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Prophecy

Coeur de voleur

samedi 16 juin 2007, par azathoth

Récit : Nathan Fareinheit est un voleur originaire d’Yris en Solyr. Habitué aux voyages avec sa compagnie d’inspirés, il profite cependant de quelques moments de solitude pour faire prospérer son commerce qui n’est pas de tout repos.

Premier chapitre : rencontre

Lieu : Yris, plus précisément un toit du quartier bourgeois.
Temps : heure de Khymera et pour être plus précis, pluvieux et humide, le temps.

Question : qui peut traîner en plein milieu de la nuit sous la pluie, trempé jusqu’à la moelle et sur un toit glissant ?

Réponse : Honnêtement personne de réfléchi, cela tombe bien je ne le suis pas particulièrement. Pourtant une journée auparavant, j’avais fêté avec mes camarades notre retour de Pomyrie et les premiers dividendes de mes accords commerciaux avec le maître marchand de Fort Median. J’aurais largement préféré passer la journée au lit, mais Glenn
Fahrenheits, membre émérite de la guilde des voleurs, était arrivé en me disant :
- Fils, j’ai besoin de toi (précision, c’est mon père adoptif, je le signale parce qu’on me le fait tout le temps remarquer).Vole à Surman Brann un Bijou nommé "la tiare de Khymera". C’est un artefact que je piste pour un dénommé Mysen.

J’avais répondu "Okay" mais tintin pour les remerciements. Il m’avait mis en garde : il y aurait certainement des obstacles. Je le retenais !
Surman Brann était un érudit richissime dont la lubie pour les objets anciens lui valut le surnom de "l’Antiquaire". Sa demeure était extrêmement bien gardée et la pluie abondante ne faisait qu’augmenter la probabilité que mon nom se rajoute à la liste des nombreux voleurs morts au champ d’honneur.

Le premier obstacle, un mur de trois mètres. Un appui simple et voilà ! Je posais les pieds dans le jardin intérieur. En fait, j’adorais ces moments où je me retrouvais face aux obstacles, où tous mes sens étaient en éveil, où l’instinct l’emportait sur la raison, c’était presque une drogue pour moi. Sous l’apparence d’un marchand, je restais et je resterai un voleur. Une course rapide me permis de traverser le jardin. Grâce à la pluie, j’étais encore plus discret et c’était heureux car pas moins de quatre gardes patrouillaient aux alentours du bâtiment principal.

Maintenant, trouver l’endroit où Surman cachait la tiare ! Je ne m’attendais pas à la moindre originalité de sa part, le plus évident serait la réponse et, évidemment l’endroit ne pouvait se trouver qu’au second étage de cette bâtisse. Entrée discrète par une fenêtre du rez-de-chaussée : la pièce était vide, heureusement ! Pas de signe de vie dans la bâtisse, merci à mon informateur qui m’avait dit que Surman et sa suite passeraient la soirée dans la demeure d’un influent marchand. Restait pour moi à éviter les rares personnes autorisées à rester dans la demeure (en effet Surman était l’archétype même du paranoïaque, il n’autorisait l’accès à sa demeure qu’à quelques fidèles serviteurs, les gardes devant se contenter de surveiller les alentours). Je traversai rapidement plusieurs galeries remplies de différentes œuvres d’art : statues aanciennes, tableaux et différents objets de valeurs.

Surman n’avait pas de goût, il se contentait d’acheter ce qui pourrait lui permettre d’éveiller la jalousie chez les autres. C’était à se demander où il trouvait son argent.

Finalement, je suis parvenu au second étage sans encombre, pas âme qui vive. Ce jour là, la fortune était du côté des gredins pour une fois ! Au bout d’une dizaine de secondes, la seule porte verrouillée de l’étage céda pour me laisser découvrir un vaste bureau. Sur celui-ci était posé un coffret, à l’intérieur, la tiare et diverses valeurs. Je pris tout. Non pas par cupidité mais pour brouiller les pistes : si je m’étais contenté de la tiare, les victimes auraient pu faire le lien avec une guilde de voleurs, alors qu’en volant le tout, il serait plus difficile pour eux de faire le lien avec l’exécutant et ses commanditaires. Je savais que l’ire des victimes pouvait être vive et que de nombreux voleurs (dont mon superviseur) en avaient subi les conséquences.

Soudain, au contact de la tiare j’eus l’impression que mon âme se déchirait et il me fallut un grand effort de volonté pour résister et glisser le bijou sous ma cape.
- Bien joué, voleur ! Je suis assez étonnée. Pas parce que tu as réussi à parvenir jusqu’ici mais plutôt parce que ton âme n’a pas été consumée par la tiare.
La voix qui énonçait cette phrase était cristalline.
- J’ai du style c’est tout.
- Et tu gardes le sens de l’humour alors que ta fin est proche.
- Non, c’est juste pour épater la galerie mais c’est un secret.
- Ne t’inquiètes pas, tu auras tout le temps d’avouer le reste de tes secrets lorsque tu seras confié à la milice.

Je détestais ces moments où la chance me fuyait, je devais réagir et vite. Instinctivement je me retournai mais mon assaillante avait été plus prompte que moi et d’un geste élégant de sa rapière elle rompit l’attache qui retenait ma capuche. Super, maintenant elle avait vu mon visage et la pointe de sa rapière était juste sous ma gorge. Nous étions maintenant face à face. Cette personne était une jeune fille à peine plus jeune que moi. Ses longs cheveux étaient châtains, son regard déterminé. Dans d’autres circonstances j’aurai été sous le charme, mais pour le moment elle baladait la pointe de son épée sous ma gorge.
- Je pense que c’est la fin pour toi, voleur !
- Je pensais que Surman et toute sa suite étaient de sortie ce soir, mon informateur va avoir de mes nouvelles une fois que je serai sorti d’ici.
- Encore faudrait-il que tu sortes d’ici vivant, voleur ! Et je ne pense pas que mon père serait conciliant envers quelqu’un qui viendrait de le voler.

Son père, Surman, était un vieil homme. J’avais du mal à croire qu’il pouvait être le géniteur d’une telle beauté.
- Un bijou de plus dans sa collection.
Sa réaction fut immédiate : elle rougit.
- J’espère que tu seras aussi éloquent face à mon père.
- J’ai des doutes. La nécrophilie : ce n’est pas mon style.
Son rire cristallin résonna. J’étais presque sous le charme et j’avais réussi à la déconcentrer, lentement je reculais pour m’approcher de la fenêtre, mais elle avait déjà compris mon manège et la pointe de son épée continuait de danser devant ma gorge.
- Vous ne comptez pas nous quitter, messire voleur.
- Désolé, mais bien que votre compagnie soit forte agréable j’ai d’autres obligations.

Je profitais de la diversion causée par mon baratin pour faire glisser une bille hors de ma poche et la lancer à ses pieds. L’effet fut immédiat, elle se retrouva paralysée, à ma merci. Logiquement je devais l’éliminer, elle était le seul témoin. Tous les deux nous étions face à face, sa vie ou la mienne, comme répondant à mes plus bas instincts mon bracelet adopta la forme d’une épée, sa lame bleutée baignée par la lumière de Khymera semblait attendre le sang. Qu’est ce qu’une vie alors que tant de sang souillait déjà mes mains ?

A cet instant nos regards se croisèrent et je réalisais ce que j’étais en train de redevenir. Ses yeux me renvoyaient l’image d’une créature dominée par la folie. Je devais, une fois de plus, combattre cette soif de sang, refouler ces sinistres pensés. J’avais déjà, une fois, succombé à l’appel de la bête. J’en avais vu certains abandonner leur âme à l’Ombre, j’avais réussi au prix de grands efforts à échapper à son emprise et je ne voulais plus retomber dans mes anciens errements. Résignée, mon arme retourna à sa forme initiale ; j’avais réussi à surmonter mes ténèbres, tout en signant mon arrêt de mort. A partir de maintenant, je ne serais plus qu’un proscrit, et rapidement ma tête serait mise à prix et je devrais fuir.

Une larme, une simple larme coula le long de sa joue. D’un revers de la main je l’essuyais. Que ferait -elle après ? Je ne le savais pas et d’ailleurs c’était le cadet de mes soucis actuels.
- Désolé princesse, je dois quitter votre charmante compagnie, ne vous inquiétez pas, vous pourrez vous mouvoir à nouveau d’ici peu.
- Pourquoi ?, arriva t elle à articuler difficilement ?
- Pourquoi ne pas vous avoir tuée ? J’ai deux raisons. La première est que je suis un voleur et pas un assassin…
- La seconde ?
- Considérez cela comme un début de réponse, lui dis-je en posant mes lèvres sur les siennes.

