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Rêve de dragon

La Cité d’Uflerre

vendredi 14 décembre 2012, par obdy

Veiller sur le sommeil des Dragons, éviter à tout prix qu’ils ne soient importunés par les effluves souffreteuses et puantes du Haut-Rêve qui causèrent la fin du Second Âge et la corolle de catastrophes que l’on connaît... C’est ce qui monopolise les habitants d’Uflerre, renommée dans les cités situées plus au sud pour la qualité incroyable de leurs fleurs et de leurs parfums.

L’Histoire

Les Flerreux, ainsi que se nomment les habitants de la Cité d’Uflerre, ont gardé une mémoire vive de la Grande Puanteur. C’est elle qui causa les cauchemars puis le réveil des Dragons. Importunés dans leur sommeil par la pestilence du Haut-Rêve, ils n’eurent d’autre choix que de cesser de rêver le Second Âge, pour respirer un peu. Si ces souvenirs sont si forts pour les Flerreux, c’est que Bioutiégoudesmelle, le Dragon qui rêve Uflerre, a développé depuis son réveil apeuré une véritable hantise des mauvaises odeurs.

Uflerre, au Second Âge, était un peu plus grande qu’à présent et il y poussait une variété de fleur unique, la Caliptia, une sorte de grand tournesol violet, aux pépins nacrés, dont l’odeur à la fois puissante et subtile emplit celui qui la respire d’un véritable ravissement. C’est aujourd’hui encore le symbole de la cité.

Jouissant d’un climat doux, bâtie de belles pierres blanches, ponctuée de gerbes de fleurs aux couleurs vives, la Cité avait une réputation de paradis non usurpée. Bioutiégoudesmelle avait très bon goût.

Les Flerreux du Troisième Âge ont su préserver la splendeur de la Cité. Seul bémol de taille : la Caliptia n’y pousse plus. Il faut désormais aller la chercher sur les versants escarpés des Monts Pistiles.

Les Flerreux utilisent toutes leurs ressources pour éviter que le sommeil de leur Grand Rêveur ne soit troublé. Pour ce faire, ils assurent en tout temps des odeurs saines et agréables, une propreté impeccable, sous la responsabilité des Flairants qui les dirigent.

Bref aperçu d’Uflerre

Située sur les contreforts des Monts Pistiles, la Cité d’Uflerre, bien que de taille plutôt modeste, affiche une belle allure. Le voyageur qui s’approche de la cité va d’abord traverser des pâturages de moutons, situés à minimum quatre lieues de la cité, puis, en s’avançant vers Uflerre, des champs de lin, de bureth, de cucubre, de finerave et de blémoud et quelques élevages de volailles, d’oies et de poules. Il passera ensuite des potagers et des cultures de plantes aromatiques, notamment la Mentharde, la Pèpre, la Sauge et le Pif-Paf. Enfin, les abords de la ville sont ceints de vergers : bigarondes, poires, amandelles, pèches, citrons, lulubes, pamprevoises et trésures s’y épanouissent sous les soins attentionnés des fermiers Flerreux.

La première vue de la Cité d’Uflerre donne sur de fiers remparts blancs dont les créneaux sont rehaussés de fleurs savamment réparties, tant pour le plaisir des yeux que pour la diffusion de leurs parfums dans la cité. On distingue, ça et là, des tours assez hautes dont le sommet dégage de la brume. Au-dessus de la porte que le voyageur va emprunter pend une grande bannière blanche ornée d’une fleur violette au dessin délicat.

Passées les portes de la Cité, on pénètre dans la caserne sur laquelle elles donnent : La Grande Sanise au sud et la Petite Sanise au nord. Le voyageur devra alors passer en revue ses vêtements et son équipement et se faire indiquer les bains et parfums appropriés à son état.

Une fois dans la ville elle-même, c’est un saisissement : elle est incroyablement propre. Traversée d’ouest en est par les eaux claires de la Fragrance, une belle rivière au cours large de 40 à 80 m., Uflerre est bâtie de belles maisons en pierre blanche, de un ou deux étages, aux boisures et aux tuiles peintes de couleurs chatoyantes et aux balcons garnis de fleurs. Les rues sont propres, absolument toutes pavées de la même pierre blanche qui fait les bâtiments, et sont souvent agrémentées de tonnelles ou de parterres de fleurs parfaitement entretenus, tout comme le sont les nombreuses places et fontaines.

Le plus impressionnant, sans aucun doute, c’est la totale absence de mauvaises odeurs dans une cité de cette taille. Tout n’est que senteurs florales, fumées d’encens épicés et parfums délicats. Si les parfums, les encens, les huiles essentielles, les fleurs sont extrêmement variés et nombreux, l’incroyable talent des Flaireux qui dirigent la cité évite que l’odeur d’Uflerre ne sombre dans le chaos. Se promener dans les rues est un enchantement subtil ponctué de notes fraîches et d’autres plus pointues, le tout de façon presque symphonique.

Les habitants d’Uflerre, les Flerreux et les Flerreuses, sont d’un naturel délicat, tant moralement que physiquement. Ils sont en général minces, mais en excellente santé, grâce à leur alimentation extrêmement équilibrée et leur hygiène irréprochable. Ils sont bon enfant et agréables, tant que tout est ordre. Cependant, confrontés à une mauvaise odeur ou à de la saleté, ils ne sont plus qu’effroi et malaise. Certains n’hésiteront pas, même, à châtier l’impudent avant que les Sanisiers ne s’en chargent. Il est donc très avisé aux visiteurs de respecter les coutumes locales portant sur l’hygiène et les senteurs.

Les Flerreux reçoivent généralement les étrangers avec un brin de condescendance, toujours à les surveiller pour éviter qu’ils ne commettent des saletés. Ils sont très sûrs de la supériorité de leur culture : les visiteurs sont toujours émerveillés par ce qu’ils découvrent à Uflerre, et sont généralement en moins bonne santé qu’eux.

Ils portent de préférence des vêtements amples de lin pour les beaux jours, et de la laine plus près du corps l’hiver. Les étoffes sont teintes avec art, et l’on trouve toutes les couleurs, du bleu pastel le plus subtil au cramoisi le plus criard, à l’image des pétales de fleurs que les Flerreux affectionnent tant.

La cité suit une pente douce qui part du nord-ouest. Les vents dominants suivent la même direction que la pente. Aussi, les beaux quartiers sont plutôt en haut, profitant d’un air plus pur, tandis que les quartier plus modestes sont en bas, au sud-ouest.

Si sous bien des aspects, Uflerre est une cité bien plus civilisée que la plupart de celles que peuvent rencontrer les voyageurs, la contrepartie est un style de vie très contraignant, notamment pour ceux dont les odeurs corporelles ou les métiers sont catalogués par la Loi des Effluves comme nécessitant des contreparties parfumées très élaborées. Si tous les Flerreux trouvent absolument nécessaire de bannir les mauvaises odeurs, certains n’hésitent pas à critiquer tel ou tel Flairant pour son odorat prétentieux s’il les a obligés à porter des parfums onéreux. Autrement dit, le tableau dressé sur ces quelques pages ne donne que de grandes lignes, et les Flerreux ne sont pas aussi disciplinés qu’ils pourraient le laisser croire, bien qu’ils le soient certainement du point de vue de l’étranger.

Société

La loi des Effluves

Chaque matière, chaque être a son odeur propre. Il convient, pour ne point empuantir le rêve des Dragons, d’appliquer à chaque chose le parfum adéquat. C’est ce que définit la Loi des Effluves, un code extrêmement compliqué qui, bien que laissant une bonne marge d’appréciation aux Flairants qui dirigent la cité, doit être appliqué scrupuleusement. Il serait trop long ici de le développer dans le détail, ce serait superflu de toute façon, ce code étant parfaitement abscons pour qui n’est pas initié.

Pour résumer, chaque personne se voit attribuer un parfum à porter quotidiennement dans une quantité établie en pépins. Sont pris en considération le sexe de la personne, son âge, sa carnation, sa pilosité, son activité, et l’odeur naturelle qu’elle dégage. Seuls les Flairants ont autorité pour déterminer qui doit porter quoi. De même, chaque objet ou vêtement doit porter quelques gouttes d’une senteur adaptée à renouveler toutes les semaines.

