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Un monde étrange et pénétrant

Mechanical Dream

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jeudi 31 juillet 2003, par Le Faiseur

Quel est cet univers, donc ?
Kaïnas est un territoire grand comme 5 fois la Terre si elle était plate. Ce continent est entouré d’une espèce de brouillard étrange que l’on appelle le Sofe. Ce dernier abrite des créatures cauchemardesques, dont les hordes surgissent parfois pour répandre la mort et la destruction autour d’elles. La partie de Kaïnas « connue » est dirigée par un empire : le Noyau. Le Noyau Incarné, Droliath Estoliath, dirige cet empire d’une main de fer depuis près de 110 ans. L’impératrice précédente avait régné pendant pratiquement 4000 ans, alors... Mais il s’agit d’un potentat « éclairé ». Il est très bien considéré d’étudier, de vouloir s’élever socialement, d’apprendre et de s’émanciper. L’empire a comme visée de libérer les gens de leur statut d’êtres faibles, pour devenir les espèces dominantes du monde. Pas de racisme ici, dans la mesure où les races ont appris à vivre ensemble depuis des éons. Elles ne sont, à ce propos, pas inter fertiles. Deux membres de races différentes peuvent entretenir une relation d’amour mais ils ne peuvent avoir d’enfants.

Kaïnas n’est que la partie émergée de l’iceberg. Un écosystème à échelle « humaine ». Un autre écosystème existe, auprès duquel celui de Kaïnas fait figure de parasite : Naakinis. Il existe par exemple des arbres gigantesques, les Kioux, dont les plus grands spécimens dépassent les 20 kilomètres de haut. Bien entendu, cette flore titanesque est complétée par une faune aux dimensions appropriées...
Les races "intelligentes" de Kaïnas ne sont donc guère plus que des insectes ridicules face aux monstruosités naakinisiennes. D’où la nécessité de sortir de cet état de faiblesse prônée par l’Empire.
Sans compter que l’alternance du Jour et de la Nuit n’aide en rien le développement. Le soleil s’appelle le Pendulum. Petite boule bleue qui irradie faiblement et déverse sur le monde une luminosité bleuâtre, crépusculaire. Il surgit du Sofe à l’Est, traverse lentement le ciel pour se coucher à l’Ouest. Puis le lendemain, il ressort de l’Ouest et traverse le ciel dans l’autre sens jusqu’à l’Est...
Et lorsque le Pendulum sort de Kaïnas ? Le Temps du Rêve s’installe. La Nuit tombe et les rêves prennent corps. Le temps du Rêve est universellement craint, car les émotions des gens impriment durablement la substance du Rêve. Les craintes, la peur éternelle du noir, les frustrations, la tristesse, tout concourt à rendre cette période dangereuse. Dans ce monde, être éboueur, c’est être un héros, car plus souvent qu’à leur tour, les ordures ne sont pas prêtes à aller d’elles-mêmes à la décharge... Et être ne serait-ce que balayeur publique, si c’est de nuit, fait de vous un exemple pour tous...

Un dernier point, le monde fertile : il s’agit de tous les endroits où la lumière du Pendulum n’arrive jamais. Petit à petit, ces "poches" hors de la lumière glissent dans un temps du Rêve perpétuel. C’est le cas des cités sous-marines Emovan ou des grottes Inaïs productrices d’orpée.

Il faut d’abord prendre bien conscience que dans cet univers, les personnages s’inscrivent en plein dans la société. On ne peut pas vraiment jouer de « marginal », genre SDF, chômeur, etc… Les gens « non productifs » ne sont entretenus en aucune manière et donc promis à une mort atroce. En effet, si les races ont besoin de manger, boire et dormir, elles sont aussi, pratiquement toutes, dépendantes d’une substance : l’eflow. Il s’agit à la fois d’une drogue et d’une substance vitale, sans laquelle aucune vie sur Kaïnas ne serait possible. Les plantes synthétisent cet eflow par « photosynthèse », les herbivores le trouvent en mangeant des plantes et les carnivores en mangeant d’autres animaux. Sauf... les créatures conscientes, les races jouables. Celles-là ont un besoin d’eflow si important qu’il leur est impossible de manger assez des « autres » aliments pour assouvir leur besoin. Ces races sont donc obligées de consommer un fruit que l’on ne peut trouver qu’à grande profondeur dans les entrailles de la terre : l’orpée.
Ce fruit étant indispensable à toute vie, il est aussi à la base de l’économie. Il n’est absolument pas rare (puisqu’il est vital), mais c’est un peu comme une denrée à valeur constante. Or, si on ne travaille pas, on ne gagne pas d’argent, donc pas d’orpée. Et sans orpée, l’espérance de vie ne dépasse pas 5 jours !

Les espèces jouables sont les suivantes :
Les Emovans : race aquatique, douce et pacifique. Très en phase avec le Rêve pour la simple raison que, vivant souvent sous l’eau, à des profondeurs où la lumière du soleil, le « Pendulum », n’arrive pas, leurs cités sous-marines connaissent en conséquence un Temps du Rêve perpétuel (une nuit éternelle). Ils ont appris à vivre avec et à apprivoiser le Rêve. Du moins, sous les flots. A l’Extérieur, c’est une autre histoire. Ils sont aussi bien sur terre que dans l’eau, cette dernière restant leur élément naturel.

