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Rokugan 2000

Le Lieu qui n’existait pas

mercredi 6 janvier 2010, par Inago Rejisu

Une histoire de l’Empire de Diamant

La nuit tombait sur Gisei Toshi. Yogo Kemmei, ingénieur système de la division Chimie des Métaux de Shosuroil et heimin de son état, se préparait à quitter son bureau. Elle fit le tour des dossiers, c’est bon, tous bouclés, sauf le contentieux avec Dojicorp, mais celui-là, elle le refilerait à son supérieur. Puisque c’était du boulot de samouraï, qu’il s’en occupe. Le fait qu’il ne comprenne rien à la manière dont on construisait une architecture sous le système Shojis, eh ben, c’était son problème.

Dernière vérification des e-mails... Tiens, celui-là, elle ne le connaissait pas. Et allez, encore du spam... Elle devrait retravailler sur les filtres de l’entreprise. Par curiosité, et vraiment parce qu’elle n’avait rien à faire d’autre, elle l’ouvrit.

De : barman@freethinkers.net
A : kemmei@metchem.shosuroil.rok
Objet : si jamais ça t’intéresse...

>Viens nous rejoindre, et on discutera. La chasse au trésor commence sur
>le
>site du clan du Paon. Après, c’est à toi de nous retrouver...
>
>
>Rejisu
>PS : munis-toi d’une skin.

Qu’est-ce que c’était que ce truc ? Une skin, elle en avait entendu parler, il s’agissait d’une image virtuelle... Mais qu’est-ce que c’était que ce truc ? Boh, de toutes façons, ce n’est pas comme si elle avait mieux à faire. Rentrer chez elle, nourrir le chat, téléphoner à sa mère... Pas vraiment ce qu’on peut appeler une vie sociale bien remplie. Déjà, être informaticienne, c’était pas très populaire, mais s’appeler Yogo, en plus... Bien sûr, elle valait mieux que ça, mais qui le saurait jamais ?

Elle rassembla ses affaires et sortit de son bureau. Mais avant cela, elle envoya un mail à un pirate cybernétique qu’elle connaissait par le réseau pour lui demander de lui envoyer un programme de création de skins.

C’est pas comme si elle avait mieux à faire.


TetsuboLove21 entra dans le bar d’une démarche assurée. Il salua de la tête plusieurs habitués qu’il connaissait bien, mais contrairement à son habitude, n’alla pas les rejoindre. Il se dirigea directement vers le bar et s’adressa au gros type en marcel qui se tenait derrière.

- Salut.

-Yo.

-Dis-moi, t’as envoyé une invitation ?

-Pas impossible. Pourquoi ?

-On m’a demandé de quoi faire une skin. C’est pour ici ?

-Ca se peut.

-De toutes façons, on verra bien. Moi je refuse jamais un service, tu me connais, donc j’y ai envoyé. Ca te dérange pas ?

-C’est tes oignons.

-Un plaisir de discuter avec toi...

-De rien, j’t’aime bien aussi.

-Bon, je vois que DarkSun est là, je le rejoins.

-A la revoyure.


Quand Kemmei eut appelé sa mère et que Neko fut nourri... Oui, elle appelait son chat Neko. Quel est l’intérêt de donner un nom à un animal qui ne vient pas quand on l’appelle ? Quand Neko fut nourri, donc, elle alluma son ordinateur et vérifia son email. Son ami avait répondu à sa demande.

Au bout d’une demi-heure, elle avait mis au point une apparence qui lui plaisait beaucoup : sombre, élancée, dotée d’un halo lumineux, et... plus tout à fait humaine. Ca, ça lui plaisait.

Alors... le site du clan du Paon... Hmm. Un site officiel, très beau, très au point... voyons voir... Lancer une recherche sur le mot « barman »... Rien. « Rejisu »... Rien. Ca commençait à l’ennuyer... « chasse ». Oui ! ! ! Le lien était bien caché, planqué au fond des descriptions des ateliers disséminés sur les terres du clan du Paon, mais il était bien là.

Ah, un autre site. Un test de personnalité, pour celui-là. M... alors ! Déjà qu’elle se crève pour les trouver, si en plus ils lui font passer des tests, ils doivent pas s’attendre à la revoir de sitôt...

« Etes-vous loyal(e) à votre Clan : un peu, beaucoup, complètement, totalement ? » Non, ça n’allait pas. Il n’y avait pas la réponse qu’elle voulait. Hmm. Ce ne serait pas très difficile de réécrire le script de la page.