Il convient en outre de se laver quotidiennement et de procéder à un nettoyage hebdomadaire de ses affaires. Concernant ce dernier point, un métier s’est naturellement développé à Uflerre : les Purifieux sont nombreux en ville qui proposent leur services pour nettoyer façades, vêtements, meubles, livres, bijoux… autant de choses qui réclament des techniques variées et adaptées.

Les Sanisiers, gardes de la cité, veillent à ce que tout soit en ordre, pouvant entrer à tout moment en n’importe quel endroit de la ville pour inspecter. S’ils ont le moindre doute quant aux senteurs croisées sur leur chemin, ils en réfèrent aux Flairants qui font alors une enquête approfondie.
Les habitants d’Uflerre savent comment se laver et se parfumer, comment entretenir leur jardin, quels conseils donner à un acheteur concernant le parfumage d’un article, etc, etc, etc… De fait, les contrôles des Sanisiers ne sont le plus souvent que des contrôles de routine. Aussi sont-ils particulièrement vigilants concernant les étrangers.

Ces derniers sont le plus souvent des marchands en provenance d’Epibol, la cité la plus proche située à 160 km plus au sud, ou même d’au-delà, pour acheter les parfums légendaires d’Uflerre.

Il faut bien comprendre que la Loi des Effluves régit l’ensemble de la vie dans la cité d’Uflerre, car tout a une odeur. Les Flairants ont donc autorité sur l’artisanat, le commerce, les loisirs, l’interprétation de la loi, l’agriculture... absolument tout !

On pourrait arguer que la Loi des Effluves est approximative, que c’est une vaste fumisterie, que personne n’est capable de faire la différence entre l’odeur d’un boulanger grand et blond du quartier des Tuyauteux et d’un confrère trapu et châtain du quartier des Purifieux. Ils sentent le pain et la farine tous les deux ! On pourrait pousser de tels arguments, mais il faudrait choisir son auditoire flerreux avec soin. Le habitants d’Uflerre aiment leur société et malgré ses imperfections et ses potentielles imprécisions, elle leur assure une harmonie rare dans les rêves des Dragons. S’ils ne sont pas tous d’accord avec les interprétations des Flairants, ils reconnaissent que ces derniers ont un odorat bien supérieur à la moyenne, et qu’à moins d’être soi-même Flairant, la critique est purement spéculative et par là même non-constructive. Le système tel qu’il est fonctionne. Pour preuve les odeurs d’Uflerre qui sont agréables en toute circonstance. On ne peut certainement pas en dire autant de celles des visiteurs qui ne peuvent s’empêcher de s’émerveiller en découvrant la cité.

Les Flairants

La cité est dirigée par le conseil des Flairants, lui-même présidé par le Flairant Suprême. Les Flairants sont les Flerreux et les Flerreuses qui ont su développer un odorat suffisamment fin pour organiser la bonne marche de la ville. Ils sont au nombre de 50 et à chaque fois que l’un meurt, on en désigne un nouveau grâce au Concours des 49 Pétales. Le Flairant Suprême est celui ou celle qui a trouvé le plus de pétales lors de son admission au sein du conseil (voir plus loin). A sa mort, il est remplacé par le Flairant restant ayant obtenu le meilleur score lors de son admission au conseil. En cas d’égalité, un concours complexe portant sur la Loi des Effluves départagera les aspirants au titre.

Outre la direction des Sanisiers, les Flairants ont la tâche essentielle d’étudier et parfois redéfinir la Loi des Effluves et de veiller à ce qu’elle soit appliquée scrupuleusement. C’est autour de cette loi que s’organise toutes les activités de la ville, des cultures au commerce en passant par les arts et les loisirs.

LE CONCOURS DES 49 PÉTALES
Tout Flerreux peut y participer. La veille du concours, un couvre-feu est instauré, au cours duquel les citadins doivent rester cloîtrés chez eux, volets fermés.
Chaque Flairant dispose de la nuit entière pour cacher dans l’enceinte de la cité un pétale de Caliptia, la fleur emblème de la cité, très rare et au parfum unique et subtil, qui ne pousse que sur les versants escarpés des monts Pistiles.
Le lendemain, dès l’aube, les Flerreux qui souhaitent participer au concours partent à la recherche des pétales. Celui ou celle qui ramène le plus de pétales est déclaré Flairant. En cas d’égalité, la loi prévoit que les aspirants soient départagés en donnant, à l’odorat, la composition de six parfums.
Une fabuleuse fête ponctue le concours lors de laquelle le nouveau Flairant ou la nouvelle Flairante va se purifier à la Fontaine de l’Eau Simple sous une pluie de pétales de fleurs, avant d’entrer siéger dans la Cour des Flairants.
Le Flairant Suprême actuel, Rodadronce, un homme d’âge mûr au caractère dur et incisif, a retrouvé par moins de quatorze pétales, manquant de deux le record jamais obtenu de mémoire de Flerreux, détenu par Orcadie, il y a cinq générations de cela. C’est d’ailleurs elle qui a établi la plupart des codes actuels de la Loi des Effluves.

Loi et justice

Elle est assurée par les Sanisiers et jugée par les Flairants. Bien que la cité suive des dogmes très disciplinaires, ses habitants ne commettent pas moins de crimes qu’ailleurs, loin s’en faut.

Les crimes mineurs tels le vol, la violence ou le trafic, sont punis par des peines plus ou moins longues de nettoyage des latrines publiques ou du caravansérail. C’est assez dissuasif pour les Flerreux, d’autant que la Loi des Effluves prévoit des bains et des parfums désagréables et onéreux pour ceux qui viennent à manipuler les matières viles... sans compter que cette activité constitue en soi un véritable préjudice social.

Les crimes majeurs comme le meurtre ou la haute trahison sont traités de façon beaucoup plus radicale. Le criminel est enterré vivant dans le jardin des boutures afin de servir d’engrais aux fleurs. Orcadie, toujours elle, aurait établi qu’enterré vivant, la décomposition d’un corps fabrique un engrais naturel de qualité supérieure.

Concernant la Loi des Effluves, on distingue deux cas : la contrevenance passive qui consiste à avoir une mauvaise haleine, négliger de se laver ou de mettre les bons parfums, ou même péter en public et la contrevenance active, comme souiller volontairement un lieu, un objet ou une personne ou arracher des fleurs.
La loi traite la première cela comme des crimes mineurs où le fautif se voit attribuer des corvées de nettoyage avilissantes. La seconde est considérée comme un crime majeur, avec la peine en conséquence.

Criminalité

La Cité d’Uflerre peut s’enorgueillir d’un appareil social extrêmement cohérent : tout le monde se sent pleinement concerné par les odeurs... du moins en est-il ainsi du point de vue du visiteur - même le mendiant le plus misérable (qui sont plutôt rares) est propre et sent bon - mais du point de vue Flerreux, c’est autre chose.
Prenons un exemple typique, celui d’un Flerreux peu fortuné dont la Loi des Effluves prescrit qu’il doit porter un parfum à cinq sols le flacon. Cela arrive.
Il peut être tenté de porter un cocktail de parfums bon marché ressemblant à celui prescrit. Pour le visiteur, l’odeur est la même. Pour le Flerreux aussi, sans doute, bien qu’il se gardera de l’admettre, mais pas pour le Flairant !
Notre fraudeur devient un criminel et se verra vraisemblablement confier des corvées puantes, dégringolera l’échelle sociale, de même que celle de ses revenus, mais devra toujours porter le même parfum...
Le visiteur ne pourra manquer de trouver cela parfaitement injuste et grotesque, mais telle est la névrose d’Uflerre.

Certains Flerreux contestent, pas trop ouvertement, la Loi des Effluves, le système de corporation qui est devenu un système de castes... Bien que la propreté et les odeurs restent fondamentaux pour tous, la confiance dans le système ne suit pas toujours chez ceux qu’il défavorise et c’est là que la criminalité trouve son terreau. Il est important de noter que même si parfois un Flerreux critique le système, il est très rare qu’on s’en prenne aux Flairants en tant qu’institution, car tout Flerreux peut potentiellement devenir Flairant... A condition qu’il ait du flair. On préférera critiquer tel ou tel Flairant au nez sévère, vaniteux ou partial.

Pour résumer, toujours du point de vue du visiteur, Uflerre est une cité extrêmement sûre, les gens sont calmes, la cité est belle. Aux pires heures de la nuit, dans les quartiers les plus modestes, aucune rue ne se transforme en coupe-gorge, mais comme partout le pickpocket, le trafic, le cambriolage, l’intimidation ou le meurtre existent.