Les Frilins : race végétale, lente et contemplative. Ils se sentent quelque peu dépassés par la vitesse du monde, l’évolution constante de la société, anarchique, chaotique, les met un peu mal à l’aise. Ils forment la race la plus intelligente, celle capable des raisonnements les plus profonds ainsi qu’une race douée de télépathie. Ils n’ont pas besoin d’orpée pour vivre et en cela sont uniques. En effet, ils créent de l’eflow par photosynthèse... Ce phénomène ne les aide pas à s’intégrer à la société : là où tout le monde doit gagner sa vie, un Frilin peut se contenter de petits boulots, bien que ça ne contente peut-être pas son intelligence...

Les Gnaths : race dominante de Kaïnas. Les Gnaths ont un rapport conflictuel avec l’eflow. Ils en sont dépendants comme les autres, mais chez eux, lorsque celui-ci parcourt leurs veines, c’est comme si leur sang se mettait à charrier des lames de rasoir. Leur vie n’est que douleur. Le seul moyen pour eux d’oublier pendant quelques minutes leur douleur est de se lancer à corps perdu dans leur tâche, quelle qu’elle soit. Quoi qu’ils entreprennent, ils donnent le maximum d’eux-mêmes. Cela explique qu’ils occupent la place de race dominante depuis plusieurs milliers d’années.

Les Inaïs : Les Inaïs sont, à l’origine, la seule espèce capable de fournir de l’orpée aux autres. En effet, ils sont les seuls à pouvoir vivre dans les profondeurs de la terre. Mais loin d’avoir profité de cet avantage, ils ont accepté sans problème de mettre en place un système sûr d’extraction de l’orpée. Les Inaïs sont beaux, doux, calmes. Leur peau change de couleur pour s’adapter à leur état d’esprit général. Cela ne veut pas dire qu’ils changent de couleur toutes les 5 minutes, mais plutôt que leur couleur s’adapte à leur métier : un danseur aura une peau de couleur douce, pastel, un travailleur de nuit aura la peau sombre, un guerrier, la peau rouge, etc... Les Inaïs forment la race la plus polyvalente, justement. Le maître mot qui les caractérise est adaptation. Ils peuvent tout faire, tout apprendre, cela ne les dérange jamais.

Les Nayans : Cette race est composée d’individus extrêmement sociables. Ils sont séduisants, charismatiques, expressifs, créatifs, attirants et... suicidaires. Ils ont en eux une pulsion de sacrifice qui les pousse à venir en aide à tous ceux qui appellent au secours. Il est très difficile à un Nayan de refuser un appel à l’aide. Cela raccourcit considérablement leur espérance de vie, bien sûr : il suffit qu’on implore leur secours pour qu’ils s’élancent et aillent jusqu’à affronter le Rêve pour nous sauver... Mais ce handicap leur procure un autre avantage : être Nayan, c’est être considéré de facto comme quelqu’un de bien.

Les Odwoanes : seconde race, en terme de milliards de personnes, après les Gnaths. Cette espèce est composée de petits individus dont l’esprit est comme à l’état embryonnaire. Ils passent la majeure partie de leur vie à mimer, copier, imiter. Ils apprennent à une vitesse stupéfiante, leur corps comme leur esprit étant comme une éponge absorbant tout ce qu’ils voient, étudient ou écoutent. Les Odwoanes sont donc des naïfs dans l’âme capables d’apprendre par l’imitation. Cela fait d’eux les meilleurs travailleurs de Kaïnas. Deux petits détails leurs donnent une saveur particulière : d’abord, les Odwoanes sont grégaires. Là où un premier Odwoane vient s’installer, un deuxième viendra bientôt. Puis deux, puis quatre. Dans la mesure où ils aiment travailler et deviennent rapidement extrêmement rentables, autant dire qu’ils sont la plaie des « autres » travailleurs. Ensuite, et c’est plus problématique : lorsque le temps du Rêve se fait violent, les Odwoanes entrent en frénésie et massacrent tous les Gnaths qu’ils rencontrent. Ils ignorent les autres races (dont les représentants peuvent malgré tout être piétinés s’ils ont eu la mauvaise idée de se trouver entre un groupe d’Odwoane et leur cible) mais cherchent à tuer tous les Gnaths qu’ils peuvent trouver sans la moindre pitié.

Les Soleks : Les Soleks sont une race à part. Ils ne sont revenus à Kaïnas que depuis 150 ans. Un jour, ils ont surgi du Sofe, malades, meurtris mais vivants. Personne n’avait jamais entendu parler d’eux et aucune légende, aucun livre ne rapportait quoi que ce soit à leur propos. Mais ils parlaient la même langue que les autres... Sous une forme abâtardie, certes. Le problème est qu’ils n’ont jamais voulu révéler quoi que ce soit sur l’endroit d’où ils venaient. Et leur esprit est totalement inviolable. Aucun télépathe ne peut déterminer leurs pensées ou ne peut pénétrer leur crâne. Les Soleks ont adopté un mode de vie essentiellement nomade, en formant les 1000 tribus. Beaucoup de ces tribus ont rejoint des tribus Yaki et voyagent désormais de concert.

