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Méthode du Dr Chestel

Maelström pour un maestro

Histoire du patient Olav Sierpinski

mercredi 26 août 2009, par Sylvain Plagne

Course contre la montre pour nos soigneurs

HISTOIRE DU PATIENT : Olav Sierpinski.


INTRODUCTION

Vienne, un dimanche d’août 1998. Olav Sierpinski est un compositeur renommé, et sa maison de disques, Métronomus, propose déjà une dizaine d’albums de piano de cet artiste internationalement reconnu, et permet d’ailleurs à la compagnie de s’assurer une santé financière enviable ; d’autant plus que le contrat qui la lie à Olav est un contrat à vie, bien que cela soit illégal. C’est notamment à ce compositeur que l’on doit le célèbre "Concerto pour une âme malade" ou "Le bois enchanté en hiver".

Mais sa vie va basculer aujourd’hui : c’est alors qu’il se rendait au restaurant en ce dimanche ensoleillé que les événements se produisirent. Tout se déroula très vite. Olav traversait la rue, lorsqu’une fourgonnette blanche s’arrêta auprès de lui. On le força à monter, puis le véhicule démarra en trombe. On l’installa à l’intérieur sur une chaise, attaché. Ensuite un homme cagoulé lui fit une injection au bras droit (en fait, il procédait à une anesthésie locale). C’est en voyant l’homme préparer divers instruments de chirurgie que Olav comprit : on allait le mutiler. Il avait beau crier, dans toutes les langues qu’il connaissait (allemand, russe, italien et français), rien n’y fit.

Et effectivement, lorsque la camionnette s ’arrêta devant l’un des hôpitaux de la ville, c’était pour déposer un homme à qui l’on venait de sectionner l’index droit. Le travail était celui d’un professionnel, pas de doutes, et l’on s’était assuré d’installer une petite boite cryogénique à l’extrémité de la main du compositeur.

Cinq minutes plus tard, le PDG de Métronomus, M. Bancroft, était prévenu de la situation par téléphone, et on lui indiqua dans quel hôpital se trouvait Olav, ainsi que le prix à payer pour récupérer l’index droit du compositeur, afin de tenter une greffe, et donc de permettre au pianiste de retrouver ses facultés.

M. Bancroft est confronté à deux problèmes : il a besoin de temps pour réunir les 50 millions de francs demandés, et pendant ce temps Olav est en train de se laisser envahir par une véritable peur panique (on peut comprendre ces débuts d’hystérie, au vu de ce qui lui arrive et de l’importance qu’il accorde à son art). Il ne lui est pas possible de raconter précisément ce qui s’est passé, s’il a reconnu des gens parmi ses ravisseurs... Rien à faire. C’est alors que M. Bancroft a décidé de recourir à la Méthode du Docteur Chestel : il ne souhaite pas faire appel à la police, conformément à ce qu’on lui a imposé ; Aussi décide-t-il de faire envoyer au plus vite une équipe de Soigneurs dans l’Intracos de Olav, dans le double but de calmer le Patient nerveusement et d’essayer de glaner des informations parmi ses souvenirs récents, pour le cas échéant découvrir qui a pu monter un coup pareil (il en effet possible que dans l’Intracos du Patient il y ait des indices permettant de remonter jusqu’au commanditaire de ce "crime").

Il s’agit donc d’une mission un peu particulière pour les Soigneurs, et ils devront être prévenus des risques et de ce que l’on attend d’eux. A savoir, qu’ils vont évoluer dans l’Intracos de quelqu’un en train de succomber à la folie, et qu’ils doivent agir au plus vite (problème de la greffe qui doit impérativement être faite dans les heures qui suivent). Bien entendu, M.Bancroft est disposé à payer rondement la prestation des Soigneurs ; de toutes façons il n’a pas d’autre alternative.