Une fenêtre donnait sur un arbre du jardin, il me fut facile de l’utiliser pour m’enfuir, et comme la pluie venait de redoubler, les gardes avaient préféré se réfugier à l’intérieur ; le champ était donc libre. Une course effrénée à travers Yris, comme si la mort était à mes trousses. Heureusement l’ayant parcouru dans tous les sens dès mon plus jeune âge, il me fut facile d’arriver jusqu’à mon repaire. Glenn m’attendait déjà. Je le mis rapidement au courant de ma situation et vite il décida de me mettre en sécurité dans une des planques de la famille.
- Alors fils, j’ai l‘impression qu’à force de te comporter comme un marchand tu as oublié tout ce que je t’ai enseigné pendant une dizaine d’années.
- Je n’ai pas voulu la tuer, c’est tout.
- Tes scrupules t’honorent, un voleur n’est pas un assassin mais cette fois ton choix te condamne tout du moins à Yris. Je vais te faire sortir discrètement de la ville.
- Merci.
- Au fait, tu as récupéré la tiare ?
- Sans problème.
- Bien avant de quitter la ville tu pourras l’amener au commanditaire.
- Pardon ?
- Il a exigé que tu la lui ramènes en mains propres.
- Désolé mais j’ai d’autres projets !
C’est à ce moment que Cyd, orphelin âgé de 11 ans, entra. Il servait d’agent de renseignement à mon père adoptif et rien de ce qui se passait à Yris ne pouvait lui échapper.
- L‘antiquaire a été cambriole dans la soirée, annonça-t-il.
- Vraiment, répondis-je de concert avec Glenn ?
- Oui. Une demi-douzaine de voleurs lui aurait volé une fortune en bijou.
Mon père et moi étions un peu surpris. Selon Cyd, la fille de Surman avait interrompu les voleurs lors de leur forfait et ils n’avaient pu emporter qu’un coffret.

- Un souci de moins pour toi fils !
- Un de moins seulement… D’ailleurs je ne comprends pas tout à fait ce qui se passe.
- Tu lui as tapé dans l’œil.
- Possible, connaissant les antécédents du personnage…
- Bon ! Vous avez fini la rubrique courrier du cœur ? J’aimerais bien savoir où je peux rencontrer mon commanditaire et surtout, ce que vous savez sur lui.
- Tu pourras le trouver au carrefour des routes du sud ce soir, j’ai eu la commande par un intermédiaire de confiance.
- Jamais entendu parler de Mysen, dit Cyd.

La journée s’écoula rapidement. J’essayais de comprendre le pourquoi de cette mission mais mon esprit restait embrumé. Le seul à pouvoir répondre était Mysen et j’allais le faire parler.
Je chevauchais à brides abattues jusqu’à ce carrefour. Personne. Le soleil commençait à disparaître à l’horizon
Je pris mon mal en patience en m’allongeant dans l’herbe et en observant les étoiles. En les contemplant je me rappelais le moment ou j’avais rencontré les membres de la compagnie, Ihrma la mage, Morgane la voyageuse, Hermann le déchu traître lâche vendu à Kalimsshar et j’en passe et des meilleures, les moments que nous avons partagés : les Marches Alysées, Jaspor, Griff, Fort Median, la forêt de Pomyrie…

- (Voix dans ma tête) Déjà nostalgique alors que tu commences à peine ta vie.
J‘avais l’habitude de communiquer ainsi avec mes camarades mais là, la voix n’appartenait pas a un de mes compagnons.
Une ombre passa devant Khymera, seul un bruit saccadé semblait troubler le silence de l’endroit. Devant moi trônait un dragon couleur or, ses yeux couleur rubis semblaient scruter les abîmes de mon âme.
- Je suis Mysen dragon de Khy.
- Qui ?
- Khy.
- C’était une blague.
- Assez drôle… mais j’en ai une meilleure : comment sait-on qu’un élu de Kroryn dit une connerie ?
- Je ne sais pas.
- Il ouvre la bouche.
- Hé ! héhéhéhéhéhéhé !
- Bon passons aux choses sérieuses !
- La tiare ?
- Entre autres…
Je la lui lançais.
- Cela fait longtemps que je te suis.
- Pas déçu par le spectacle ?
- Pas vraiment, tu me surprends par ton comportement marchand…
- Voleur !
- Si tu veux. Tu as risqué mainte fois ta vie sans réfléchir pour les autres comme pour racheter tes erreurs passées…
- Il convient d’insister sur le sans réfléchir.
- Pourquoi tu ne l’as pas tuée ?
- La fille de Surman ?
- Son nom est Candra de la caste des guerriers.
- Pourquoi ne m’a t elle pas dénoncé ? Y es-tu pour quelque chose c’est bien dans le style des dragons d’intervenir dans les affaires des humains ?
- Non, il semble que vos destins soient liés et que tu ais volé autres choses que de simples bijoux.
- Bien sûr.
- Tu sembles assez remonté contre les dragons.
- Disons que j’aime croire que je décide de mon destin.
- De plus en plus de dragons pensent qu’aux travers de leurs élus, ils peuvent contrôler l’humanité, je te propose de devenir aussi un élu.
- De devenir un pantin ?
- Non, de contrebalancer ces élus.
- Bien sûr ! Bon, au revoir.
- Je ne pense pas que tes parents seraient déçus.
- Glenn n’est …
- Tes vrais parents !
- Pardon ?
- Tes vrais parents, oui tu as bien entendu, je sais que cela t’obsède, je peux t’aider à les retrouver seulement si tu acceptes ce lien.
- Cela ne va t’il pas à l’encontre de ce que tu prêches ? C’est du chantage.
- Un marchandage plutôt, c’est plus dans nos tempéraments.
- Bien sûr.
Je réfléchis quelques secondes avant de lui répondre.
- J’accepte mais sache qu’un jour ou l’autre nous serons peut être opposés…

De longues minutes après le départ de Mysen, je restais allongé dans l’herbe en réfléchissant à la dernière phrase de ce dragon : "Ton avenir et ton passé en la capitale de Brorne se lient.". Une fois de plus mon errance allait reprendre.

Deuxième chapitre : le tombeau de Millardo

DESTINS CROISES
Et dire qu’il y a peu, je crapahutais dans les monts enneigés de la région de Kern en essayant d’empêcher des attardés d’Inquisiteurs de perpétrer un génocide et de semer la dévastation dans les Marches Alysées. Plus la soirée avançait et plus je trouvais que la neige, le froid et les Inquisiteurs n’étaient pas des épreuves pires que cette soirée ; en effet la guilde des marchands avait décidé d’organiser une fête en l’honneur des nouveaux membres émérites dont je faisais parti ! Génial ! Une soirée grandiose s’annonçait et dès le départ je savais ce que j’allais vivre. Une soirée à supporter des vieilles rombières prêtes à tout pour caser leurs laiderons de filles, à écouter de vieux marchands parler de leurs affaires tout en tripotant leurs pauvres bagues comme pour me faire ressentir leur ire vis à vis de mon ascension trop rapide. S’ils savaient à quel point je les méprisais et s’ils savaient qu’il y a peu, je me faisais un plaisir de détourner leurs biens.

La seule compagnie agréable que j’avais eue jusqu’à présent était celle de Corym. Ce vieil homme était un peu la mémoire des voleurs et il avait passé beaucoup de temps à essayer de m’enseigner les rudiments de l’économie, du savoir-vivre et de toutes ces petites choses qui me permettaient de me sortir de pas mal de situations périlleuses. La soirée avait commencé depuis seulement une heure et j’avais l’impression qu’une éternité s’était écoulée quand un page annonça l’arrivée de Surman Brann. Tiens donc ! Il ne manquait plus que lui, ma dernière victime.
- …et sa fille, dame Candra Brann. continua le page.
A ce moment je faillis cracher tout le contenu de mon verre au visage mon interlocuteur. Pour une surprise c’était vraiment une mauvaise surprise. Aussitôt je tentais de m’enfuir mais Corym me retint par le bras
- Tu ne connais pas Surman, une personne particulière, mais je vais te la présenter.
Et nous voilà rejoints par le père et la fille.
- Je ne pense pas que tu connaisses Nathan Fahrenheits un de mes anciens élèves.
- Seulement de réputation.
- Candra, votre présence s’était faite rare.
- Je suis revenue récemment d’Ankar.
- Ainsi même à Ankar on n’a pas pu venir à bout de votre tempérament. Je me rappelle encore de vous martyrisant les autres enfants…
Y a pas à dire, j’étais vraiment dans la panade.
- Bien ! Si nous parlions à l’écart de nos petites affaires et nous laissions ces jeunes gens entre eux "dit Corym en me lançant un sourire narquois.
Oups ! Vite filons...
- Vous n’allez pas déjà m’abandonner Nathan ?
Je dois dire que j’étais surpris. Lors de notre première rencontre, j’avais déjà remarqué sa beauté mais la voir en robe de soirée effaçait l’image d’elle en train de me menacer de sa lame. Pourtant, je n’étais pas à l’aise du tout.
- Vous semblez moins en verve que lors de notre précédente rencontre.
- Disons que les circonstances sont un peu différentes.
- Effectivement, Sieur Fahrenheits.
- Nathan ira très bien, je ne suis pas très à cheval sur le protocole.
- Enchantée de te rencontrer à nouveau, Nathan.
- Ravi de te rencontrer à nouveau, Candra.

