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Point zéro

Sciences Prédictives

vendredi 24 septembre 2010, par Twinky

Ce chapitre décrit l’influence de la probabilistique dans l’univers de Point Zéro. Les joueurs et le Maitre de Jeu y trouveront des informations pour appréhender le concept, le fonctionnement et le rôle au quotidien des sciences prédictives.

Historique

La Probabilistique trouve ses origines dans un laboratoire de recherche académique de l’Université des Sciences Mathématiques de Tyrse. En 3129, le Statisticien Ulvir Suhl et son équipe publie une nouvelle théorie des probabilités basée sur des inférences statistiques innovantes. Initialement baptisée Inférence Suhlienne, la polyvalence et la robustesse de cette théorie ouvre rapidement de nouveau champs d’applications statistiques. Consciente de l’importance de la découverte, l’équipe d’Ulvir poursuit ses travaux dans le développement et le dépôt de brevets d’algorithmes itératifs fondés sur l’Inférence Suhlienne. La première preuve de concept est réalisée en partenariat avec un laboratoire météorologique Egidéen : pour la première fois, un algorithme est capable de prévoir la météo locale sur 96h avec une marge d’erreur inférieure à 2%. Plusieurs autres applications concrètes suivront rapidement dans des domaines aussi divers que le marketing ou la régulation du trafic autoroutier. En 3131, moins de deux ans après la publication de leurs premiers travaux, Ulvir Suhl et son équipe sont approchés par Macrolab, qui rachète l’exclusivité du brevet et leur offre la direction du tout nouveau département de Recherche et Développement en Sciences Predictives.

L’équipe accepte sans hésiter.

Pendant les 3 années qui suivent, Suhl et son équipe incorporent progressivement leurs algorithmes dans des logiciels en architecture de réseaux neuronaux propriétaires de Macrolab, donnant naissance aux premiers logiciels dits « prédictifs ».

Ces premiers logiciels, qui se contentent alors de n’intégrer que quelques dizaines de paramètres, sont mis à la disposition des grands groupes industriels et des gouvernements pour des applications essentiellement d’ordres scientifiques, économiques et militaires. Les résultats restent néanmoins mitigés.

Parallèlement, sous la houlette d’Ulvir, le département R&D de Macrolab développe des algorithmes de plus en plus complexes capables d’intégrer des centaines, puis des milliers de variables. Les capacités de ces nouveaux logiciels entrainent des besoins sans précédents, à la fois en termes de puissance de calcul, mais aussi dans la collection des données sur lesquelles se fondent les inférences statistiques.

Pour répondre à ces exigences, Macrolab établit en 3134 un partenariat avec Oni Katan qui fournit à Ulvir le premier supercalculateur quantique OVA d’une puissance de calcul jusque là inégalée.

En 3136, grâce à une architecture de 16 OVA montés en série, Suhl et son équipe connecte au Réseau son logiciel prédictif qui, pour la première fois, intègre simultanément plusieurs milliers de variables dans une épreuve de benchmarking inédite. Le protocole de test est un succès : en quelques heures, le logiciel parvient à dégager les grandes tendances politiques, économiques, sociales et climatiques sur 45 jours. Mais son plus grand exploit aura été de prévenir l’arrivée d’une violente tempête tropicale dans l’est de l’Empire Keshite, sauvant ainsi plusieurs milliers de vie humaine.

Ce succès fait la une des médias et suscite, à l’échelle planétaire, un intérêt immédiat pour les sciences prédictives. Il constitue surtout une formidable publicité pour Macrolab qui décide de lancer la commercialisation de logiciels prédictifs pour des applications à destination du grand public.

En 3141, Macrolab propose ses premiers logiciels aux particuliers, et c’est un succès commercial instantané en même temps qu’une révolution culturelle. Ces logiciels sont initialement vendus sans marge bénéficiaire, mais en contrepartie Macrolab met en place des bases de données d’accès tarifés. Et aujourd’hui encore, Macrolab réalise plus de 60% de ses bénéfices par la vente aux particuliers de logiciels prédictifs et des inévitables accès aux bases de données. Une autre source de revenus de Macrolab provient des entreprises qui se sont spécialisées dans la collecte et la vente de base de données pour les particuliers ou les entreprises : le format des bases de données étant breveté, elles payent d’importantes royalties à Macrolab pour fournir des données compatibles avec les logiciels prédictifs.