La gestion des odeurs

Toutes les mauvaises odeurs étant bannies, il faut un travail constant et vigilant pour garantir la qualité de l’air dans la cité. On n’évoquera ici que les cas les plus probants pour le visiteur.

Latrines
Chaque pâté de maison dispose de latrines communes, alors que les maisons en sont dépourvues. Aucun Flerreux ne tolérerait d’avoir chez lui un lieu d’aisance avec l’immondice que cela implique.
On trouve les latrines publiques un peu partout en ville, en haut de tours élancées afin que les odeurs soient emportées par les vents et ne gênent pas les habitants en dessous. Les Flerreux les nomment les Tours d’Aisance.
Les derniers étages de ces tours, donc, sont les latrines proprement dites, avec de larges fenêtres aux quatre murs afin de ventiler la pièce en permanence. Il y règne pourtant un brouillard permanent de fumée d’encens puissants, entretenus par les Fumeux renommés pour leur faible odorat. Ils ont évidemment un statut social des plus bas.
Le nettoyage des lieux, activité qui comprend vider les bacs d’aisances et en transporter le contenu nauséabond dans des tonneaux hermétiques pour l’enterrer dans les vergers ou les champs alentours en guise d’engrais, est généralement assuré par les criminels purgeant leurs peines, mais il arrive que la tâche incombe à des Fumeux malchanceux...
En dessous des latrines proprement dites, sur toute la hauteur des tours, il y a des fontaines à pompes desservies par d’audacieuses tuyauteries où les Flerreux qui viennent de se soulager peuvent procéder aux ablutions appropriées.
Il est évidemment impensable de sortir des latrines sans passer par une fontaine, et les Sanisiers ne sont jamais loin pour vérifier que les étrangers respectent bien la Loi des Effluves.

Bains
Les maisons les plus importantes possèdent des bains privés, de même que certains immeubles des quartiers huppés. Le reste de la population n’a cependant rien à leur envier pour ce qui est de la qualité de leur toilette quotidienne : Uflerre ne compte pas moins de six établissements de bains publics tenus par des Récurants. Mêmes les plus riches boudent souvent leur propres installations pour profiter du luxe de services offerts comme le massage, le nettoyage des vêtements, les décoctions d’herbes aromatisées et surtout pour la bonne compagnie. Les bains sont un très important lieu social dans la Cité d’Uflerre. On s’y retrouve avec ses voisins, ses amis, comme d’autres le font ailleurs à la taverne. On y échange les potins, on y conclut des affaires, le tout environné de vapeurs parfumées.

Déchets
Il est évidemment formellement interdit de jeter ses ordures dans la rue, comme on peut le faire ailleurs. Une caste particulière des Purifieux, les Assainisseurs, collecte et trie les déchets. Ce n’est pas la tâche peu ragoûtante que l’on imagine : les Flerreux ne laissent pas leurs ordures pourrir, et veillent à les parfumer d’essences adaptées. Les Assainisseurs font leur collecte quotidiennement, trient les déchets organiques pour les porter aux Diffuseurs (voir plus loin) qui les répartissent entre les différentes fermes à l’extérieur pour faire du compost. Le reste des déchets, plutôt rare, est confié aux eaux purificatrices de la Fragrance et va se perdre en aval d’Uflerre.

Maladie
Les malades sentent, c’est une vérité tristement connue. Pour les maladies bénignes, des parfums appropriés font l’affaire, mais pour les affections plus sérieuses, les blessures qui s’infectent, les furoncles qui suintent, elles sont traitées à l’hôpital qui a été construit à l’extérieur de la cité. De même que pour les latrines, l’encens y brûle à foison. Les Expurgeants, ainsi que l’on nomme les membres du corps médical qui y travaillent, jouissent d’une véritable considération pour leur sens du sacrifice.
D’une façon générale, la médecine est un art préventif. Les Expurgeants prescrivent des régimes alimentaires et des soins à base d’odeurs. Le résultat est efficace et les Flerreux résistent bien à la maladie en général (en terme de jeu, tant qu’ils suivent leur bon régime, ils ont un bonus de +2 pour tout jet de résistance à la maladie).
En ce qui concerne la vieillesse, les Flerreux âgés couvrent tout simplement leurs odeurs corporelles de parfums plus capiteux.

Nourriture
Des nombreux mets sont prohibés à Uflerre à cause de leur odeur. Citons de façon non-exhaustive le fromage, le poisson, la bière, la charcuterie, les bas morceaux, l’ail, les oignons… La viande rouge elle-même n’est pas consommée, à cause de l’odeur plus forte de sueur et des selles qu’elle produit chez les habitants. Bien que la volaille soit tolérée, de nombreux Flerreux sont végétariens.
Les fruits, légumes, les viandes blanches de même que le pain et les pâtisseries sont à l’honneur. La nourriture est très relevée, parfumée serait plus exact, très équilibrée et facile à digérer (une fois le système digestif accoutumé) pour les raisons que l’on imagine. A ce propos, les Flerreux mangent très lentement, en mâchant bien, afin d’éviter tout risque de trouble gastrique. De fait et comme dit plus haut, les Flerreux sont généralement élancés et en excellente santé.
Uflerre propose en outre d’uniques décoctions et infusions aux odeurs et aux saveurs d’un raffinement incroyable. On distille aussi les fruits et certaines fleurs pour produire des alcools de très grande qualité, que l’on consomme avec modération, toujours pour des raisons olfactives : un Flerreux serait bien honteux de sentir l’alcool !
Enfin, le miel d’Uflerre sera probablement le meilleur que les voyageurs auront l’occasion de goûter au cours de leurs pérégrinations.

Feux
On ne brûle pour s’éclairer que des huiles délicatement parfumées (et assez chères). A la tombée de la nuit, un tout nouveau monde olfactif vient enivrer les narines du promeneur.
En ce qui concerne le chauffage, les bois sont traités pour produire une bonne senteur. Jamais, au grand jamais, ne doit-on brûler du bois vert ou mouillé qui provoquera une fumée asphyxiante qui pourrait déranger les Dragons.

Animaux
Les animaux et leur inévitable puanteur sont proscrits en ville. Les quelques viandes viennent de fermes situés plus au sud, et encore ne trouve-t-on que de la volaille.
Un corps de Sanisiers, les Flécheux, sont particulièrement vigilants aux oiseaux qui auraient le malheur de survoler la ville, ou pire, de s’y poser ou de tenter d’y faire un nid. Ils sont tirés sans autre procès. Non seulement ils défèquent où bon leur semble, mais ils sont une menace pour les insectes qui oeuvrent à assainir la terre ou bien à féconder les fleurs.
Les visiteurs ayant des animaux de compagnie, devront se résoudre à les laisser au caravansérail avec les bêtes de trait.
En ce qui concerne les animaux parasites, comme les rats, ils sont aussi rares que les déchets, sont relativement propres, et quand ils sont découverts traqués sans relâche, toujours par les Flécheux.

Caravansérail
Il est situé à 800 m. au sud de la ville. Si on a le malheur d’arriver à Uflerre par le nord avec un attelage, il faut contourner la ville par l’est sur plus de 10 km pour trouver un pont et traverser la Fragrance… et revenir par le sud.
Les marchandises sont déchargées au caravansérail, puis acheminées en ville par les Diffuseurs, à raison de un denier la livre de marchandise. De nombreux marchands d’Epibol viennent avec leurs propres porteurs, qui sont autrement plus économiques.
Le caravansérail est aussi propre qu’il peut l’être, tenu d’une main de faite par les Animosites dont le statut social est encore plus bas que celui des Fumeux. Ils vivent à l’extérieur d’Uflerre, dans des cabanes construites au nord-ouest du caravansérail.

HAUT-RÊVANCE
La Haut-Rêvance n’est, comme on s’en doute, absolument pas tolérée et très sévèrement punie. C’est à cause des ses émanations nauséabondes que les Dragons se sont réveillés avec les catastrophes qu’on connaît. Une personne surprise à pratiquer cet art maudit sera immédiatement condamnée à être purifiée. D’abord par un bain d’essences extrêmement irritant, puis par le feu sur la Butte Saine, à l’extérieur de la ville, non loin de l’hôpital.
Bien évidemment, les voyageurs sont regardés de biais, car si Haut-Rêvance il y a, elle ne sera certainement pas le fait d’un Flerreux !