« Pas du tout. »


Quelque part, au fond du Cœur de la Machine, un écran s’alluma. Inago, seigneur et maître de ce lieu, tourna légèrement son visage vers celui-ci, où s’affichait le visage d’Akodo Karyu, un acteur très célèbre et plus tout jeune qui fut l’une des grandes gloires des décennies précédente. Son visage était encore, de par Rokugan, associé au personnage de Rikku, patron du Rikku no Bar, dans ce film mythique qu’était « Medinaat ». Celui-ci s’inclina légèrement.

- Inago. J’espère que tu te portes bien.

Celui-ci ne réagit pas.

- Hum… Bon. En fait, je voulais te dire que j’avais peut-être un recrue pour toi...
- Vraiment ?

Le visage de Karyu sembla s’animer d’une vague inquiétude.

- Oui, enfin, ce n’est pas totalement sûr. Je te recontacterai d’ici là.

- Si tu veux.

L’interlocuteur d’Inago avait refermé rapidement le canal de communication avec lui. Il lui avait laissé une impression étrange, une espèce de froideur, qui contrastait fortement avec la passion qu’Inago avait toujours montré de par le passé. Cela ne le mettait pas du tout à l’aise. Il inspira profondément, bloqua un léger instant sa respiration avant d’expirer à fond, puis se remit à suivre la progression de Kemmei.


Enfin, le dernier site avait livré ses secrets à Kemmei, après quarante minutes d’investigation dans son architecture torturée et un combat prolongé avec le virus auto-réplicant qui le parasitait. Elle-même était fatiguée, en sueur, négligée dans les ténèbres partielles de son studio, pestant contre le système d’air conditionné antique qui n’était plus en fonction depuis des mois. Mais c’est avec une grâce décidée que la silhouette féline, sombre et dangereuse entra dans le Ch@tsubo.

L’architecture en était étrange, toute en alcôves représentant chacune une chatroom privée. Celles-ci semblaient s’étendre à l’infini, au-delà des perceptions somme toute limitées de l’ordinateur de Kemmei. Elle croisa plusieurs formes, chacune représentant un internaute, toutes plus bizarres, robotiques, luxuriantes, éthérées, monstrueuses ou animales les unes que les autres. Aucune ne sembla s’émouvoir de sa présence, et le sentiment d’être une étrangère en ce lieu commença à s’estomper légèrement. Elle se dirigea vers le comptoir hexagonal, en bois de teck, qui semblait être le centre de l’infinie rosace que représentait ce lieu. Dans le peu de lumière qui régnait partout dans le bar, entrecoupée par le passage des pales du ventilateur au-dessus du comptoir, elle aperçut le barman, de dos tout d’abord. C’était un gros homme, portant un débardeur maculé et ayant à la main un fusil à pompe certainement chargé de programmes d’éjection, voire de virus informatiques. Quelque chose, comme un signal, invisible et inaudible, sembla avertir celui-ci de la présence de Kemmei. Il se retourna.

Il portait le visage d’Akodo Karyu.


Une demi-heure plus tard, elle avait tout compris du Ch@tsubo. Le barman, Rejisu, lui avait expliqué plutôt laconiquement le fonctionnement de l’endroit, et le genre de faune qui s’y trouvait. Tous plus ou moins pirates informatiques. Tous relativement peu recommandables. Certains étaient des intellectuels contestés. Certains étaient des criminels écumant la réalité virtuelle. Et dans un coin il y avait un homme complètement chromé, portant le mon de la Sauterelle gravé sur la poitrine, qui lui fit signe de le rejoindre. Avant de pénétrer dans l’alcôve de l’homme étrange, elle eut le temps de repérer le barman qui faisait signe à un autre habitué de venir prendre sa place. L’homme, qui était en réalité une femme Amijdali vivant dans les Royaumes d’Ivoires et qui pianotait d’un air distrait sur son clavier tout en mangeant une énorme assiette de riz, s’installa derrière le comptoir.


Rejisu quitta le Ch@tsubo, l’endroit qu’il avait construit, qui l’abritait, et qui lui procurait le plus de joie au monde. Il communia un dernier instant avec les programmes informatiques semi-conscients qui assuraient la sécurité du lieu, puis s’éteint.


Le jeune homme qui portait l’identité d’Inago Rejisu releva la tête, et l’écran de l’ordinateur se refléta sur ses lunettes comme sur un miroir, cachant ses yeux. Il éteignit l’ordinateur et sortit de la salle désaffectée, avant d’emprunter un couloir tandis que résonnait une annonce :

« Tous les médecins et internes de chirurgie sont appelés aux Urgences. Il y a eu un accident de classe I et votre assistance est requise. Je répète, tous les médecins et internes... »


par Inago Rejisu
Barman at the Ch@tsubo Virtual Bar
Cybermancer



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