Dans le même temps, Macrolab ne cesse de perfectionner ses logiciels à destination des groupes industriels. En 3140, une petite entreprise jusque là inconnue, AlTech, est la première à définir un protocole prédictif de spéculation boursière. Ses résultats sont spectaculaires : en moins de 6 mois, le capital de l’entreprise est multiplié par 300, propulsant AlTech au rang de petite corporation. Le modèle AlTech fait boule de neige et début 3142 la plupart des moyennes et grandes entreprises d’Aurilla dispose d’un département de spéculation prédictive. Mais en quelques mois, le marché boursier s’affole : l’essentiel des transactions réalisées ne se base désormais plus sur des logiques économiques mais sur des directives prédictives, et, dans un tel contexte, chaque transaction réalisée fausse les inférences statistiques. Des milliers d’entreprises font faillite, des centaines de milliers d’employés perdent leur emploi, le chaos boursier s’installe et l’économie mondiale vacille.

Les gouvernements Egidéen, Keshite et Fédéré organisent dans l’urgence un sommet à Ségul pour définir des règles de régulation boursière. En moins de 48h, le fameux Traité de Régulation des Echanges Intercommunautaires (TREIC) est rédigé et signé par les 3 gouvernements. Ce traité interdit, entre autres, toute utilisation des sciences prédictives dans les projections boursières. Les contrôles sont stricts et les sanctions lourdes : toute entreprise qui circonviendrait aux termes du traité serait instantanément nationalisée.

Immédiatement, les grands groupes démantèlent leur département de spéculation prédictive, et en quelques mois les places boursières retrouvent leur état d’avant-crise. Pour cette fois, le pire aura été évité…

Depuis, les logiciels prédictifs n’ont fait qu’évoluer, de plus en plus puissants, conviviaux et fiables dans leurs prédictions. Leur introduction dans la vie quotidienne a révolutionné les comportements. Imaginez : n’importe qui peut enfin déterminer en temps réel et avec exactitude le temps qu’il va faire, les difficultés de circulation, les conséquences de ses choix, ses affinités avec ses partenaires, sa susceptibilité à une maladie ou ses chances de guérison…

Aujourd’hui, quasiment tout le monde possède un ou plusieurs de ces petits logiciels utilisables n’importe où, n’importe quand, pour n’importe quelle application. Plus qu’un effet de mode, les logiciels prédictifs assistent l’individu comme les organisations dans leurs activités quotidiennes, au point que presque aucune décision n’est prise sans un avis prédictif : les politiques usent et abusent de la probabilistique pour déterminer l’impact de leurs programmes sur les masses populaires, les Corporations ne lancent plus un investissement sans la certitude prédictive d’un retour sur capital, les scientifiques simulent les résultats d’expériences in silico, les médecins déterminent les traitements les plus appropriées en fonction de marqueurs génétiques prédictifs, les opérations militaires sont simulées et affinées sur plateformes probabilistes…Même les médias ne se contentent plus de présenter la réalité des faits, mais en extrapolent systématiquement les conséquences, qu’elles soient politiques sociales ou économiques. Les sciences prédictives sont également utilisées par les forces de police pour ouvrir de nouvelles pistes d’enquête ou en éliminer d’autres moins probables, et certains lobbys militent même pour la disparition des jurys humains au profit de la probabilistique dans les tribunaux !

En 3175, les sciences prédictives sont incontournables, présentes partout, tout le temps, pour le meilleur et pour le pire…

Fonctionnement d’un logiciel prédictif

Tous les logiciels, quelle que soit leur classe (voir ci-dessous) fonctionnent de la même façon. Le logiciel en lui-même n’est qu’une plateforme de traitement de l’information qui n’est fonctionnelle qu’avec un accès à une base de données.

Le logiciel y puise les informations nécessaires à la prédiction, c’est-à-dire les données relatives à un ensemble de variables et les paramètres spécifiques de l’analyse. C’est par exemple, pour une classique prédiction météorologique, l’historique des données climatiques planétaires des 50 dernières années jusqu’à aujourd’hui.

Une fois les données téléchargées dans le logiciel, son architecture en réseaux neuronaux détermine l’algorithme statistique le plus approprié pour l’analyse du jeu de données, puis réalise l’analyse proprement dite. L’analyse en elle-même est quasiment instantanée sur des logiciels de classe I, mais peut prendre plusieurs heures sur ceux de Classe III.