Les Flerreux
Ils sont en général minces, respirent la bonne santé et sont facilement un brin condescendant ou gênés en présence d’étrangers. Ces derniers les perçoivent généralement comme très (trop) raffinés et même pédants parfois. Le peuple est pourtant dans son ensemble bon enfant, une fois admis le principe absolu d’hygiène. Peut-être la propreté exigée à Uflerre s’étend-elle aussi à la moralité de ses habitants. Ce n’est pas une cité aussi policée qu’on pourrait le croire, bien que les Sanisiers aient les prérogatives pour inspecter tout un chacun. C’est parce que l’ordre est assuré par l’ensemble des habitant. Il est assuré par les corporations et leurs quartiers et par la Loi des Efluves qui régit tout. Dans l’ensemble, on peut dire que tout contribue à ce que chaque Flerreux sache quelle est sa place et n’en déroge pas.

PRENOMS FLERREUX
Ils ont très volontiers des consonances florales. Pour les femmes, il n’est pas rare de rencontrer des Mimosia, Pétaline, Pistianne, Corielle, Capucine, Tulieppe, Misiotisse, Dehlia, Iris, Hortense, Jacintha, Myosotte, Pétunia…
Pour les hommes, on croisera des Boturiel, Glaïol, Ephémérion, Hibiscus, Rosion, Renoncal, Bégonion, Parvenche, Lavandus, Lison…
On trouve aussi des noms inspirés du langage des odeurs : Umeur, Santale, Epicie, Essaine, Elave...

Les hommes et les femmes ont exactement le même statut social et cela se traduit par les mêmes postes, la même autorité, les mêmes salaires... Ce qui définit le Flerreux, ce n’est pas sa force, son habileté ou son courage, c’est son odorat. Sur ce plan là, les deux sexes sont à égalité.

MODE FLERREUSE
En ce qui concerne l’habillement, personne ne porte de cuir dont l’odeur est bien trop forte. Les étrangers qui souhaitent toutefois en porter sont particulièrement mal perçus et doivent dépenser de nombreux deniers en parfums pour ne pas contrevenir à la Loi des Effluves.
Les Flerreux portent des vêtements raffinés, délicats même, en lin l’été et de laine l’hiver. Les vêtements sont plutôt amples quand il fait chaud car le corps doit rester bien aéré. L’hiver, les vêtements sont plus traditionnels et près du corps, pour protéger du froid. Si la laine flerreuse est particulièrement rèche, c’est parce qu’elle subit de nombreux bains et traitements pour en dégager toute odeur animale. Pour qui n’est pas habitué, les vêtements chauds d’Uflerre sont vraiment incommodes et provoquent des démangeaisons.
De par leur grande connaissance des plantes, les Flerreux disposent d’excellentes teintures. Les tuniques et les chausses sont colorées, aussi bien de tons pastels que criards.
Les Teinteux ont des recettes uniques que leurs jalousent tous les tisserands et teinturiers des cités du sud. Les habitants forment ainsi une débauche de couleurs dans les rues, à l’image des fleurs que l’on cultive absolument partout.
En ce qui concerne les coupes, les Flerreux, hommes et femmes, portent généralement des tuniques amples qui tombent à mi-cuisse, parfois resserrées à la taille par une ceinture de tissu, des pantalons bouffants en toile légère et des sandales, pour mieux laisser respirer le pied.
Pour les occasions spéciales, ils sortent leurs beaux vêtements brodés de fleurs ou de plantes, les plus riches portent des brocards assez élaborés (et fleuris !)

Comme on s’en doute, l’hygiène prend une place importante dans leur quotidien : se laver, nettoyer sa maison, ses affaires de façon systématique. Les Flerreux n’y font pas attention. Il est parfaitement naturel pour eux de consacrer une heure draconique, généralement celle de la Sirène, à laver, récurer, frotter, dépoussiérer... Ces activités se font à plusieurs et sont l’occasion de discuter, plaisanter, bref, forment un vrai ciment social.

EXPRESSION FLERREUSES
Les Flerreux emploient un vocabulaire au champ sémantique lié à leur névrose. Les expressions usuelles comme “ça sent les ennuis”, “je ne le sens pas”, “une répartie bien sentie”, “se réveiller comme une fleur”, “faire une fleur”, “c’est le bouquet !”, “je me suis fait passer un savon”, ”je vais te mettre au parfum” et autres du même acabit sont très couramment utilisées, mais prennent une autre saveur dans la cité des bonnes odeurs.

Quartiers et corporations

Chaque métier implique une odeur : on manipule des matières et on fournit des efforts spécifiques. Aussi, pour simplifier la gestion de ces odeurs, les Flerreux sont-ils regroupés par corps de métier, non tant pour marquer leurs différences sociale que pour simplifier l’application de la Loi des Effluves.
On ne mettra pas les mêmes fleurs, les mêmes encens, on n’utilisera pas les mêmes essences dans les eaux de lavages selon qu’une maison abrite des Tuyauteux ou des Embaumeux. Il en résulte que d’une façon générale, les membres d’un corps de métier se reproduisent entre eux et leurs enfants, de par leurs prédispositions, vont probablement suivre la même profession.

Ce n’est pas une règle absolue et il n’est pas rare qu’un Souffleur, par exemple, vive avec son épouse Tuyauteuse dans le quartier des Tuyauteux.
De plus nombreux artisanats classiques sont représentés partout ; on trouve des ébénistes, des barbiers, des tailleurs aussi bien chez les Fleuriers que les Essenciers... Il n’en reste pas moins que les quartiers sont bien délimités par de larges avenues et qu’on sent tout de suite, aux parfums et aux fleurs employés dans les rues, lorsque l’on change de quartier.
C’est donc logiquement que l’on va présenter les quartiers parallèlement aux corporations qui y sont installées.

LES FLAIRANTS

Ils dirigent la cité. Ils interprètent la Loi des Effluves, parfois même la modifient, et dirigent le corps des Sanisiers. Ce sont eux seuls, en vertu de la Loi des Effluves, qui ont autorité pour statuer sur les odeurs de toute chose.
Quand un Sanisier perçoit une infraction à la Loi des Effluves, un Flairant viendra décider de la marche à suivre pour réparer le tort commis.
Les Flairants ne rendent des comptes qu’au Flairant Suprême qui les guide.

Le quartier des Flairants

Les Flairants vivent dans de magnifiques villas, généralement d’un étage, mais très vastes. Elles sont naturellement au nombre de cinquante et sont disséminées avec goût dans les Jardins d’Unée, un splendide parc de deux hectares. L’entretien du parc est sous la responsabilité des Fleuriers.

LA FONTAINE DE L’EAU SIMPLE
L’origine de son nom remonte au Second Âge. Elle aurait vraisemblablement été un important artefact enchanté qui méritait son nom. Quoi qu’il en soit, la Fontaine ne fait jaillir que de l’eau de la Fragrance. C’est néanmoins son eau que les Fragranciers et les Essenciers utilisent pour la base de leurs préparation. Ils prétendent, et l’on ne peut que conjecturer sur leur bonne foi, que sa qualité est nettement supérieure.

La Cour des Flairants

Intégrée aux remparts de la ville, la Cour est à ciel ouvert, ce ne sont que des murs de 15 m. de haut en forme de corolle. Percés de nombreuses ouvertures, ils font une caisse de résonance dans laquelle le vent vient jouer des airs délicats. Le sol est dallé de blanc et des bancs en font tout le tour.
En son centre, dans un coffre de pierre sont entreposés les tablettes sur lesquelles sont gravés les principes de la Loi des Effluves.
Les Flairants siègent dans la Cour pour rendre justice, entendre les doléances, débattre entre eux de l’organisation de la cité... C’est aussi là que sont intronisés les nouveaux Flairants et Flairants Suprêmes.

LES SANISIERS
Ils constituent la garde de la cité et en assument tous les attributs habituels : respect de l’ordre, répression, protection des citoyens, etc. Ils veillent en outre à ce que la Loi des Effluves soit bien respectée, surtout par les étrangers. Ils procèdent aux contrôles à l’entrée de la ville, mais aussi dans les maisons et les boutiques et entretiennent les fleurs des remparts.
Une faction des Sanisiers veille à éliminer les animaux parasites, et notamment les oiseaux que les Flerreux ont en horreur. Ce sont les Flécheux qui sont, comme leur nom l’indique, un corps d’archers.