Comment imaginer qu’elle pouvait être une guerrière ? Elle semblait être une jeune fille tout juste sortie de l’enfance, mais dans son regard sombre, on pouvait déjà lire toute la détermination d’une combattante hors pair.
- Tu as laissé ta lame au vestiaire ?
- Ne t inquiètes pas. Je n’ai pas besoin d’une lame pour me défendre.
Le fait qu’elle dise cela ne me rassurait pas du tout.
A ce moment elle m’attrapa par le bras et m’entraîna sur la terrasse. Je dois dire qu’être pendu au bras d’une des plus jolies filles d’Yris n’était pas pour me déplaire, mais sachant qui elle était, je dois dire que j’étais un peu inquiet, j’avais presque l’impression d’être une souris entre les griffes d’un tigre démon.
- Tu sembles peu loquace.
- Un peu inquiet.
- Si tu veux évoquer le vol, le fait que cet artefact ait disparu ne me gêne pas…
- J’en suis heureux.
- Par contre, le baiser…
- Oups
- J’estime que tu me dois un service
- Ou ??
- La milice.
- Je pense que je dois accepter !
- J’en suis heureuse. Connais-tu le tombeau de Millardo ?
- De réputation, selon certains érudits il s’agirait d’un repaire construit par un magicien, sa localisation est mystérieuse et ce qu’il contient l’est aussi.
- Je sais où il est et j’ai besoin d’un voleur pour y entrer.
- Et le voleur c’est moi ?
- Oui, je te donnerais de plus amples informations demain.
Et sur ces paroles elle me laissa avec mes questions, sûre du fait que j’étais contraint d’accepter. Une fois rentré chez moi, je ne mis pas longtemps à m’endormir, la nuit fut calme mais courte. En effet aux premières heures du jour, Cyd me réveilla en me disant qu’une jeune femme m’attendait.
- Bon sang ! On ne leur apprend pas respecter le sommeil des autres à Ankar !
Je descendais torse nu dans la salle ou elle m’attendait en tenue de voyage prête au départ.
- Désolé pour la tenue mais j’étais encore dans le monde des rêves il y a peu.
- J’ai étudié à Ankar je ne suis pas choqué de voir le torse d’un homme
- Mais quel homme !!
- J’aimerais que nous quittions le plus vite possible Yris.
- Cyd, prépare mes affaires et mon cheval je pars en voyage.
- De noces ?
- Très drôle, pendant que je me prépare, fais-nous servir un petit déjeuner.
Une heure après j’étais monté sur mon cheval, et nous nous élançâmes à travers les rues d’Yris
- Ou allons-nous ?
- Les montagnes de Kern.
- Super ! En plein hiver on part à la recherche du tombeau d’un magicien assez azimuté pour le construire en pleine montagne tout cela pour un baiser !

Le voyage dura une semaine. Durant cette période Candra et moi devisâmes longuement. Nous partagions nos idées. Un clivage existait. J’étais plus rebelle à la hiérarchie des Dragons tandis qu’elle semblait être plus hostile aux doctrines Humanistes. Elle restait souvent seule à méditer dans la nature lors de nos courts moments de repos, pourtant j’avais l’impression que mes sentiments envers elle changeaient.

Le tombeau de Millardo : une entrée à flanc de montagne rien de très impressionnant, nous nous engageâmes dans le passage creusé à même le roc, nous descendîmes pendant un petit moment pour atteindre notre but. Candra marchait devant et j’eus juste le temps de la plaquer au sol pour éviter la lame qui venait de tomber du plafond. J’étais contre elle et j’aurais bien aimé que cette étreinte se poursuive.
- Tu comptes rester longtemps comme ça ?
- Tu sembles bien peu reconnaissante envers ton sauveur."
- J’aurais pu m’en sortir toute seule !
- Bien sûr…
Finalement nous arrivâmes devant une porte fermée, un squelette reposait devant.
- Tiens donc ! Millardo n’aime pas les intrus ! Bon ! C’est à mon tour de jouer.

Je dois dire que la serrure était plus complexe que je l’imaginais. Il me fallut une bonne demi-heure pour ouvrir la porte et désamorcer les trois piéges qui lui étaient reliés. Je sentais le doux parfum de Candra dans mon cou et je dois dire que c’était très déconcentrant. Je sentais aussi son impatience. Qu’espérait-elle trouver dans cette sépulture ?
La porte s’ouvrit sur une vaste pièce circulaire éclairée. Nous avançâmes prudemment, tous nos sens en éveil prêts à réagir au moindre danger.
Je brisai le silence :
- On cherche quoi au fait ?
- Un recueil de contes.
- Pardon ????
- Un livre de contes, datant de plus d’un demi-siècle. Il a été écrit par un élu de Heyra et il a une grande valeur.
- On traverse les montagnes, on affronte des piéges tordus pour un LIVRE de contes écrit par un baladin adorateur du Dragon des plantes vertes !
- Qui appelles-tu "dragon des plantes vertes" ?
- Je ne tiens pas à risquer ma vie pour un livre glorifiant la mère des Prodiges.
- Il est à la gloire de la nature pas d’une personne, mais tu es trop obtus pour comprendre.
- Moi obtus ? Tu es bien placée pour parler ! Tu te sers de moi comme d’un jouet !
- Ah bon ? Qui est ce qui m’a embrassée après m’avoir paralysé ?
- Ca n’avait pas l’air de t’avoir déplu !
- Comment !? Rien que le fait que tu ais été le premier à m’embrasser …
- Ah bon ? J’étais le premier ?"
Et ça y est, elle se remet à rougir. Y a pas à dire, question sentiment on était aussi doué l’un que l’autre. A ce moment, un vent froid se leva dans la pièce, une voix d’outre-tombe retentit.
- Qui ose troubler mon repos ? Subissez mon courroux, vous qui souillez ma sépulture !
Une forme fantomatique apparut au milieu de la pièce. Aussitôt, Candra dégaina sa rapière et se prépara à attaquer, mais elle n’en eut pas le temps : le spectre avait dirigé son index vers elle, et elle s’était écroulée au sol. Immédiatement je m’élançais vers elle. Sur son visage se lisait la peur, elle était recroquevillée sur le sol en pleurs appelant sa mère.
- Tu as intérêt à lever ce sort rapidement ou bien… "
- Ou bien quoi ? Tu vas me tuer ? Je suis déjà mort ! Elle est en proie avec ses propres démons, maintenant à ton tour de subir le jugement de tes fautes !"
Un flash, des ombres autour de moi, mes mains sont couvertes de sang, un village en flammes, des cris, des pleurs, la haine puis plus rien, le blanc…
Une flaque de sang à mes pieds, une large entaille au niveau de ma jambe, la douleur m’avait sorti de ce monde d’illusion. Bien que mon épée ait traversé en partie ma jambe, j’étais conscient. En face de moi se trouvait une créature noire, de petite taille, pas un magicien… Instinctivement je plaçais mon épée entre ses deux yeux. J’avais du mal à tenir debout. Tout semblait tourner autour de moi et je ne pus que m’écrouler.