Lorsque tous les joueurs auront bien compris la situation, et avant de se mettre au travail, ils pourront obtenir les quelques informations contenues dans le dossier directement par M. Bancroft. Il tente de se souvenir des principaux faits et habitudes de la vie du Patient.
Si on l’interroge davantage à propos du lunatisme de Olav, il reconnaîtra que c’est un personnage à l’humeur très changeante, imprévisible ; Si on pousse la discussion un peu plus loin, Bancroft lâchera que le Patient a, à plusieurs reprises, tenté de rompre son contrat, en vain (vous pouvez décider de supprimer tout ou partie de ces informations si vous souhaitez corser encore le scénario).

Concernant Octave, il n’était pas avec le Patient au moment du kidnapping : il avait pris une semaine de congés annuels (ce qui peut bien sûr faire porter les soupçons des joueurs - à tort - vers cet innocent majordome).


LES LIEUX

L’arrivée dans l’Intracos

Les Soigneurs arriveront au beau milieu d’un bal masqué dans une magnifique villa avec jardins, au bord d’un canal. L’ambiance est très "Renaissance". La soirée est donnée par un mécène de la ville, le comte Bancroft. Les invités ne se privent pas de dire que leur hôte est une crapule notoire, et qu’il arrondit grassement ses fins de mois avec l’argent des artistes qu’il protège.

Lors de la soirée, plusieurs indices peuvent attirer l’attention des Soigneurs :

Le Comte Bancroft

Si les Soigneurs ont l’occasion de l’approcher, ce dernier sera désagréable au possible, et ils ne pourront rien en tirer (si jamais les Soigneurs avaient l’idée de fouiller la villa, et son bureau en particulier, ils découvriraient un contrat - à vie - entre Olav Sierpinski et le Comte Bancroft).

Le Patient

Si on interroge des invités sur le Patient, on apprendra qu’il s’est comme à l’accoutumée disputé avec son mécène, organisateur de la soirée, et qu’il ne jouera pas ce soir comme c’était initialement prévu. Pour remplacer cette exhibition, le Comte Bancroft a organisé parait-il une surprise...

Certaines (rares) personnes ont l’index droit coupé

Si on évoque le sujet avec elles, elles se brusquent et éviteront désormais la personne qui a eu ainsi l’indélicatesse de les questionner sur le sujet. Mais au passage, les personnes qui ont le doigt coupé ne pourront s’empêcher de lâcher un énigmatique "de tous les maux il faut choisir le moindre"... Toutes les personnes qui ont le doigt sectionné appartiennent à une organisation secrète, l’Index, qui est aux ordres du kidnappeur...

Ingrid

Les Soigneurs ne manqueront pas de remarquer une jeune femme blonde particulièrement belle. Le problème, s’ils souhaitent l’approcher, est qu’elle est insaisissable ! Elle semble disparaître chaque fois que l’on est sur le point de l’accoster, et évite d’ailleurs tout le monde. Mais l’amour que lui porte le Patient fait qu’elle reste malgré tout omniprésente. Si les Patients l’interpellent par son prénom, et seulement dans ce cas, elle sera troublée, les dévisagera rapidement, puis prendra l’air apeurée avant d’essayer de s’enfuir en sortant du jardin et en se jetant sur une gondole (l’atmosphère générale est proche de la Venise de la Renaissance). Si on interroge des invités sur Ingrid, personne ne la connaît. Si les Patients parviennent à la suivre, ils auront tout d’abord affaire à des membres de l’Index qui se jetteront sur leur gondole lorsqu’ils passeront sous un petit pont piéton. Ingrid finira d’une façon ou d’une autre par leur échapper, mais si les Soigneurs inspectent la gondole qu’elle a utilisée ou cherchent à la suivre dans la rue où elle a disparu, ils découvriront un petit pendentif. Le gondolier ne pourra rien dire de plus : il est muet.

Le pendentif représente une main en cristal. Il semble que l’index ait été recollé. En fait, le Patient a offert ce bijou a Ingrid dans la réalité, mais cette dernière l’a par mégarde cassé. Le couple a donc du le faire réparer chez un joaillier.