La Grande et la Petite Sanise

Les Sanisiers n’ont pas de quartier à proprement parler. La Grande et la Petite Sanise sont deux petites citadelles qui servent de sas aux deux entrées d’Uflerre. La Petite Sanise fait office de prison, tandis que la Grande sert de terrain d’entraînement aux gardes.
Quiconque veut entrer doit se faire contrôler, ce qui implique un état des lieux de tout, absolument tout ce qu’il possède, sous la supervision d’un Flairant, ainsi qu’une observation olfactive de l’individu. Suit un bain approprié et un nettoyage des affaires, effectués par des Récurants et des Purifieux spécialisés, les Décrassants. Ces services sont obligatoires, payants et chers, à moins bien sûr, que le visiteur ait une hygiène irréprochable d’un point de vue flerreux, ce qui présente un cas de figure parfaitement improbable au terme d’un voyage.

Les Fragranciers
Ils jouissent d’une immense prestige au sein d’Uflerre, et même au-delà : ils fabriquent les parfums et les encens qui régissent la vie de la cité. Cela représente plus de trois cents recettes prescrites par la Loi des Effluves.
Quand l’un d’entre eux crée une variante, voire une recette radicalement nouvelle, il doit présenter sa trouvaille aux Flairants. Ils décideront comment employer cette combinaison au sein de la Loi des Effluves, voire, le cas échéant, proposeront des variantes ou en interdiront la production.
A l’inverse, les Flairants peuvent demander aux Fragranciers de trouver un parfum pour répondre à telle odeur particulière. Citons pour l’exemple la création du n°67 de Rodorion que porte tout le gotha d’Epibol : à l’origine, ce fut la Flairante Suprême, Orchidia, qui lui fit l’honneur de la demande d’une combinaison dont elle avait établi les grandes lignes pour accompagner cette odeur subtile produite par l’allégresse de la naissance chez les grandes femmes brunes à carnation ambrée du quartier des Souffleurs.
Il faut noter que les Fragranciers ne travaillent qu’avec l’eau de La Fontaine de l’Eau Simple. Procéder autrement serait assimilé à bafouer la Loi des Effluves de façon active, avec les conséquences que l’on connaît.

Les Effluviers
C’est une toute petite portion des Fragranciers qui a la charge de parfumer les eaux de la Fragrance en fonction des saisons, de la température, de la position de la lune et des étoiles... C’est une science extrêmement compliquée et subtile. Les parfums sont délicats et une fois diffusés presque indécelables pour la narine non avertie.
Les Effluviers utilisent des essences, mais aussi des pétales de fleurs, ce qui fait que les eaux de la fragrance sont toujours décorées de petites taches de couleur du meilleur effet.

Le quartier des Fragranciers

Ils vivent dans un quartier cossu fait d’assez grandes maisons agrémentées de petits jardins ou de cours intérieures. Les rues sont aérées et ponctuées de belles places ombragées par des arbres magnifiques et parfois agrémentées de fontaines, et évidemment des parterres de fleurs.
Les maisons des Fragranciers se distinguent de celles des autres habitants du quartier par leurs hautes cheminées. Elles servent à évacuer les odeurs de leurs laboratoires, pour éviter les discordances dans l’air d’Uflerre. Elles font en moyenne huit à dix mètres de haut au-dessus du toit. Les laboratoires, quant à eux, sont généralement au rez-de-chaussée, afin de faciliter le transport de leurs marchandises au quai des Fragranciers.
Les plus membres les plus éminents de cette corporation se disputent les maisons du nord du quartier, face aux jardins d’Unée et près de la Fontaine de l’Eau Simple et celles qui donnent sur le quai des Fragranciers.

Le quai des Fragranciers

C’est le long de cette portion de la Fragrance que les Fragranciers vendent, sur des étals, leurs parfums, onguents, savons, poudres et autres cosmétiques. Les parfums les plus élaborés se vendent sur la partie ouest du quai. A mesure que l’on descend vers la grande place, le visiteur trouvera des senteurs plus simples, et aussi les moins chères. C’est généralement là que les marchands étrangers viennent faire leurs emplettes. Les parfums se vendent entre 50 deniers et 8 sols le flacon de 20cl, selon la recette. Les tarifs sont établis par les Fragranciers et en général ils sont scrupuleusement respectés.
Rappelons que les Flerreux n’achètent pas les parfums en fonction de leur bourse, mais bien selon la Loi des Effluves. On peut tout à fait être un Fumeux au salaire misérable et être tenu de porter du n°12 de Dame Muguette dont le flacon coûte près de 4 sols ! On comprend pourquoi certains Flerreux, quand bien même très sensibles à l’harmonie olfactive de leur ville, n’hésitent pas à transgresser la Loi des Effluves. Gare à eux s’ils croisent un Flairant soupçonneux ou qu’un citoyen plus honnête ou simplement malveillant les dénonce aux Sanisiers. Pour ces raisons, il arrive qu’un Fragrancier bienveillant vende, très discrètement, certains produits à perte. Hélas, on en a déjà vu aussi d’autres, moins scrupuleux, proposer à bas prix d’habiles imitations destinées à tromper les Sanisiers. Ceux-là se font encore plus discrets, car la sanction est un aller direct aux serres des Boutures.

La Fragrance

Beau fleuve aux eaux claires et au cours tranquille (un lac en amont freine le courant au pied des monts Pistils). Le fond est de sable blanc et de roche. Les rives sont construites de dalles blanches. Il y a de 30 à 80 m. de large.
Quatre ponts la traversent. D’ouest en est : le Fragrancier, le pont du Marché, le pont de verre et le pont sain. Le pont de verre a ça et là d’épaisses dalles de verre qui permettent de voir la Fragrance sous ses pieds, charriant les multitudes de pétales multicolores .

Les Essenciers
Ils fabriquent la matière première pour les Fragranciers. Ce sont presque des alchimistes, en tout cas ils utilisent le même matériel. A partir de fleurs, de fruits, de plantes aromatiques ou d’écorces, ils vont obtenir des essences pures qu’ils vont décliner en différents supports : huiles, alcools, eaux, cires, poudres... Ceux qui produisent des essences rares en petites quantités ont leur laboratoire propre, mais les Essenciers fonctionnent généralement en petits ateliers d’une dizaine d’artisans qui se répartissent les tâches selon leurs compétences : préparer la matière première, assurer la pureté, mesurer les doses, assurer la cuisson, entretenir les cuves et les alambics, transférer les essences dans les différentes formes usitées comme la cire, la poudre ou la crème, sans compter ceux qui s’occupent de la gestion des stocks et des commandes.
Les Essenciers portent des tabliers, des masques et des gants de protection lorsqu’ils manipulent les essences (le tout en laine spécialement traitée). Sans cela, une fausse manœuvre les condamneraient à des bains spécifiques, pour ré-accorder leur odeur à la Loi des Effluves.

Le quartier des Essenciers

Il ressemble énormément à celui des Fragranciers, hautes cheminées en moins. Les maisons sont peut-être un rien plus petites ainsi que les jardins. Les laboratoires sont le plus souvent dans les caves où la température est plus constante et facile à maîtriser. Là, des séries de grandes cuves reliées par des alambics permettent de distiller les matériaux bruts, parfois jusqu’à onze fois ! Autour de ces bâtiments, de jour comme de nuit brûlent des lampes à huiles chargées d’un mélange savant dont le but est de neutraliser les senteurs qui s’échapperaient des cuves vers la rue. De fait, la nuit, c’est le quartier le mieux éclairé de la cité.

Le comptoir des visiteurs

Au nord de la grande place du marché, deux petits étals sont réservés aux marchands venant des cités du sud qui viennent vendre des produits introuvables à Uflerre. Les Essenciers viennent y faire leurs provisions d’écorces d’oranges, de brins de klampine, de canoples séchées, de muscalines ou de sirops de mélikasse.
Il va de soit que ces marchands sont parfaitement aux faits des coutumes flerreuses.