Au moment où j’ouvris les yeux, je vis Candra en train de passer la main sur ma jambe. Une lumière bleutée en émanait, peu à peu ma douleur s’atténuait.
- Le livre ?
Elle me montra un petit carnet racorni
- Ton dragon va être fier de toi !
- Pardon ?
- J’ai une amie liée à un dragon de Heyra, elle possède ce genre de pouvoir.
- Cela sera un peu douloureux pendant quelques temps, dit-elle en serrant un bandage autour de ma cuisse. Mince ! Elle n’y était pas aller de main morte, je faillis retomber dans les pommes.
- Pourquoi évites-tu le sujet ?
- Hilwan n’y est pour rien, ce livre n’a pas une grande valeur.
- Pardon ?
- Il vaut à peine le papier sur lequel il a été recopié.
L’expression sur mon visage devait être assez comique car Candra esquissa un sourire.
- Ce livre a été volé il y a 8 ans dans notre bibliothèque en même temps que plusieurs ouvrages rares…
- Alors ?
- Il appartenait à ma mère, jusqu’à…
Elle marqua une pause, essuyant quelques larmes du revers de sa manche.
- …jusqu’à sa mort. Il y a 6 ans, elle a été retrouvée morte, poignardée je crois…C’est moi qui aie trouvé le corps…Après ça, mon père a détruit tous les objets qui pouvaient rappeler sa mémoire, ce livre est le seul souvenir que j’ai d’elle.
- Silence pesant. Je connais ces moments où les blessures du passé se rappellent à nous.
- Rentrons !
Le voyage de retour vers Yris fut peu mouvementé, d’ailleurs le malaise ambiant nous incitait à nous taire. Un jour avant notre arrivée à Yris, je décidai pourtant de rompre le silence.
- Et maintenant ?
- Nous allons chacun reprendre notre route.
- Sûre de toi ?
- Nous sommes trop différents.
- Et alors ?"
- Nous ne tarderons pas à nous affronter : nos modes de pensée sont trop différents.
- ET ALORS ?
- Tu es vraiment borné.
- Non, juste amoureux !
- Dans d’autres circonstances cela aurait pu être possible…
- Tout est possible, rien n’est écrit à l’avance, cela ne tient qu’à nous de changer
- La première fois que je t’ai vu, je voulais te livrer à la milice…
- Tu le ferais maintenant ?
- Non.
- Alors quelque chose a déjà changé."
- Peut être.
- Et qu’éprouves envers moi ?
- …
- Je sais ce que tu penses. J’attendrais le jour où tu oseras me dire ce que tu ressens.
- Au revoir Nathan.
- A bientôt Candra."

Cela faisait bien une semaine que nos routes s’étaient séparées, mais je savais que nous nous reverrions bientôt. Nos destins se sont croisés et maintenant ils sont liés à jamais…

Troisième chapitre : Panique à Yris

OU comment Nathan Fahrenheits occupe les rares moments de répit que lui laisse sa compagnie.

Il pleuvait. A travers la fenêtre de mon bureau je contemplais Yris. Deux semaines que j’étais rentré. D’habitude le printemps à Yris était plutôt ensoleillé mais là, la pluie n’avait pas cessé de tomber depuis mon retour, un peu comme si les éléments avait voulu purifier cette ville du mal qui l’habitait.

Enfin, deux semaines de repos depuis que je m’étais séparé des membres de ma compagnie. J’espérais pouvoir me consacrer à mes affaires mais le cœur n’y était pas, l’influence du temps peut être ou l’absence d’une personne plus probablement. Cela faisait bien deux mois que je n’avais pas eus de nouvelles d’elle. D’après son père, elle serait partie pour Temeth. Aujourd’hui j’avais passé ma matinée à faire mes comptes dans la salle à manger de mon auberge. J’en avais profité pour écouter les différentes rumeurs qui circulaient : la chute de Filligran, le négociant de Sermande (pas ma faute, je vous le jure ! enfin j’y suis presque pour rien), les affrontements venant d’Ankar… Le fait qui m’avait le plus marqué était que depuis plus de deux mois, à intervalles réguliers, des cadavres d’enfants dépecés furent découvert dans les rues d’Yris. Pour le moment les autorités ne s’en mêlaient pas trop, les victimes étant de jeunes vagabonds vivant dans la rue. Toujours la même chose : les Protecteurs ne s’intéressent qu’aux gens respectables, les rats de la rue ne les intéressent pas. Voilà une journée passée à faire mes comptes je dois dire que je les avais laissés en plan depuis plus de deux mois et que le retard que j’avis dû rattraper avait été conséquent. La nuit devait être bien avancée quand j’arrivais finalement à fermer mon livre de comptes.
Je me préparais à aller me coucher quand Kira (mon tigre-démon – c’est quand même plus classe qu’un Yorkshire) se tourna en grognant vers l’entrée. Une personne enveloppée dans un grand manteau était dans le hall.
- Désolé mais l’auberge est fermée.
- …
- Je suis désolé mais nous n’accueillons plus de client à cette heure ci.
La personne sortit un anneau de sa poche et me le tendit.
- Pour moi ? Désolé mais mon cœur est déjà pris…
- Candra m’envoie vous porter cet objet.
Maintenant que je l’avais dans la main cette bague se révéla être une boucle d’oreille, faite d’argent, dont les motifs représentaient des feuilles qui entouraient une pierre précieuse verte (une émeraude probablement). J’avais l’habitude de voir passer des bijoux entre mes mains, mais celui-ci était assez particulier : l’Artisan qui avait créé ce bijou en avait fait un modèle de sobriété, pourtant on sentait qu’il avait longuement travaillé celui-ci. Candra…
- Bel ouvrage.
- Vous semblez troublé
L’homme venait de retirer son manteau. Il était imposant, sa peau était mate, ses longs cheveux noirs étaient retenus par une multitude de tresses (Rasta style), ses mains étaient recouvertes de gantelets d’acier, ses bottes étant elles même renforcées par la même matière.
- Excusez-moi, je suis un peu fatigué. Mais qui êtes-vous au fait ?
- Je m’appelle REYNER et j’appartiens aux poings de Kezyr.
Je connais ce groupe (cf. le site) mais je ne voyais pas exactement le rapport entre la boucle d’oreille et un groupe de soldat.
- Je suis aussi le créateur de ces boucles d’oreille.
- Ces boucles d’oreille ?
- Oui, je les ai créées à la demande de Dame Candra.
- CANDRA !?
- Je l’ai rencontrée sur la route de Temeth et elle m’a demandé de créer ces boucles d’oreille. Et comme je devais partir en direction d’Yris, elle m’a confié l’une des boucles en me donnant une adresse pour que je la remette au sieur Nathan Fahrenheits. Et elle a ajouté que vous deviez la porter ou elle vous botterait les fesses jusqu’à Ankar !
Pas de doute c’était bien elle.
- Elle m’a aussi donné ce message pour vous.
Je lus la missive :
« Nathan,
Accepte ce cadeau en témoignage de mes sentiments. Considère que ces bijoux renforceront le lien qui nous unis malgré la distance qui nous sépare.
CANDRA
PS : Reyner est en mission à Yris, il aura sûrement besoin de ton aide.
PPS : Tu as intérêt à porter cette boucle d’oreille ou je te botterais vraiment les fesses jusqu’à Ankar ! »
- Vous avez dû faire un long voyage, je vais vous faire préparer une chambre et un repas, puis demain vous m’expliquerez ce que vous venez faire à Yris.
- Je vous remercie de votre accueil, mais je préférais que l’on se tutoie, j’ai à peine 26 ans et d’où je viens, les bonnes manières sont peu utiles pour survivre.
- D’accord. Je vais t’accompagner jusqu’à ta chambre.