Si les Patients arrivent à capturer et à faire parler un homme de la secte de l’Index à un moment où à un autre, la seule chose qu’il pourra leur révéler est l’emplacement du repaire : le musée de la ville (voir plus loin). Pensez aussi à replacer le mystérieux "de tous les maux il faut choisir le moindre" si nécessaire.

La montgolfière

Le Comte Bancroft a décidé de surprendre ses invités ce soir : son artiste fétiche refuse de se produire en public, alors le Comte a organisé une exhibition très à la mode pour ses invités : un baptême de l’air. Il s’agit en fait de réaliser un vol captif dans une petite montgolfière, installée dans le jardin. Le seul intérêt de cette attraction pour les Soigneurs est la vue qu’ils pourront avoir de la montgolfière : vue de haut, la rue principale dessine une sorte de clé de sol, au centre de laquelle se trouve le musée de maquettes de la ville, ce qui peut donner l’idée aux Soigneurs d’aller y faire un tour. Au passage, l’homme qui aide les participants de la soirée à monter dans la nacelle de la montgolfière peut glisser aux Soigneurs : "Vous allez voir la clé du mystère..." (allusion à la clé de sol, au centre de laquelle se trouve le musée).

Le musée de la ville

Il s’agit d’un musée de maquettes de maisons de la ville .

Ce qui est intéressant pour notre histoire se trouve plutôt à l’extérieur, devant l’entrée : une petite plaque de marbre où sont gravés les noms des artistes-ouvriers qui ont participé à la réalisation du bâtiment. Il y a environ 200 noms. Si l’on appuie sur l’un d’entre eux, Alexandre Lemoindre 1689-1743, alors une trappe s’ouvre sur le coté.

Le choix du nom était en fait ce qu’essayaient de dissimuler les membres de la secte de l’Index lorsqu’ils laissaient échapper : "de tous les mots il faut choisir Lemoindre" !

La trappe conduit à un petit couloir, dans l’obscurité, qui débouche sur un précipice. Le chemin continue de l’autre coté du vide, et la seule façon de traverser est de sauter sur une bascule qui oscille entre les deux cotés du ravin. Il s’agit en fait d’un immense pendule (en fait, un métronome géant : voir plan ci-contre), dont le tempo - et la difficulté de traverser - augmentent régulièrement.


S’ils parviennent à traverser, les Soigneurs finiront par arriver devant une large porte en bois, qui donne... dans une forêt enneigée ! Chose étrange : sitôt le pas de la porte passé, celle-ci disparaît. Dans la forêt, on entend un orchestre philharmonique (qui joue l’une des oeuvres du Patient, "Le bois enchanté en hiver"). Détail important : le son n’est pas uniforme, on peut au contraire distinguer la provenance de chacun des instruments, qui vient d’une direction différente. Au bout de quelques instant, on verra arriver un homme habillé en majordome (c’est Octave). Il dira aux Soigneurs : "Si on m’observe sous tous les angles, on compte un demi-tour". La solution de cette énigme est le triangle (dont la somme des angles fait 180°). Les Soigneurs doivent donc avoir l’idée de se diriger vers la provenance du son émis par le triangle.

Il leur faudra marcher environ une demi-heure dans la neige, avant de rencontrer un groupe de musiciens. D’abord sympathiques (ils reprennent avec leurs instruments le thème principal que l’on entend dans la forêt), ils deviendront subitement dangereux : la flûte traversière de l’un d’entre eux se transformera en une sarbacane, un violon en arbalète...

C’est l’ultime tentative de la secte pour empêcher les Soigneurs d’atteindre leur chef.

Une fois les musiciens mis hors d’état de nuire, les Soigneurs vont enfin arriver au triangle. En fait, le musicien qui en joue est un automate (il en va de même pour tous les musiciens de l’orchestre, placé sur un cercle dans le bois ; les musiciens qui ont attaqué les Soigneurs sont eux bien réels, ce sont d’anciens amis du Patient qui l’ont accompagné sur scène).
Derrière l’automate, il y a une butte recouverte de neige, d’où sort une petite fumée. Une porte permet de rentrer dans une sorte de petite hutte chauffée par une cheminée. Sur la porte est écrit "Chef de la Secte de l’Index Mutilé".