Les Souffleurs
Ils soufflent le verre à partir du sable fin des berges de la Fragrance. A partir de là, il faut distinguer deux catégories de Souffleurs. Ceux qui, avec les Alambiqués, fabriquent la base du matériel que vont utiliser Essenciers et Fragranciers pour pratiquer leur art (cornues, pipettes, fioles...) et ceux qui fabriquent des grands pans de verre, notamment pour les serres des Boutures.
La construction de vitres est un art consommé à Uflerre. Elles sont teintes dans la masse de couleurs délicates. La serre des Boutures, notamment, est faite de vitres subtilement teintées selon un code de couleurs établi par les Fleuriers pour favoriser l’épanouissement de telle ou telle fleur.
Les Souffleurs réalisent aussi, pour les moins doués d’entre eux, de la vaisselle, avec néanmoins un talent remarquable. Les marchands étrangers n’hésitent pas à se fournir en vases, verres et autres assiettes, malgré les difficultés inhérentes à leur transport sur les routes. Qu’importe, ils les revendent plus de cinq fois leur prix dans les cités du sud.
Les Souffleurs utilisent traditionnellement beaucoup plus de parfums que le reste de la population. La raison en est simple : de par leur activité, ils sont sujets à suer beaucoup plus et donc à exhaler autant d’odeur. Néanmoins, ils se voient généralement prescrire des senteurs simples par les Flairants, la chaleur des fours tuant les influences d’odeurs parasites.

Le quartier des Souffleurs

Les souffleries sont situées le long de la Fragrance, dont les eaux sont abondamment utilisées pour refroidir le matériel et rafraîchir les ateliers. Ce sont de gros bâtiments épais qui ressemblent à des hangars. Les odeurs produites par la fusion du sable en verre n’étant pas perturbante, selon les Flairants, les cheminées d’évacuation sont de taille normale et les ateliers très aérés.
Au sud des souffleries, les maisons sont comme dans le reste de la cité, de pierre blanche avec les boiseries et les toits peints de différentes couleurs.
Les fenêtres, cependant, sont souvent de meilleures qualité qu’ailleurs, et l’on voit de sublimes kaléidoscopes des carreaux délicatement teintés s’épanouir sur les façades.

Les Tuyauteux
Ils veillent à l’entretien des fontaines, à la distribution de l’eau dans les bains et les latrines et surtout à sa bonne qualité. Bien qu’ils ne travaillent pas aux ‘bonnes odeurs’ de façon directe, leur travail est essentiel et leur apporte beaucoup de prestige. Sans compter que leur art est d’une extrême complexité pour le profane. Pensez, ils sont capables de faire arriver l’eau jusqu’aux quatrièmes étages des Tours d’Aisance grâce à d’incroyables systèmes de pompes actionnées à la main.
Certain d’entre eux, fabriquant les pièces de plomberie, assurent aussi les commandes des Alambiqués pour leurs constructions de pièces de laboratoires.

Le quartier des Tuyauteux

On distingue les belles maisons des maîtres tuyauteux des petits immeubles de deux à trois étages dans lesquels vivent les ouvriers. Bien que comme tout Flerreux, ils aiment à aller aux bains rencontrer leurs connaissances, leurs voisins, les tuyauteux sont, de par leur activité, ceux qui ont le plus de bains privés. Une belle partie des immeubles d’habitation en sont pourvus, et évidemment, la mécanique est parfaitement entretenue.
En ce qui concerne les bains publics, ceux du quartier des tuyauteux sont les plus réputés pour la qualité de l’eau. Il n’est pas rare d’y voir s’y laver des Essenciers, des Alambiqués, des Fragranciers ou même des Flairants.

Les Fleuriers
De toutes les corporations, c’est de loin la plus soudée. Les Fleuriers se saluent toujours quand ils se croisent et n’hésitent pas à s’entraider pour des travaux difficiles.
Ils assurent la culture des fleurs de la cité d’Uflerre. Cela va des cultures du jardin des Boutures à l’entretien parterres de fleurs et des arbres dans les rues, en passant bien sûr par l’entretien de la corolle.
Le travail dans les serres du jardin des Boutures est extrêmement méticuleux et emploie pas moins de cent cinquante Fleuriers ! Ils arrosent, taillent, font des boutures, inventent de nouvelles espèces à soumettre à l’approbation des Flairants. Il fait une chaleur constante dans la serre géante, mais les Fleuriers savent économiser leurs gestes pour éviter de trop suer et ainsi d’altérer l’odeur exquise qui y règne.
En ce qui concerne les fleurs des remparts, ce sont les Sanisiers qui en ont la charge. Il arrive, en cas de problème, de gel, que des Fleuriers viennent donner des conseils ou carrément mettre la main à la pâte.
Les fleurs de particuliers sont la responsabilité de ces derniers. Les Fleuriers du marché aux fleurs indiquent, selon la Loi des Effluves, quelles fleurs faire pousser en quelles quantités selon le quartier. Ils expliquent aussi comment entretenir les plantes quand c’est nécessaire, mais c’est rarement le cas.
Les parfums que portent les Fleuriers sont souvent très légers, d’une part pour ne pas contaminer les plantes, et d’autre part parce que leur contact constant avec les fleurs leur assure une base de parfum non négligeable.

Le quartier des Fleuriers

On s’en doute, c’est là que les maisons affichent les plus belles compositions florales à leurs fenêtres et à leurs balcons. Les jardins privés des Fleuriers ne sont pas légion, tout simplement parce que pour les Fleuriers, c’est tout Uflerre qui est leur jardin. C’est aussi par manque de place car le quartier est petit et les Fleuriers très nombreux. Ils vivent de façon assez communautaire, et il n’est pas rare de voir plusieurs familles se partager une grande maison.

Les Alambiqués
Ce sont eux qui fabriquent tout le matériel nécessaire à la fabrication d’essences et de parfums. Pour ce faire, ils sont en relation avec les Souffleurs, les Tuyauteux et les Teinteux qui leurs fournissent les éléments qu’ils vont assembler ou transformer pour produire les alambics, les pipettes, les masques de protection, les chaudrons, les soufflets, les poids... Tout ce qu’un Essencier, un Fragrancier ou même un alchimiste peut rêver pour son laboratoire de production.
Il est intéressant de noter que le cuir étant abhorré par les Flerreux en raison de son odeur forte, il est remplacé par de la laine traitée avec une cire spéciale dont les Alambiqués ont le secret. Ainsi, les masques, les soufflets, les gants sont en laine ou plus rarement en lin.
Les Alambiqués recoupent beaucoup de métiers car la constitution d’un laboratoire demande des compétences très variées. Certains sont spécialisés dans la fabrication de vêtements de protection, d’autres sont chaudronniers, d’autres fabriquent les pinces, d’autres assemblent les cornues, les cuves, d’autres encore fabriquent du papier filtrant à partir de restes de tiges de fleurs fanées... Ils travaillent en petits ateliers disséminés dans le quartier. L’ensemble de leurs productions est ensuite mis en vente au marché des Cornues.
On pourrait croire, devant cette pléthore de matériel de qualité, que de nombreux alchimistes auront choisi de s’installer à Uflerre pour monter leurs laboratoires. Il n’en est rien. La Loi des Effluves rend leur art bien trop compliqué, voire impraticable.

Le quartier des Alambiqués

Le quartier des Alambiqués se distingue du reste de la cité par son côté chaotique. Une maison sur trois est un atelier ou en comprend un et l’on entend partout des cliquetis, des coups, des coups de râpe, de lime, la plupart des d’ateliers ont de grandes portes pour le passage des livraisons et restent grand ouverts. Certains Alambiqués travaillent même dehors, quand cela n’entre pas en contradiction avec la Loi des Effluves, et au milieu de tout cela, des Diffuseurs courent les bras chargés de ballots de lins, de coffres contenant des cornues fragiles, de planches bois destinées à former des établis... Et le soir, tout ce petit monde aime aller prendre un verre aux Vapeurs Bienheureuses, la taverne d’Estulip et Liserianne qui donne sur les Cornues. C’est sans doute là que l’on distille les meilleurs eaux de vies de la cité.

Les Cornues

Dans cette place, toutes les semaines, se tient un marché où Alambiqués, Tuyauteux et Teinteux achètent et vendent leur marchandises. Les Fragranciers et Essenciers se rendent là pour passer des commandes ou acheter ce dont ils ont besoin, aussi bien que s’ils se rendaient directement aux ateliers. Les jours de beau temps, la taverne des Vapeurs sort des tables et des bancs et propose des pâtisseries odorantes.