Après l’avoir accompagné à une chambre, je regagnais la mienne et je m’écroulais dans mon lit, la boucle d’oreille toujours serrée dans ma main. Instinctivement je la fixai à mon oreille droite.
Je ne mis pas longtemps à sombrer dans le sommeil.
Mes rêves furent assez particuliers : une vaste foret, une impression de tranquillité, de sérénité, Candra sous un arbre, elle semblait sereine…
Cela faisait bien longtemps que je n’avais passé une nuit aussi tranquille. Le réveil fut rapide. J’étais en pleine forme, presque joyeux. Dans le salon privé, je retrouvais Reyner attablé devant quatre grandes assiettes vides. Il s’apprêtait à attaquer sa cinquième assiette quand je m’assis en face de lui.
- Sacré appétit !
- Ca change de mes rations de survie ! T’as l’air d’avoir passé une bonne nuit.
- …Oui, plutôt bonne.
- T’as donc porté la boucle d’oreille, Glurp Glurp (bruits de mastication). C’est Candra qui m’a demandé de les fabriquer à partir de deux émeraudes, deux pierres jumelles, qu’elle avait acquises à Temeth. Elle m’a demandé d’en faire une paire de boucles d’oreille.
- Temeth ? Dis j’en passant ma main à mon oreille.
- Pas d’inquiétude, elle les a acquises à Temeth, mais elle m’a précisé que le pouvoir magique de ces pierres n’avait rien à voir avec Heyra.
- MAGIQUE !!!!!!
- Avec un lien, ou un truc dans le genre. Une sorte de partage se déclenchant lors du sommeil… Elle a l’air de t’apprécier beaucoup la gamine…
- Elle m’a dit que tu avais certaines accointances avec le milieu et que p’têt’ bien qu’tu pourrais m’aider pour une mission.
Et vlan ! une tape monumentale dans mon épaule. Ahh ! Il me l’avait déboîté. Putain ! je me tordais de douleurs.
- Ben ? Qu’est ce que t’as ? T’es tout pâle.
Seconde tape. Tiens ! Mon épaule était à nouveau en place.
- Bon je crois que je vais t’aider mais pas d’effusions s’il te plait.
- Merci ! et mille fois merci !
Et là, il me prit les deux mains et les serra dans les siennes. Ouf ! il ne m’avait rien cassé cette fois.
- Et cette mission ?
- Bien, j’ai pour mission de retrouver un enfant. Ses parents habitent un petit village à mi-chemin entre Temeth et Yris. Il s’est enfui de chez lui il y a 2 mois.
- T’es sûr qu’il est à Yris ?
- Ses parents m’ont expliqué qu’il était fasciné par Yris. De plus j’ai retrouvé la caravane avec laquelle il avait voyagé jusque dans cette ville.
- En gros il faut retrouver un enfant dans Yris. T’as rien de plus précis ?
Il sortit un calepin de sa veste.
- Il s’appelle Syrem. Il est âgé de 12 ans, il a les yeux bleus, des cheveux noirs avec une grande mèche blanche, consécutive a une cicatrice.
- Bien. Il connaît quelqu’un à Yris ?
- Non, sa famille a toujours vécu dans leur village, mais il est sur la route Temeth-Yris alors il a dû écouter des histoires colportées par les voyageurs et décider de venir ici.
- bien sûr… Bon ! Trouver un enfant dans Yris n’est pas une mince affaire. Sachant qu’il est sans ressources et avec sa description on pourra peut-être le retrouver.

Retrouver un enfant dans Yris ? Quelle gageure ! Pas évident, mais pas encore mission impossible. A l’heure du déjeuner, nous quittâmes l’auberge : direction les bas quartiers, plus précisément un hôtel particulier assez imposant au détour d’un coupe gorge. Cette vieille bâtisse… tant de souvenirs y étaient liés : j’y avais appris sous la férule de Glenn les bases de ma profession, tant de journées à suer, à étudier, à m’entraîner, à lire et à écouter… Dans ses murs, j’avais passé quatre ans à me former.
- Qui va là ? La personne qui avait dit cela était une enfant d’une dizaine d’années.
- Je suis Nathan Fahrenheits, je voudrais m’entretenir avec Maître Drieker.
Après Trois minutes d’attente nous entrâmes dans un bureau. Un vieil homme voûté nous y attendait, assis autour de lui une demi-douzaine d’enfants.
- Cela fait bien longtemps Nathan. Regardez le bien, jeunes gens, voici un riche marchand, l’un de ceux que vous devrez délester de leurs biens.
- Pardon, mais pour la nième fois : JE NE SUIS PAS UN MARCHAND MAIS UN VOLEUR !!!!
- Rectification jeunes gens. Voici le voleur le plus commerçant d’Yris, un de mes meilleurs élèves. Comment va Glenn ?
- Bien à croire qu’il est increvable.
A ces mots, les jeunes élèves échangèrent des murmures. Glenn possédait encore une belle réputation auprès des plus jeunes.
- Que viens-tu faire ici ? Je doute que tu sois simplement venu écouter les élucubrations d’un vieil homme.
- Non, en fait mon camarade et moi sommes à la recherche d’un enfant.
- Un enfant en général ? Fais ton choix.
- Non, un en particulier. Syrem, il a une mèche blanche et est âgé de 12 ans.
- Est-ce que l’un d’entre vous le connaît ? dit-il en se tournant vers ses élèves.
Une petite voix venant de l’arrière :
- Je l’ai vu traîner récemment dans le quartier des docks.
- Les docks ? au moins cela limite mon champ de recherche.
- Je demanderais bien à mes élèves de le rechercher mais en raison des récentes disparitions d’enfants je préfère les garder auprès de moi …
- Je comprends. Est-ce que tes élèves ont été victimes de ces crimes ?
- Non, heureusement ! Mais j’espère qu’ils s’arrêteront vite et j’espère que l’enfant que tu recherches n’en a pas été victime.
- Je l’espère aussi.
L’heure du midi, l’estomac sur jambes qui m’accompagne se réveillait.
- Nathan j’ai faim.
- Sans blague ? Avec ce que tu as mangé ce matin, je pensais que tu pourrais tenir une semaine !
- Oui mais, j’ai faim.
- T’inquiète, je connais un restaurant, tout prés. On mange un peu, puis direction les docks.

Un peu, Reyner et moi n’avions sûrement pas la même notion de la quantité. Au moins nous pûmes passer un certain temps à nous raconter nos aventures. J’en appris un peu plus sur sa vie. Elève Artisan joaillier à Yris il eut la malheureuse idée de séduire la jeune femme de son maître. Dénoncé auprès des autorités par celui-ci comme Humaniste, il ne du son salut qu’à la fuite. Pour échapper à ses poursuivants il intégra les poings de Kezyr. Ses premières missions se déroulèrent dans les territoires Zûl, pour sécuriser les caravanes. C’est là qu’il rencontra un vieil artisan qui lui tatoua "Force de la terre" en remerciement de ses services. Puis il décida de prendre la route pour offrir son assistance à toute personne qui en émettrait le besoin.

Une fois le repas fini il me demanda de l’attendre à l’extérieur. Bon sang, mais qu’est ce qu’il faisait ? On n’avait pas que cela à faire. J’allais le récupérer quand il sortit en courant en me hurlant :
- Cours !
- Hein ?
- Cours !
Il était poursuivi par une demi-douzaine de solides gaillards. Aussitôt je me mis à courir. Grâce à ma connaissance des rues, nous réussîmes à les semer assez facilement.
- Qu’est ce que tu as fait ?
- T’as vu le gros avec le grand couteau ?
- Ouais…
- J’ai dragué sa femme.
- Quoi ?? J’hallucine ! Tu ne peux pas te retenir ! La moindre femme, tu essayes…attends un petit peu ! »
- Quoi ?
- Candra !
- Quoi Candra ? il devint blême
- Tu n’as quand même pas…
- Si.
- Et ?
- Elle m’a mis sa main dans la figure, puis elle m’a dit que je lui devais un service en dédommagement.
- Tiens donc ! Un classique, elle m’a fait le coup à moi aussi.
- En gros elle m’a demandé de fabriquer les boucles d’oreille.
- Bien sûr ! Toujours la même méthode. Bon, si on retrouvait ce gamin.
- Une question…
- Oui ?
- Pourquoi as-tu accepté de m’aider sans rien dire ?
- J‘ai vécu dans les rues d’Yris quand j’étais enfant.
- Ok, je comprends.

Sur ces mots nous nous dirigeâmes vers les docks. Quatre heures à errer dans ce quartier. Personne ne l’avait vu depuis trois jours, comme s’il avait disparu de la surface de Kor. Nous étions prêts à renoncer et nous rebroussions chemin quand…
- Vous semblez perdu messieurs.
C’était un enfant qui avait prononcé ces mots. J’étais marqué par ses yeux, ceux-ci étaient de couleurs différentes. Et Reyner de recommencer la description de SYREM.
- Je l’ai vu hier, il a été emmené par des hommes dans un carrosse.
- Super ! rien d’autre ?
- Sur le carrosse, il y avait un blason : un cygne blanc sur fond bleu.
- Merci petit.
- De rien Nathan Fahrenheits.
Nous nous retournâmes, Reyner et moi, mais l’enfant avait disparu.
- Nathan .
- Oui ?
- C’est normal, un enfant qui disparaît ainsi ?
- C’est pas le problème. Pour le moment on doit rendre visite au comte Thargel.
- Pardon.
- Il s’agit de ses armoiries.
- Et ?
- Un vieux fou richissime, il vit dans un manoir en périphérie de la ville, c’est l’héritier d’une grande fortune.
La nuit tombée, nous atteignîmes le manoir du comte.
- Putain ! C’est sinistre.
Je dois dire que j’étais d’accord avec Reyner, la brume venait de se lever et le manoir n’en était que plus effrayant.
- Comment on fait pour rentrer, monsieur le voleur ? On escalade le mur ? On force la porte ? On se casse ?
- On ouvre la porte.
- Et ???
- On entre.
- On ouvre la porte et on entre ! Bien sûr ! et on dit "excusez-moi s’il vous plait, on vient pour récupérer un enfant que vous avez kidnappé", et le dragon il repli la feuille d’alu sur la plaque de chocolat ! T’as pas été bercé trop prés du mur ??
- La porte de derrière.
- Et tu forceras la serrure ou on enfoncera la porte ?
- On ouvrira la porte avec la clé.
- Quoi ? Ou tu as trouvé la clé ?
- Disons que la guilde possède certains moyens.

