûlants.

Virus informatique

Dans un univers contemporain, où l’informatique prend une place toujours plus importante, un immense virus qui ravagerait tout sur son passage peut provoquer la panique et la destruction massive. Les avions s’écrasent faute d’indication, les barrages laissent se déverser l’eau inondant les vallées environnantes... La mort peut rapidement suivre l’action de suicidaires qui ont décidé d’emporter avec eux les plaies données par la modernité.

L’homme, un loup pour l’homme ?

Panique

Dans un premier temps, c’est la panique qui devrait l’emporter sur les autres réactions. C’est un événement nouveau, non prévu, que la population doit gérer et généralement cet événement n’est pas géré de manière rationnelle.

Cela a pour conséquence d’accroître les conséquences de la catastrophe, tout du moins cela n’aide en rien à la régler. Par exemple, une personne entourée par les flammes sautera dans le feu dans un dernier sursaut de tentative de survie, un homme terrorisé quittera sa région en proie à l’épidémie, emportant avec lui la maladie ailleurs, des victimes hystériques ralentissent les secours dans leurs interventions.

Puis, la panique dégénérera en chaos. La population croira en la fin du monde et des émeutes et pillages finiront par éclater. Après tout, si c’est la fin du monde, qui sera là pour me juger ? Le gentil voisin deviendra un véritable monstre, laissant ses pulsions autrefois contraintes par la norme sociale ressortir au grand jour. Les vieilles rancunes se verront régler de la manière la plus rapide qui soit et les faibles pâtiront souvent de l’humeur des plus forts (ou des plus fous). On peut aussi noter que dans l’hystérie de cette période, des comportements irrationnels auront tendance à apparaître. Par exemple, un pyromane pourra s’approcher d’un incendie les bras tenants de lourds bidons remplis d’essence. Parmi ces émeutes, les minorités et les boucs émissaires ne tarderont pas à disparaître. Car la foule devient vite avide de sang et elle a besoin de coupables pour soulager ses pulsions. Là encore, se seront les faibles qui payeront de leur vie la folie créée par l’événement.

Une dernière réaction créée par la catastrophe pourra être l’état de choc. Comment réagir quand on a tout perdu ? Quand on a vu ses enfants disparaître dans une faille qui s’est ouverte juste sous leurs pieds ou qu’on a veillé toute sa famille touchée par un mal inconnu jusqu’à être la dernière survivante ? Demeurer prostré et isolé peut être une attitude qui se comprend.

Quoi qu’il en soit, si l’ensemble de la planète n’est pas touchée (ou même si elle l’est), des exodes massifs risqueront d’apparaître. L’herbe est toujours plus verte ailleurs, paraît-il. Les conséquences de ces exodes seront diverses : surpopulation dans la zone visée, fermeture de ses frontières par la population sauve, déplacement de l’épidémie ailleurs, famine, destruction de l’écosystème... Et voici la mort qui finira par se répandre sur l’ensemble de la planète.

L’organisation

On peut penser que certains chercheront à s’organiser pour mieux survivre. Ceux qui ont su conserver la tête froide ou qui sont habitués à se retrouver face à des situations de crise : militaires, médecins, pompiers...

Le temps de l’ordre s’instaurera donc. Celui des utopies aussi. Une fois les besoins primaires assurés, on pourra tenter de construire une société idéale. On pourra aussi être prêt à tuer sans remords ceux qui n’appartiennent pas au groupe et qui sont vus comme des nocifs tentant de voler les biens de la communauté. Ces communautés se bâtiront soit autour d’une idée forte, soit autour d’un chef charismatique. Les deux ayant le même avantage : ils permettent de transcender la peur, de donner un sens à sa vie et à sa survie.

Il faudra en tout cas tenter de calmer cette peur en pensant qu’on peut dominer le mal qui a ravagé le monde alentour. On cherchera alors la source du mal, on sera prêt à tous les sacrifices pour cela et même à sacrifier justement pour prouver qu’on domine celui ou ceux par qui le malheur est arrivé (ou est censé être arrivé).

Comment le jouer

Je pense que pour relater une catastrophe et les conséquences qu’elle peut avoir (et marquer l’esprit des joueurs), quelques principes de base dans les descriptions peuvent être utilisés. Tout d’abord, commencer par décrire de manière anodine les signes précurseurs (l’observation du comportement des animaux avant un tremblement de terre par exemple), utiliser des descriptions plutôt longues, mais qui ne se focaliseront pas particulièrement là-dessus. Il faut que les personnages aient l’impression que tout va aussi bien que d’habitude, qu’ils ne se doutent pas que la mort ne va pas tarder à sortir des enfers pour ravager la planète.

Puis la catastrophe doit arriver brutalement (sauf peut être pour l’épidémie, qui doit donner l’impression aux PJ qu’ils sont encerclés et qu’ils ne peuvent rien contre cela). Vous devez la décrire avec de courtes phrases, hachées, bien représenter la panique qui arrive. Qu’importe si les personnages ne comprennent pas ce qu’il se passe. Ils doivent ressentir. Vous ne devez pas faire appel à leur raison, mais bien à leur instinct, à leurs peurs.

Suite à cela, le calme doit être de nouveau présent. Ce n’est que le calme avant la tempête. Les personnages doivent commencer à constater ce qu’il s’est passé. Ils doivent commencer à comprendre l’horreur qui les a touchés. Ils doivent se sentir petits, faibles, désarmés face à la mort. N’hésitez pas à décrire un lieu qu’ils connaissaient bien totalement détruit. Qu’ils perçoivent bien qu’il y a un problème.

Puis, le chaos doit s’installer. Petit à petit, on bouge beaucoup plus autour d’eux. La folie semble gagner toute la population. Plus aucune règle ne sente régir le monde qui les entoure. Là encore, dans vos descriptions, jouez sur une opposition « avant » / « maintenant ». Montrez leur qu’ils ne connaissaient pas si bien que cela ceux qui vivaient autour d’eux. Montrez leur qu’ils sont impuissants face à tout ce qui se déchaîne autour d’eux. Par exemple, ils sauvent une jeune fille qu’ils retrouvent quelques minutes plus tard en train de détrousser une petite vieille. N’hésitez pas à choquer les joueurs et n’oubliez pas que la peur peut donner une force (morale comme physique) difficilement imaginable.

Il faut que les joueurs perdent leurs repères. Qu’ils se sentent vraiment dépassés par ce qui se déroule autour d’eux. Qu’ils prennent conscience que la catastrophe n’est pas l’événement qui a eu lieu voilà quelques heures, mais bien la réaction humaine qui en découle. Il faut aussi qu’ils pensent à leur survie. Qu’ils franchissent eux aussi la blanche ligne de l’honnêteté.
Enfin, faites rencontrer aux personnages les débuts d’organisation qui se mettent en place. Qu’ils perçoivent l’humanité sous ses différentes facettes : les âmes charitables bientôt agressées par les pillards, les prédicateurs qui rassemblent de plus en plus de monde dans leurs sectes, les milices qui se forment et chassent « le » coupable des maux présents. Faites en sorte que les personnages soient déstabilisés par ce qu’ils voient, qu’ils ne rencontrent pas le bien là où ils pensaient le découvrir. Faites d’eux des témoins de la mort plutôt que des acteurs de la reconstruction de la société, leur esprit n’en sera que plus marqué car ils n’auront eux même rien à quoi se raccroche si ce n’est leur propre survie.



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