Les Embaumeux
Les Embaumeux ont la charge des morts. C’est, on s’en doute, une toute petite corporation par rapport aux autres, mais elle est d’une importance cruciale d’un double point de vue : les morts libèrent des odeurs pestilentielles et ils font le meilleur engrais qui soit.
On distingue donc les Embaumeux qui se rendent chez les morts pour éviter que les corps, en se dégradant, empuantissent l’air d’Uflerre de ceux qui travaillent aux Boutures avec les Fleuriers.
Lorsqu’un Flerreux meurt, sa famille prévient aussitôt les Embaumeux qui dépêchent l’un d’entre eux chez eux. Alors que des Purifieux assainissent la chambre du mort (et effacent notamment les dégâts dus au relâchement du système digestif) et que les Fumeux placent des encens appropriés, l’Embaumeux passe sur le corps plusieurs couches d’un plâtre dont ils ont le secret, fait à base de terreau et d’argile de la Fragrance. Le mort est ainsi conservé au frais, dans une gangue qui résoudra le problème des odeurs, mais qui une fois mis en terre et convenablement arrosée, favorisera une décomposition optimale pour nourrir les fleurs. Même les os se décomposent ainsi de manière accélérée, évitant que le sol des Boutures soient saturés.
Une fois le corps préparé, après avoir été veillé convenablement, les Embaumeux l’emmènent à la serre des Boutures. Ils travaillent de nuit pour ne pas interférer avec les Fleuriers. En cooptation avec ces derniers, ils ont déterminé où le corps doit être inhumé en vue d’aider la pousse de tel massif ou bien de nourrir tel terreau qui servira ensuite à accueillir de jeunes pousses.

Le quartier d’Embaume

C’est un tout petit quartier, pour une toute petite corporation. Comme une moitié des Embaumeux n’a pas vraiment d’horaire (on ne décide pas de l’heure de sa mort) et que l’autre travaille de nuit, c’est un quartier particulièrement calme, certaines mauvaises langues diront même mortel et par bête superstition olfactive, beaucoup de Flerreux évitent d’aller là où vivent ceux qui manipulent les morts.
Pourtant, pris entre la Corolle et les jardins des Boutures, le quartier d’Embaume a tout pour ravir qui cherche le calme.

Les Récurants
Ils ont en charge les bains publics de la cité d’Uflerre. Leurs activités comprennent l’entretien des bains, la chauffe de l’eau à la meilleure température, la confection de savons selon les préceptes de la Loi des Effluves, le massage, la préparation de décoctions à consommer, la manucure et la pédicure, le shampoing... Certains ne s’occupent que des fournitures tandis que d’autres veillent sur les affaires des baignant, comme ils appellent les Flerreux venus se laver.
Les Récurants ont naturellement des liens privilégiés avec les Tuyauteux qui assurent l’entretien de la distribution de l’eau dans les bains publics, et avec les Fragranciers auprès de qui ils se fournissent en baumes, crèmes et huiles de massages.

Les Effleurs
Les Récurants sont en outre les seuls à pratiquer la prostitution sous forme de bains privés. Cette activité n’est pas considérée comme avilissante, ni pour le Récurant, ni pour le client. Les tarifs sont bien plus élevés qu’ailleurs pour ce genre de services. Compter 20 à 50 deniers la prestation qui comprend également bains, onguents, et massages. Les Récurants, hommes et femmes, qui pratiquent cette activité sont nommés les Effleur(e)s.

Le quartier des Récurants

Rien ne distingue particulièrement le quartier des Récurants d’un autre. C’est un quartier moyen, l’image même d’Uflerre. Ce qui en fait la particularité, c’est son établissement de bains publics qui est de loin le plus abouti de la ville.
Pour les Flerreux, s’y rendre est un plaisir que l’on s’offre, un petit luxe, car les tarifs y sont légèrement plus élevés pour les habitants des autres quartiers. Tous les services y sont de meilleure qualité qu’ailleurs en ville. Notamment, on s’en doute, ceux des Effleurs
.
Les Purifieux
Si chacun fait le ménage chez soit, on fait appel aux Purifieux pour les tâches délicates aussi bien que les gros travaux de ménage. Les Purifieux ont différentes spécialités, allant du nettoyage du cuir à l’entretien des rues et des façades en passant par l’assainissement des parchemins ou de la nourriture. Ils sont partout dans la cité, interviennent à tout moment. Les Purifieux sont la corporation la plus ‘moyenne’ : On n’y trouve certainement pas les plus riches, ni les plus pauvres.
Chaque Purifieux a sa spécialité, ses trucs pour enlever les tâches, faire disparaître les odeurs, entretenir le mobilier, retirer la rouille, la crasse, le moisi... la liste est sans fin. Certains travaillent dans un atelier spécialisé, d’autres ont une clientèle habituée, d’autres encore marchent dans les rues d’Uflerre pour proposer leurs services.
Parmi toutes les spécificités de ce métier, il y en a deux qui valent qu’on s’y arrête plus particulièrement. Le Assainisseurs et les Décrassants..

Les Assainisseurs
Ce sont les Purifieux qui ont en charge la collecte des déchets. Comme dit plus haut, ce n’est pas un travail dégradant comme on pourrait l’imaginer.
D’une part, les déchets des Flerreux sont dans l’ensemble “propres” puisque tout est fait pour qu’ils ne sentent pas. D’autre part, ils procèdent à un tri et tout ce qui peut servir de compost est traité dans la cendre avant d’être confiés aux Diffuseurs.
Pour ce qui peut être récupéré comme une chaise cassée ou des débris de verre par exemple, les Assainisseurs ont un petit marché où les artisans viennent chercher de la matière première. Enfin, tout ce qui ne peut être récupéré est confié aux eaux purificatrices de la Fragrance. On s’en doute, tout cela reste relativement confidentiel dans la mesure où il ne viendrait à l’idée de personne de jeter quelque chose qui peut être réparé.

Les Décrassants
Ils ont la charge de nettoyer ce qui est particulièrement sale, ce qui est une rareté à Uflerre, on s’en doute. Le travail consiste donc principalement à intervenir lors d’accidents graves ou à proposer leurs services aux étrangers qui souhaitent entrer en ville avec leurs affaires forcément très mal entretenues. C’est un travail difficile et peu ragoûtant que peu de Purifieux n’osent faire, mais très rémunérateur (voir La Grande et la Petite Sanise).

Le quartier des Purifieux
C’est un quartier populaire de petits immeubles de deux étages où vivent deux à trois familles. L’ambiance y est joyeuse, bon enfant, bruyante, et l’on y trouve quelques petites tavernes sympathiques, notamment entre le marché aux Fleurs et les Bains des Récurants.
Est-il utile de préciser que le quartier est particulièrement bien entretenu ?

Les Expurgeants

Ce sont les médecins-chirurgiens d’Uflerre. S’ils pratiquent la même médecine que partout ailleurs, ils se distinguent par l’application d’une médecine préventive faite à base de décoctions, de régimes alimentaires et aromathérapie. Ils utilisent, pour cette dernière, des parfums spéciaux régis par la Loi des Effluves. Leur science des odeurs est effective et revigorante (compter, selon le jet de médecine du médecin, un bonus de +1 en réussite normale, +2 en significative et +4 en particulière pour combattre les infections).
Une séance consiste à passer une heure dans une petite pièce chargée de senteurs curatives. Les Flerreux s’y rendent volontiers au moindre souci car les consultations ne sont pas chères. Environ 10 deniers dans un cabinet privé et gratuitement à l’hôpital, mais les Flerreux répugnent à y aller. La raison est que les Expurgeants touchent une part des taxes de la ville. Ce système mis en place par les Flairants il y a des décennies est essentiel dans la prévention des mauvaises odeurs dues aux maladies. Pour les Flerreux, la santé, c’est sacré. Les Expurgeants, bien qu’ils soient souvent confrontés aux mauvaises odeurs d’infection, de pus et autres horreurs des hospitalisés, jouissent d’une grande considération.