La porte s’ouvrit sans difficulté. Nous venions de débarquer dans le jardin. Les plantes poussaient de façon anarchique, les arbres se dressaient étendant leurs branches comme pour déchirer Khymera de leurs griffes ; l’endroit n’était pas très gai. Il fallait dire que nous étions en plein milieu du cimetière de la famille Thargel. Reyner et moi avions eu juste le temps de nous glisser dans un fossé, un curieux équipage approchait, une dizaine de types encagoulés poussant en avant trois enfants. Ils disparurent en entrant dans une crypte proche.
- T’as vu ?
- Le troisième gamin, celui avec une mèche blanche ?
- Ouais, qu’est ce qu’on fait ?
- On descend…
- Ce que je craignais.
- T’es Claustro. ?
- Ben oui.
- Bon tu respires à fond et tu rentres dans la crypte.
- Super ! Bon, quand faut y aller.
Je dois dire que je n’en menais pas large, depuis ma tendre enfance j’avais la phobie des souterrains.
Un escalier, Reyner et moi descendîmes discrètement, tellement discrètement que nous arrivâmes dans le dos de deux guignols encapuchonnés Reyner leurs brisa les cervicales, nous leurs empruntâmes leurs oripeaux.
Après avoir caché les cadavres, nous poursuivîmes notre descente.
- Qu’est ce que nous allons faire ?
- Délivrer le gamin des Kalimsshariens, me répondit naturellement Reyner.
- Quels Kalimsshariens ?
- Les mecs en capuche noire.
- C’est si facile que cela ?
- Ben oui : des capuches noires, des kidnappeurs d’enfant, des réunions dans des cryptes…
- Dans ce cas, autant brûler tous les types habillés en noir.
- Et les assassinats d’enfants, tu ne fais pas le lien ?
- Le lien peut-être, mais pas avec des Kalimsshariens automatiquement.
- Ouais mais…
- Thargel est un magicien, un suivant de Nenya, je ne l’imagine pas tourner sa veste aussi facilement.
- T‘es sûr ?
- J’ai vu des gens asservis par le pouvoir (Hermann le déchu, ancien prodige vendu, voleur de savoir, suceur de dragon noir, recherché par tous les prodiges) mais je n’imagine pas Thargel avoir changé comme cela . Il était un modèle de vertu. Je te parie un repas que c’est pas des séides de Kalimsshar.

Nous continuions à avancer, mais malheureusement nous ne vîmes pas le piége. Une lumière nous aveugla, nous nous retrouvâmes inconscients.
Quand je me réveillai, j’étais accroché à un mur. Reyner était à ma droite, lui aussi attaché au mur. A ma gauche, les trois enfants étaient accrochés inconscients.
Un jeune homme était debout face à moi. C’était bizarre, il me rappelait Thargel, son fils peut-être… Derrière lui se tenaient une assemblée d’une dizaine de personnes âgées, des têtes connus, pour la plupart de riches Marchands, des Erudits influents et un Protecteur massif.
- Vous devez commencer à vous demander ce qui se passe ici ?
- Un club du troisième age, dit Reyner ?
- L’élection du vieillard le plus moche d’Yris ? Dommage que Thargel ne soit pas là, il aurait gagné haut la main, dis-je.
- QUOI ?! COMMENT OSES-TU M’INSULTER AINSI ?!
Erreur, ce n’était pas son fils.
- Je croyais qu’il s’agissait d’un vieux.
- Moi aussi, mais il semble plus jeune. Par contre, il est toujours aussi moche.
- QUOI ?
- C’est vrai qu’il est laid !
- Laid ? T’es sympa, un corrompu est laid, lui, il est ultra laid.
- Taisez-vous ! sinon…
- Donc il enlève des enfants mais pourquoi ??
- Peut être en a t-il besoin pour se rajeunir.
- C’est donc un Kalimssharien.
- COMMENT OSEZ-VOUS ? SEULE NENYA POSSEDE LE POUVOIR MAGIQUE NECESSAIRE. ET BIENTOT VOUS NOUS SERVIREZ DE CATALYSEUR VOUS AUSSI. »
- Tu me dois un repas : ce n’est pas un suivant de Kalimsshar.
- OK, on leur latte les fesses puis on va manger.

A ce moment, à leur grande stupeur, Reyner arrache ses entraves et se rue sur les deux gardes armés. Le premier se fit arracher la tête à coup de pied tandis que le second voyait son thorax réduit en miettes suite à une pression brusque des deux mains de Reyner sur sa poitrine. Pendant ce temps, mon bracelet arrachait mes entraves et je me ruai sur le garde le plus proche, ma lame décrivit un large mouvement circulaire sur sa gorge, il s’écroula au sol.
« Nathan ! Derrière toi !!!! » Me hurla Reyner.
Derrière moi, une boule incandescente commençait à naître dans la main de Thargel. Instinctivement, je lançai une fiole vers sa main. Celle-ci se brisa au contact des flammes et Thargel explosa. Plusieurs vieillards furent touchés par l’explosion. Seul le vieux Protecteur se tenait face à Reyner. Celui-ci s’élança et le Protecteur s’écroula au sol en tenant son cœur sans que Reyner n’ait eu à porter le moindre coup.
- Ramasse les enfants, lui dis-je.
Sur cela, nous nous élançâmes vers la sortie et mîmes le plus de distance entre le manoir et nous. Après avoir déposé les enfants à Drieker, nous décidâmes d’aller nous restaurer.
- C’était un Kalimssharien, tu me dois un repas.
- Pardon ? Il a dit que c’était un serviteur de Nenya. Tu me dois un repas.
- T’as déjà vu un suivant de Nenya faire cela, ça n’a rien à voir avec de la magie des rêves.
- Peut être, mais je ne pense pas que Kalimsshar soit responsable, il s’agit d’un vieil homme désespéré qui a voulu retrouver sa jeunesse.
- Et ce n’est pas kalimssharien ?
- Non juste la peur de vieillir, il pensait être en accord avec ce qu’il avait respecté durant sa vie de serviteur de Nenya, mais obnubilé comme il était, il a perdu contact avec ses idées.
Un long moment de silence
- On fait 50-50 pour le repas ?
- D’accord.

Quatrième Chapitre : l’adieu aux larmes

Déjà deux jours depuis mon retour à Yris, deux jours pour m’apercevoir que j’aurais mieux fait de prendre des vacances très loin. On ne pouvait pas dire que ma situation était appréciable. Je savais déjà que j’étais recherché pour hérésie et j’avais préféré prendre mes quartiers dans mon domaine des Marches Alysées où heureusement, l’influence du roi Flar et ma bonne réputation me protégeaient des poursuites (ben oui, être fait chevalier des Marches Alysées ça a quand même un petit intérêt). Mais lors de cet intermède de tranquillité, la prime mise sur ma tête avait triplé et la pression s’était accentuée pour me retrouver.
Alors, pourquoi venir me jeter ainsi dans la gueule du dragon ?
Un rêve récurrent, un appel à l’aide. Cette vision qui me réveillait en pleine nuit. Candra appelant au secours, désespérée. Je ressentais sa douleur comme si elle était mienne.