Le type de résultat dépend entièrement de la question posée, mais en général le logiciel attribue des une valeur statistique à chaque réponse possible. Dans notre cas, si la question est « quel temps fera-t-il demain ? », la prédiction attribuera des valeurs statistique à chaque possibilité (Pluvieux : 75%, nuageux : 12%, ensoleillé : 2%… etc.).

Pour un logiciel grand public, l’utilisateur dispose en général d’une réponse plus simple (du type : « Temps orageux certain ») et n’a pas à interpréter les valeurs statistiques. Les logiciels de classe II et III, destinés à un usage professionnel, délivrent en revanche l’ensemble des valeurs statistiques qu’un analyste expérimenté est chargé d’interpréter.

Il existe trois grandes classes de logiciels prédictifs :

Les logiciels de classe I sont destinés au grand public (100 à 500 CredI) et se présentent sous la forme de petits logiciels compatibles avec tout type de datapad personnel. Ils intègrent les algorithmes prédictifs les plus courants et ne sont en général capables d’intégrer qu’un nombre limité de variables (une centaine). Pour générer une prédiction probabiliste, ils doivent être alimentés en temps réel par les données disponibles dans les bases de données publiques ou privées. Il existe des logiciels prédictifs grand public pour tout type d’application quotidienne : prédiction météo locale, trafic routier, compatibilité amoureuse, jeux de hasard, etc…

Les logiciels de classe II sont des logiciels professionnels, généralement extrêmement couteux (10 000 à 50 000 CredI). Ils intègrent des algorithmes avancés, paramétrables par l’opérateur, qui peuvent intégrer simultanément plusieurs centaines de variables, parfois à partir de base de données publiques, mais le plus souvent à partir de bases de données originales. Ces logiciels n’ont en général pas d’application dédiée : l’utilisateur paramètre entièrement le logiciel et le choix d’algorithme selon les besoins prédictifs. Les applications touchent la sphère industrielle, politique ou médicale : estimation de l’impact marketing d’une nouvelle campagne publicitaire, prédiction météo à l’échelle planétaire, appréciation publique d’un changement de politique ou encore évaluation de la réponse d’un patient à un nouveau traitement. Ces logiciels sont en général utilisés par de grands groupes industriels ou de grands organismes, et il n’est pas rare d’y trouver des équipes multidisciplinaires entièrement dédiées à la collecte de données originales et aux analyses prédictives les plus poussées.

Les logiciels de classe III concernent essentiellement la sphère militaire et certaines Corporations. Leur coût est prohibitif (500 000 à 10 000 000 de CredI), mais ce sont des logiciels complètement ouverts, programmables, et intégrant des algorithmes expérimentaux et pouvant analyser plusieurs milliers de variables en temps réel. Leur complexité est telle qu’ils nécessitent d’être opérés par des équipes de plusieurs dizaines de programmeurs, techniciens et scientifiques. En conséquence, ils sont suffisamment flexibles pour intégrer n’importe quel type de données, généralement générées de façon interne. Les applications recouvrent essentiellement les domaines politiques, économiques et militaires : évaluation de l’impact économique global d’une nouvelle politique, simulation de conflits, etc…

Bases de données & Piratage

La probabilistique grand public a provoqué l’essor d’un nombre colossal d’entreprises privées dédiées à la collecte et la création de base de données originales - dont la fiabilité est souvent bien supérieure à celle des bases publiques, mais dont l’accès reste payant (forfaitaire ou par abonnement).

Elle a aussi entrainé toute une frange marginale de hackers à s’intéresser à ces logiciels, et certains sont devenus des experts du détournement prédictif : il est ainsi possible de trouver au marché noir des logiciels prédictifs de classe I modifiés pour tricher aux jeux d’argent - certains des plus grand escrocs de casinos utilisent ce genre de logiciels - ou spéculer en bourse. Plus grave, certains hackers parviennent à corrompre les bases de données, ou pire, les logiciels probabilistes eux même pour induire des prédictions faussées. Ce type de piratage n’est par exemple pas rare dans l’espionnage industriel pour déstabiliser la concurrence et provoquer des prises de position risquées, si elles ne sont pas fatales à l’entreprise…



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