LE QUARTIER DES EXPURGEANTS
Il est situé à l’est de la cité pour faciliter l’accès des Expurgeants à l’hôpital.
Ce dernier a été bâti à l’extérieur d’Uflerre pour en préserver l’air.
C’est un quartier extrêmement calme, fait de villas aux beaux jardins.
Les Expurgeants sont une corporation aisée installée dans la partie basse de la ville. De fait, ils sont à part, se sentent différents des autres Flerreux, et en sont fiers. Ici, tout le monde se connaît plus ou moins et est fier de cette particularité. Les Flerreux des autres quartiers sont même regardés avec un certain dédain. Les étrangers, quant à eux, sont considérés avec la plus grande suspicion.

L’hôpital

C’est un bâtiment fortifié auquel on accède par un double jeu de lourdes portes, gardées par des Sanisiers. De ce point de vue, l’hôpital ressemble à une prison où les patients sont mis en quarantaine. C’est que les Flerreux ont une peur bleue de la maladie, de tout risque de contagion : les malades sentent. La Loi des Effluves est très claire à ce sujet, et ne pas aller à l’hôpital pour soigner une fièvre, ou pire une infection, est un crime puni, après soins appropriés, par des travaux dégradants comme les nettoyage des Tours d’Aisance.

Les soins qui y sont prodigués sont de bonne qualité et hormis les incessants encens brûlés par les Fumeux, tout se passe comme dans un hôpital classique.

L’hôpital est financé par la ville et les patients n’ont a dépenser que des sommes modiques pour des séjours prolongés, à raison de 2 deniers le lit et les repas.

Les Diffuseurs

Parce que le commerce est prospère avec les cités du sud et que les animaux sont interdits dans l’enceinte d’Uflerre, les Diffuseurs se sont constitués. Ce sont de simples porteurs, mais ils sont indispensables à la bonne marche de la cité. Ils sont partout, en train de courir ou de suer sous de lourdes charges, font office de porteurs, de déménageurs, de messagers...
Selon leur emploi, ils tirent des charrettes, poussent des brouettes, portent des brancards, des hottes, des chaises à porteurs, des sacoches ou simplement des objets à mains nues.

LE QUARTIER DES DIFFUSEURS
C’est le quartier populaire d’Uflerre. Là vivent toutes les petites gens : domestiques, manœuvres, commis, savetiers, vanniers, serveurs... Les maisons sont plus colorées et plus bruyantes qu’ailleurs. On y trouve quelques belles demeures, celles des Diffuseurs qui ont fait du commerce fructueux avec les cités du sud.

Les Fumeux

Ils assurent la production et l’entretien des encens dans les latrines, l’hôpital, le caravansérail et partout où cela se révélerait nécessaire, à savoir, partout où des odeurs fortes doivent être masquées. Ce sont les Flerreux les plus en contact avec la puanteur, et donc les plus bas dans l’échelle sociale, à l’exception des Animosites qui eux ne sont même pas considérés comme Flerreux (voir plus loin).
Les fabricants d’encens ont tout de même plus de prestige que ceux qui les font brûler dans les Tours d’Aisance. Les Fumeux qui œuvrent dans l’hôpital ont un statut intermédiaire.

Le quartier des Fumeux

C’est là que vivent tous les marginaux de la cité d’Uflerre et les bons citoyens évitent d’y aller. Les Sanisiers qui y patrouillent sont plus durs et leurs relations avec la population y est plus tendue... à l’échelle d’Uflerre, encore une fois.
Le quartier est considéré comme insalubre et dangereux par les Flerreux. S’il est vrai que les maisons y sont en plus mauvais état, que les gens y sont pauvres et qu’il est de bon ton de surveiller sa bourse quand on se promène dans une rue bondée du quartier... enfin, tout est relatif.
Les Fumeux sont soumis à la Loi des Effluves comme les autres Flerreux, et l’ordre social y a cours comme ailleurs. Ce n’est pas le coupe-gorge que les Flerreux des hauts-quartiers imaginent volontiers qu’il est. C’est même un quartier plutôt joyeux, où les fêtards vont s’encanailler avec les marginaux. Il y a de nombreuses goguettes et petites tavernes où l’on joue de la musique et l’on sert de l’alcool. Et encore une fois, on n’y trouve pas de vinasse puante (sacrilège) mais des cidres délicats et des eaux-de-vies fleuries, et même là, rares sont les ivrognes tant les Flerreux ont peur de puer l’alcool, ou pire, de vomir voire de souffrir de la courante le lendemain !

Les Animosites

Cette corporation se charge de l’entretien du caravansérail et des animaux qui y sont déposés. Leur odeur incommode les narines délicates des autres Flerreux, aussi vivent-ils dans des cabanes à l’extérieur de la cité. Si eux-mêmes se considèrent comme habitants d’Uflerre, ce sont bien les seuls, car le reste de la population ne les désigne jamais autrement qu’Animosites, généralement avec un plissement du nez inconscient. Pour les Flerreux, les Animosites sont des fermiers en beaucoup plus puant (bergers mis à part).
Pour un étranger, les Animosites sont incroyablement méticuleux dans le soin qu’ils portent au caravansérail.

Bien que le commerce avec les cités du sud soit florissant, les caravanes ne sont pas légion, et les Animosites ne sont que cinq familles. Néanmoins, leur rôle est très important pour Uflerre.

Les Récolteux

Les Récolteux ne vivent pas vraiment à Uflerre. Ce sont des Flerreux très particuliers qui voyagent à l’extérieur pour acquérir ce qu’on ne peut trouver dans la cité. Certains s’apparentent à des marchands et vont commercer plus au sud, d’autres, plus aventureux, vont cueillir la Caliptia dans les Monts Pistils, d’autres sont ambassadeurs ou représentants des artisans d’Uflerre dans les cités du sud, d’autres sont espions... Ils sont considérés par beaucoup de Flerreux avec la plus grande suspicion, car il faut avoir un curieux état d’esprit pour choisir de vivre loin de l’harmonie d’Uflerre...

Auberges et tavernes

Les tavernes du marché des fleurs

On y boit du cidre et des infusions. On y mange des galettes, des tartes aux légumes ou aux fruits, sur le pouce, souvent en partageant de longues tablées ou directement au comptoir.
Le godet fleuri, chez Tulpain, les tartines de Carmélia...

Les goguettes des Fumeux

On y boit, on y joue, on y flirte, on y danse et on y chante. C’est ce qui se rapproche le plus des tavernes que les PJ auront déjà connues. Tout y est pareil, en propre et en bon enfant.
Les Tréteaux, le Comptoir de Santal, Les Trois baies...

L’AUBERGE DU FIN TARRIN : (A) - maître Patchoule

Sous des airs rustiques, un lieu propre et honnête comme du bon pain.

repas (1sust) 3d (spécialités : soupes, salades, tourtes de légumes, volailles maigres et chutneys)
chope de cidre ou de poiré (25cl F1) 1d
liqueurs de fleurs (10cl F4) 5d
thés et infusions les 50cl de 1 à 3d
chambre simple 15d / chambre double 6d le lit / chambre commune 4d le lit

L’HÔTEL DES BOUTURES : (B) - Orchide et Ellys

Magnifique établissement à l’architecture délicate et la décoration sobre.
Toutes les chambres ont vue sur les serres de boutures.

repas (1 sust) 6d (spécialités : salades de fleurs, fruits en compotes, carpaccios de légumes, graines, huiles)
chope de cidre ou de poiré (25cl F1) 3d
eaux de vie (10cl F6) 12d
thés et infusions les 50cl de 1 à 3d
chambre simple 20d / chambre double 9d le lit

L’AUBERGE DE LA COROLLE : (C) - les soeurs Yacinte et Mimèse

Plus fleurie que les autres, cette auberge a une décoration gaie. On y attend des clients du calme. Jardin magnifique donnant sur la Corolle.

repas (1 sust) 4d (spécialités : gratins de légumes, purées, pains, pâtisseries, galettes, œufs)
chope de cidre ou de poiré (25cl F1) 1d
liqueur de pèche (10cl F4) 8d
thés et infusions les 50cl de 1 à 3d
chambre simple 15d / chambre double 6d le lit / chambre commune 4d le lit

LES VAPEURS BIENHEUREUSES : (D) - Estulip et Liserianne

pâtisseries (1sust) 8d
Thés et infusions les 25cl 1d
Eaux de vie (10cl F6) 10d

On sort des tables et des bancs et propose des pâtisseries odorantes. Le soir, on s’y retrouve pour boire les meilleures eaux-de-vie de la cité.



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