Cela avait commencé il y a une semaine et cela m’assaillait toutes les nuits. Aussitôt j’avais décidé de partir pour Yris.
Voilà où j’en étais, deux jours à errer en ville pour m’apercevoir que ma tête valait de plus en plus cher et que tous ceux qui pouvaient m’aider me traitaient comme un pestiféré. La plupart d’entre eux me jetèrent dehors, en maudissant mon appartenance à la même caste que moi, les empêchant de me livrer à la justice. La raison de leur ire était le décès de Surman Brann et l’enlèvement de sa fille. J’avais été vu sur les lieux et rapidement les autorités m’avaient désigné comme coupable. Le fait que je sois catalogué hérétique ne faisait rien pour améliorer ma réputation. J’avais déjà passé une nuit dans la rue et mon principal souci était d’échapper à la milice. J’étais perdu dans mes pensées quand j’entendis :
- HALTE !
Trois miliciens se tenaient face à moi, me regardant d’un œil goguenard.
- Qu’ y a-t-il ?
- Posez votre arme Nathan Fahrenheits !
- …
- A nous la récompense de quatre pièces d’or !
Nous étions dans une rue désertée par la population, la pluie forte qui me glaçait jusqu’aux os.
- A votre place, je partirai sans demander mon reste.
Deux miliciens se retournèrent tandis que leur camarade me menaçait de son épée. Devant se tenait une personne emmitouflée dans une grande cape noire. Seuls ses yeux étaient visibles, des yeux bleu azur, on pouvait y lire une volonté inébranlable.
- Je réitère mon conseil, fuyez ou vous périrez.
- Et comment vas-tu faire pour nous faire fuir, tu es seul contre trois.
- Ouais ! Et qui t’es pour t’interposer face à la justice des Dragons ? Tu prends la défense d’un hérétique doublé d’un assassin.
- Mon nom importe peu, mais je maintiens mon conseil : partez si vous voulez vivre.
- Non, toi tu vas mou…
Le milicien n’eut pas le temps de finir sa phrase, d’un mouvement rapide, une épée avait tranché sa gorge. Immédiatement les deux autres s’élancèrent vers le meurtrier de leur camarade.
Un instant après, deux corps supplémentaires jonchaient le pavé humide. L’individu était en train d’essuyer sa lame avec la cape d’un de ses adversaires. Il s’agissait d’une longue lame à un seul tranchant sur laquelle se reflétait la mince lumière distillée par Khymera.
- Si nous quittions les lieux, je préfère éviter de perdre mon temps avec des minables de ce genre.
- Et ?
- Faites-moi confiance, je suis de votre coté, monsieur Fahrenheits.
Je sentais qu’il me disait la vérité, enfin, j’espérais.
- Allons-y.
Il s’élança d’un pas alerte dans les rues d’Yris. Nous nous enfonçâmes rapidement dans des ruelles étroites, notre course nous fit traverser les quartiers mal famés pour nous mener devant la porte d’un hôtel particulier abandonné.
- Bienvenue dans mon domaine. Cela ne paie pas de mine mais le quartier est tranquille et le loyer peu onéreux.
Nous entrâmes dans l’hôtel, un silence de mort planait. Mon hôte ouvrit une porte qui donnait sur un bureau.
Il lança sa cape sur un fauteuil couvert de poussière. Face à moi se tenait un jeune homme à peine plus âgé que moi. Il avait des cheveux châtains bouclés coiffés en bataille, des yeux bleu azur, ses vêtements étaient d’un type assez particulier pas vraiment du type de ceux portés par les habitants de Solyr, plus proche de ceux portés par certains voyageurs que j’avais rencontrés dans les Marches Alysées et venant du nord. A son coté pendait son épée.
- Il s’agit d’un model unique créé par un artisan humaniste. Elle allie la rapidité de l’épée du duelliste et la pouvoir létal des meilleures armes d’Ankar. La garde aurait été faite à partir d’une dent de dragon, l’acier est de qualité supérieure et il aurait été trempé 250 fois. Cette arme est à toute épreuve : j’ai déjà bloqué des épées à deux mains avec et jamais elle n’en a souffert.
- Pardon ?
- Mon épée, vous sembliez intrigué. Vous la regardiez avec suspicion.
- Oui, c’est à dire…
Il alla vers un petit meuble dont il sortit une bouteille contenant un liquide de couleur rubis et deux verres.
- Un petit remontant ?
La boisson qu’il me servit avait un goût particulier, fruité et à la fois agressive.
- Je me présente : Daemon Fenris.
- Et que me vaut votre aide ?
- C’est purement gratuit.
- Bien sûr (combien de fois avais-je entendu cela) !
- On ne peut vous tromper ? Mais d’abord mettons les choses au point.
- Je n’ai pas le temps, je dois retrouver..
- Candra Brann ?
J‘étais blême.
- Faisons le point. vous vous appelez Nathan Fahrenheits, vous avez été trouvé dans les rues d’Yris, êtes devenu marchand, avez participé au sauvetage d’un royaume arboricole, avez contribué à l’assassinat de Flavier…
- Hein ?
- Je suis bien renseigné mais le meilleur reste à venir. Vous étiez à l’origine poursuivie pour hérésie mais aujourd’hui vous êtes poursuivi pour le meurtre de Surman Brann et l’enlèvement de sa fille.
- Quand cela a-t-il eu lieu ?
- Il y a huit jours.
- Mais j’étais….
- Dans votre domaine des Marches Alysées.
- Y a-t-il quelque chose que vous ignoriez ?
- Non, sur vous non. Je mets un point d’honneur à tout connaître de ma proie.
Instinctivement je portais ma main à mon arme.
- Lâcher votre arme, vous ne l’auriez même pas dégainé que je vous aurais déjà frappé. "Proie" n’était peut être pas la bonne terminologie, disons simplement que j’ai été engagé pour vous retrouver.
- Et par qui ?
- Vos parents.
- Pardon, mes quoi ?
- Vos parents, ils m’ont engagé pour vous retrouver et vous ramener chez vous.
- Je suis…
- Orphelin ?
- Je peux ?
- Finir vos phrases ?
- Exactement.
- D’accord, mais je peux répondre à votre question sur vos parents. Ils m’ont engagé il y a 3 mois pour vous retrouver.
- Et comment savent-ils que je suis leur fils ?
- Cela remonte à 21 ans, juste après votre naissance, vos parents étaient en visite à Yris mais vous avez été enlevé par une tierce personne qui vous abandonné devant un orphelinat. De là vous vous en êtes enfui pour vivre dans la rue, puis vous avez intégré la famille fahrenheits pour accéder à la caste des marchands…
- Et alors en quoi cela établi un lien entre eux et moi ?
- Vous avez une marque de naissance au niveau de l’épaule droite en forme de "J" majuscule, d’après votre mère. De plus j’ai retrouvé la personne qui vous avait enlevé et elle m’a avoué vous avoir abandonné devant un orphelinat et pour qui elle avait agi. A l’orphelinat j’ai retrouvé vos affaires, de là je vous ai identifié par le biais de camarades d’orphelinat, de plus j’ai retrouvé votre père adoptif qui a confirmé mes doutes. De là j’ai découvert l’existence de votre domaine dans les Marches Alysées. J’en ai averti vos parents qui se sont empressés de s’y rendre mais vous étiez déjà parti. J’ai reçu la nouvelle hier et ils m’ont demandé de vous retrouver avant que vous ne soyez appréhendé.
La marque sur mon épaule…
- Et Candra ?
- Elle a disparu il y a 8 jours. Le manoir a été attaqué, son père assassiné et elle, enlevée. Divers témoignages vous ont identifié.
- …
- Ma mission est de vous ramener sain et sauf chez vous. Je sais pertinemment que vous ne partirez pas sans Candra et donc je suis bien obligé de vous aider.
- Pourquoi ?
- J’ai promis de vous ramener à vos parents et ils me paient assez pour que je n’aie pas à leur facturer un quelconque extra.
- Et que fait-on ?
- Tout d’abord on dort, puis on réfléchira.
Daemon me conduisit dans une petite pièce où se trouvait une paillasse.
- Je te laisse mon lit pour cette nuit, de toute façon je ne dors pas.
Une nuit passée sur cette paillasse. Super ! Je ne me voyais pas dormir, trop perturbé que j’étais. Une musique mélancolique venant du bureau de Daemon envahit la pièce, peu à peu mes paupières se firent plus lourdes et finalement je parvins à m’assoupir…
Un nouveau rêve : toujours Candra enchaînée, mais cette fois, des détails m’assaillent des visages, un lieu, des impressions. Le matin, une douce lumière me baignait. Je sortais précipitamment de la pièce pour tomber face à Daemon.
- Bonjour…Que me vaut ce réveil tonitruant ?
- Je sais où est Candra, je l’ai vu enchaînée.
- Enchaînée, me dit-il en me lançant un regard lubrique ?
- Je sais où elle est, lui dis-je en le prenant par le col !!!!!!
- CCCC’esssstttttttttt bonnnn ttttuu ppppeeeuuxx mmmeee lllllaaacccchhhheeeeerrrrrr.
- Merci je peux respirer. Tu l’as vu où ?
- Dans un rêve.
- Putain ! Je ne savais pas que mon alcool était aussi fort…
- Je ne plaisante pas, elle est chez Ving Rhames.
- Attends. Ving Rhames, c’est pas un Protecteur ?
- Un Inquisiteur.
- Tu m’expliques le rapport.
- Il y a quatre ans, j’ai volé un objet confié à sa garde et depuis, il aurait gardé une certaine rancœur.
- De là à enlever ta copine ?
- Il est connu pour sa cruauté. S’il pouvait m’atteindre à travers elle cela ne lui poserait aucun problème. »
- Reste ici, je vais essayer de savoir où il crèche.