A l’intérieur est assis, au bord de la cheminée, un homme masqué (masque traditionnel vénitien). Il ne dira rien, tout au plus acquiescera-t-il si on lui demande si c’est effectivement lui le chef de la secte. Si on lui enlève son masque, tous les Soigneurs se feront instantanément rejeter de l’Intracos, et se retrouveront dans le centre du Dr Chestel d’où ils sont partis. Attention aux positions respectives qu’ils avaient dans la cabane à ce moment précis : ceux qui étaient face à l’homme masqué auront eu le temps de voir avant d’être rejetés que le visage sous le masque leur était familier : c’est le Patient !


QUE SE PASSE-T-IL ?

Quelques explications s’imposent...

Olav Sierpinski est amoureux d’Ingrid depuis le premier jour de leur rencontre. Il aimerait faire sa vie avec elle, tout arrêter. Mais d’une part il n’a pas un sou, d’autre part le contrat qui le lie à Metronomus ne lui permet pas ce projet. Un bijou qu’il a offert à Ingrid (la petite main en cristal) et qu’elle a cassé lui suggéra l’idée de la "prise en otage" de son propre index. Cela lui permettrait d’une part d’empocher la rançon, et d’autre part de se mettre en congé de Métronomus : même si l’opération était effectuée dans les temps, il serait toujours facile pour le maestro de prétexter le contraire (son espoir est d’ailleurs que l’opération soit faite dans les temps, il espère bien pouvoir continuer de jouer).

Dans l’Intracos, son plan prend la forme d’une organisation secrète, l’Index, avec qui les Soigneurs auront fort à faire.

L’ambiance onirique qui règne est la conséquence de ses pulsions créatrices : ambiance Renaissance, petit bois enneigé de ses pensées qui lui a inspiré l’une de ses compositions. Mais son inconscient ne peut empêcher les personnages que les Soigneurs rencontreront de leur donner des indices : comment entrer dans le repaire de la secte, le pendentif en cristal...

Si les Soigneurs deviennent dangereux, les membres de l’Index deviendront de plus en plus équipés, utilisant des armes à feu, puis des mitraillettes. Cela peut donner l’impression d’anachronismes (imaginez des personnages avec capes et masques vénitiens courir après les Soigneurs avec des Talkie-walkie...) mais cela prouve que le Patient est toujours bien conscient de la réalité.

Ils pourront constater par ailleurs qu’il ne plonge nullement dans la folie, son Intracos est au contraire assez stable. Cela peut d’ailleurs mettre la puce à l’oreille des Soigneurs.

Remarque : je ne donne pas, à dessein, les caractéristiques des protagonistes. D’une part elles dépendent de votre groupe de joueurs, et donc c’est à vous de voir. D’autre part l’aspect technique n’est pas la préoccupation principale des joueurs de La Méthode du Dr Chestel !

CONCLUSION

Retour à la réalité

De retour dans le centre, les joueurs pourront décider ou non d’informer M.Bancroft de leurs découvertes.

D’autre part, dans un but purement ludique, vous trouverez ci-dessous un petit questionnaire que vous pourrez soumettre individuellement à chacun des joueurs, afin de voir si ils ont compris ce qui se passait. On peut même imaginer qu’une récompense sous forme de points d’expérience dépende des réponses qu’ils donnent.

Questionnaire pour les joueurs

Qui a manigancé le kidnapping du doigt ? [réponse : le Patient, Olav Sierpinski]

Quel est le motif ? [l’amour d’Ingrid, la volonté de rompre son contrat et de gagner de l’argent]

Qu’est ce qui a donné l’idée du kidnapping a son auteur ? [un petit pendentif en cristal offert à Ingrid et qu’elle a cassé]

P.-S.

Auteur : Sylvain Plagne



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