Les Volkoïs : Race créée pour la guerre contre les créatures du Sofe, les Volkoïs sont agressifs. Dotés d’une grande résistance, d’une grande force, d’une queue préhensile et d’un instinct de guerrier sans équivalent, ils ont été taillés génétiquement pour se battre. L’adrénaline qui court dans leurs veines est d’ailleurs parfois problématique. Depuis que les Volkoïs se sont vus accorder la liberté et la gestion de leur reproduction (asexuée : ils se reproduisent par clonage, tout comme les Frilins le font par bouturage), il a fallu mettre au point une drogue spéciale qui leur permette de sublimer leurs pulsions destructrices en quelques chose de plus productif. Cette drogue est gratuite pour eux et ne les pénalise en rien, mais elle leur permet d’avoir d’autres envies que de taper sur tout le monde. Résultat : on trouve des commerçants hyper « agressifs », à la limite des commerciaux de notre monde. Ils font montre d’une grande ambition...

Les Yakis : Nomades, un peu comparables, tout comme les Soleks, aux indiens d’Amérique dans leur style de vie. Les Yakis construisent leurs villages sur le dos de créatures Naakinisiennes et voyagent, commerçant avec les villes et villages qu’ils croisent. A leur naissance, leur placenta est récupéré par un shaman de la tribu et forgé, remodelé. Au passage à l’âge adulte, ce placenta leur est rendu sous la forme d’une armure symbiotique que chacun fait évoluer de lui-même. Les possibilités d’une armure Yaki sont très étendues et on dit qu’un Yaki expérimenté peut arriver à tenir tête à un Echo de 1ère Sphère (les moins puissants des Echos, personnages aux pouvoirs presque fabuleux, capables d’utiliser l’eflow à la manière d’un combustible pour leurs capacités sur-kaïnasienne).

Les Zïns : Les Zïns forment une race à part. Pratiquement éternels, ses membres sont pénalisés par une chose : leur haine mutuelle. On en trouve les raisons dans leur histoire. Les Zïns ont été créés par les Frilins, pour les protéger. Les Frilins ont donc réuni chez eux les meilleurs instincts et la plus grande vitesse de réaction. Ils en ont fait d’admirables prédateurs, agressifs, dangereux et supérieurs à tout autre. Ils ont complété leur création en liant chaque Zïn avec une créature du monde fertile, une créature enfermée dans le crâne du Zïn jusqu’à ce que celui-ci fasse appel à elle, la matérialisant sur Kaïnas tandis que son propre corps disparaît. Evidemment, cette matérialisation dure peu de temps et est extrêmement gourmande en eflow, mais quoi de plus impressionnant de voir apparaître un monstre gigantesque face à soi ? Un jour, les Frilins leur ont rendu leur liberté. Pour éviter que les Zïns ne deviennent la race dominante du monde, les Frilins ont intégré au sein même de leur génome une haine indescriptible, aveuglante de leur propre race. Il est tout bonnement impossible à un Zïn de même penser ou envisager côtoyer un autre Zïn sans le massacrer, lui éclater le crâne par terre ou le démembrer. Naturellement, la reproduction devient de fait assez délicate...

Que dire de plus ? Bien des choses ! Il me resterait à décrire les Echos, ces individus aux pouvoirs exceptionnels. Je pourrais aussi parler du niveau technologique, allant selon le niveau de vie des habitants du Moyen-Âge à un futur proche. Toutes les constructions, les machines, portent la marque de ce monde charnel, tactile. Tout n’y est que courbes gracieuses, teintes chaudes de bois et de fourrure. Mais la présentation est déjà longue, tandis que je n’ai même pas parlé du système de jeu, très proche de Deadlands, notamment et qui tourne assez bien. Seul bémol à ce système, le combat. Sitôt que le Meneur de Jeu (le Juge Absolu, en référence avec un type d’Echo particulier) se trouve confronté à la gestion de plus de 5 PNJ, tout se complique de manière exponentielle, bien qu’un petit peu d’habitude et d’inventivité viennent facilement à bout de ce problème.

Les illustrations ? Peu nombreuses, mais belles. Une mention spéciale aux Echos, dix pages pleines époustouflantes.

L’univers forme un tout cohérent, certes difficile à appréhender à la première lecture étant donné le peu de référents auxquels nous raccrocher. Ceci dit, les promesses de Kaïnas sont telles qu’elles m’ont entraînées dans un kaléidoscope de songes où se côtoyaient les légendes d’hier et celles de mon imaginaire... Un fourmillement d’idées nous viennent à la lecture et compliquent l’élaboration d’un scénario d’introduction. Ce dernier point est heureusement réglé par la présence d’un scénario dans le premier supplément de la gamme, la « Boxed Set ». Une campagne devrait d’ailleurs voir le jour dans les mois prochains.



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