Je passais ma journée à attendre son retour, fondant tous mes espoirs sur mes quelques contacts restant à Yris, espérant qu’ils pourraient aider Daemon.
En fin d’après midi, Daemon revint.
- Ton copain Ving s’est acheté récemment une résidence secondaire à environ une demi-journée de cheval d’ici, j’ai déjà deux chevaux prêts à partir.
Aussitôt nous partîmes à brides abattues.
Le voyage fut rapide. Nous atteignîmes notre objectif, une demeure à un étage situé en bordure de forêt.
- Cela ressemble à ton rêve.
- C’est exactement l’endroit.
- D’ici j’ai repéré deux gardes devant la porte et probablement un troisième à l’étage, de plus quatre chevaux sont attachés à l’entrée ce qui nous fait environ 7 opposants au minimum. Dommage que l’on ne sache où elle est.
- Au premier étage…Enfin, dans mon rêve.
- Super ! T’as un plan ?
- Ouais, il y a une treille à l’arrière qui me permettra d’atteindre l’étage.
- Et pendant ce temps je ferais diversion.
- Tu y arriveras ?
- No problemo !

Rapidement je rejoignis l’arrière de la demeure. Escalader la treille fut facile. A l’étage je tombais dans le dos d’un garde, d’un bon coup sur la tête je l’envoyais dans le monde de Nenya.
La porte céda rapidement. Derrière, je trouvais Candra enchaînée au sol et couverte d’ecchymoses. Bon sang ! Ving allait me le payer. Elle était inconsciente mais vivante. Il m’était impossible de descendre par la treille, je devais donc passer par la porte en la portant. Dehors des cris transperçaient la nuit.
- Nathan, murmura-t-elle en se réveillant ?
- Chut, garde tes forces.
- C’est un piège, Ving t’attendait, il a placé des hommes un peu partout.
J’arrivais dans la cour centrale, personne…
- Vous nous quittez Nathan ?
Dehors Ving m‘attendait avec deux hommes en armes.
- Je savais que vous viendriez la sauver, je n’ai plus eu qu’à vous attendre. Je dois dire que je vais profiter de vos derniers moments…à tous les deux.
- Ordure.
- Et pour ton comparse, n’espère plus rien : il doit déjà être mort maintenant.
- …
- Si on m’avait donné un Drac de fer a chaque fois qu’on m’a dit cela…
Devant nous se tenait Daemon rayonnant :
- Bon les p’tites tapettes, qui veut voir ses boyaux se répandre à l’extérieure ? Excuse-moi Nathan, c’était trop long de faire une diversion alors je me suis décidé à aller latter des blaireaux.
Les deux sbires se dirigèrent vers Daemon.
- Qui veut mourir en premier ?

Les deux hommes s’élancèrent vers lui. Immédiatement, Daemon bloqua le premier, en se décalant vers la droite. Il réussit à atteindre son premier adversaire à la jambe. Le sang s’écoula à grand jet et l’homme s’écroula à terre. Le second adversaire pensa profiter du décès de son camarade pour attaquer Daemon par surprise, seulement celui-ci avait prévu le coup et il plaça sa lame dans le cou de son attaquant.
- Alors Ving, prêt à mourir ?

Visiblement, Daemon était fatigué, il respirait bruyamment comme si sa volonté de combattre dépassait ses capacités physiques. Devant lui se tenait Ving en arme avec son bouclier dragon, il n’y avait aucun doute qu’il allait l’emporter. Je devais l’aider.
- Nathan ! N’y pense même pas ! Je l’affronterai et je gagnerai !
Dans son regard on pouvait une détermination hors du commun.
- Quel optimisme débordant ! Et qu’allez-vous faire avec votre jouet face à mon bouclier ?
Daemon replaça son épée dans son fourreau.
- Choix judicieux jeune homme au moins vous vous épargnerez bien des fatigues en acceptant votre destin.
Un large sourire se lisait sur le visage de Daemon.
Ils étaient face à face.

Daemon s’élança vers Ving celui-ci s’apprêtait à bloquer l’attaque avec son bouclier pour contre attaquer dans la foulée. La lame de Daemon surgit de son fourreau et frappa le bouclier. En fait, elle le transperça et continua sa danse mortelle à travers le corps de Ving lui arrachant le haut du corps.
- Idiot ! Avant même le début du combat tu étais vaincu ! Comment peux-tu t’appeler "Protecteur" alors que tu es incapable de te protéger toi-même !
Il se tourna vers moi.
- Donne-moi tes bagues.
- Hein ?
- T’inquiètes, j’ai un plan.
- Je les lui confiais.
Je m‘éloignais en portant Candra dans mes bras.
- Qui est ce, me demanda-t-elle ?
- Un employé de mes parents, enfin d’après ce qu’il m’a dit. Mais pour le moment, soigne tes blessures.
- Et comment ?
- Impose-toi les mains… enfin, fais le truc des élus d’Heyra.
- Je ne suis plus une élue…
- Bon, je suis bon pour te panser avec un morceau de tissu !
Daemon revint en courant.
- Quittons les lieux avant que l’on remarque l’incendie.
- L’incendie ??

Une fois au loin, nous pouvions apercevoir une épaisse volute de fumée qui s’élevait du domaine.
Nous retournâmes rapidement à Yris où Daemon fit venir un médecin pour Candra. J’appris qu‘elle avait perdu son lien en refusant d’aider les autorités de Temeth à me capturer.
Grâce aux soins elle reprit rapidement des forces. De plus, officiellement, j’étais mort dans un incendie depuis que Daemon avait placé mes symboles de caste sur un des cadavres défigurés qu’il avait abandonné. De plus, il s’était arrangé pour que l’un des cadavres calcinés porte des effets féminins et les armes d’un duelliste. Pour le commun des mortels, Nathan Fahrenheits avait péri dans les flammes et avait entraîné Candra Brann dans son funeste destin. Daemon fut très prévenant envers nous. Il s’était débrouillé pour nous fournir de fausses identités pour quitter la ville et s’était arrangé pour prévenir mes camarades de ma défection.
Deux jours après, j’étais sur les quais avec Candra. Daemon s’était arrangé pour nous trouver une place sur un bateau allant vers les Marches Alysées.
Il nous accompagna jusqu’à l’embarcadère.
- Bon ! Mon travail est fini. Ce bateau vous conduira jusqu’à un port des Marches Alysées, où tes parents t’attendent, Nathan. De là, vous n’aurez plus qu’à reprendre votre nom d’origine et à vivre une vie somme toute normale, enfin… si vous appréciez le climat froid des terres du nord. »
- Les Marches Alysées ?
- Un peu plus au nord.
- Né…
Daemon me plaqua la main sur la bouche.
- Pas ce nom ici, restons discret. Dame Candra, tous mes vœux de bonheur. Nathan, bonne chance !
Candra l’embrassa sur la joue. Il devint rouge comme une pivoine.
- Merci pour tout. nous reverrons-nous ?
- Je vais où mes aventures me portent, pour le moment je dois rejoindre les amis de Nathan pour leur annoncer la triste nouvelle de son décès… après on verra. »
Nous vîmes sa silhouette peu a peu disparaître sur les quais au fur et à mesure que le bateau s’ Candra posa sa tête sur mon épaule.éloignait.
- Et maintenant ?
- A nous de construire notre avenir, dis-je, en l’embrassant ( et cette fois elle n’était pas paralysée).
Grosses musiques de Happy end derrière……
Adieu Nathan
Bonjour Daemon.

FIN

Une nouvelle de Captain Harlock
Correction helenea_luwina

P.-S.

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