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Vampire : l'âge des ténèbres

Machiavel et "Le Prince"

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mercredi 13 octobre 2010, par rodi

Amedeo Gigliotti a été durant longtemps le secrétaire particulier de la famille Gigliotti. Toute sa vie humaine, il s’est battu de toutes les façons possibles, légales ou illégales, honnêtes ou malhonnêtes, morales ou immorales pour mener sa famille vers les plus hautes sphères des institutions de la Sérénissime. Il y a quelques mois, en 1230, Narsès, le Prince de Venise, l’a étreint... Depuis ce jour, Amedeo, le lasombra, participe au pouvoir et réfléchit sur le pouvoir. Avec deux siècles d’avance, il travaille sur des concepts qui seront développés par Machiavel bien plus tard... Le Prince a en effet été écrit en 1513. En voici quelques idées.

Le but de ces recherches est de créer un état moderne bien plus solide qu’une cité médiévale, aussi puissante soit elle. Les premiers éléments pour y arriver sont simples à identifier. Un état moderne a besoin d’une armée efficace et moderne.

« Les principaux fondements qu’aient tous les Etats, aussi bien les nouveaux que les anciens et les mixtes, sont les bonnes lois et bonnes armes. » Quot sint genera militiae et de mercenariis militibus

Pour cela, beaucoup d’argent est nécessaire. Il faut donc également un puissant système fiscal doublé d’une administration bien huilée pour le mettre en place. Les secrétaires d’un Prince doivent posséder certaines qualités et oeuvrer dans un sens certain.

« Quand tu vois un ministre penser plus à soi qu’à toi et qu’en tous ses maniements et affaires il regarde à son profit, tel ministre ne vaudra jamais rien et ne t’y dois point fier (…).

(…) Et d’autre part le prince, pour maintenir son ministre en ce bon chemin, doit penser à lui, lui donnant honneurs et finances, le faisant son obligé, et lui communiquant honneurs et charges, de telle façon qu’il ne peut demeurer sans lui, et que les grands honneurs et richesses qui lui donnera ne lui en fassent point désirer de plus grands, tandis que les hautes charges qu’il exercera lui feront craindre les nouveautés. » De his quos a secretis principes habent

Il sera, outre s’entourer de bon secrétaires, trier ses amis.

« Et tu verras toujours celui qui n’est pas ton ami te priera de demeurer neutre et celui qui t’es ami te sollicitera à te découvrir par les armes. » Quomodo adulatores sint fugiendi

Pour obtenir le consentement du peuple, cette recette simple devra être accompagnée d’une propagande performante.

« Donc c’est plus grande sagesse d’endurer le nom de ladre, qui engendre un mauvais renom sans haine que, pour vouloir le nom de libéral, d’encourir nécessairement celui de rapace, qui engendre mauvais renom avec haine. » De liberalitate et parcimonia.

L’on doit se garder d’être haï et méprisé.

« (…) je conclus que puisque les hommes selon leur fantaisie et craignent à la discrétion du prince, le prince prudent et bien avisé se doit fonder sur ce qui dépend des autres, il se doit seulement étudier à n’être point haï, et je l’ai dit.

De quoi on peut tirer un très bon avantage : quel les princes doivent faire tenir par d’autres les rôles qui attirent rancune, mais ceux qui apportent reconnaissance, les prendre pour eux-mêmes. Je conclus derechef qu’un prince doit faire cas des plus gros, mais ne point faire haïr du peuple. » De contemptu et odio fugiendo

Selon Machiavel, le Prince a besoin d’être éduqué et il doit assurer la paix et la prospérité à son royaume et à ses sujets. Le but de cet ouvrage n’est donc pas de faire une liste de coups tordus mais bien de définir les façons d’obtenir le pouvoir mais aussi de le garder pour un prince aux nombreuses vertus. Nous l’avons que la chose militaire était l’une de ses façons.

« Un prince donc ne doit avoir autre objet ni autre penser, ni autre matière à cœur que le fait de guerre et l’organisation et discipline militaire ; car c’est le seul art qui appartienne à ceux qui commandent, ayant si grande puissance que non seulement il maintient ceux qui de race sont princes, mais bien souvent fait monter à ce degré les hommes de simple condition ; en revanche on voit que quand les princes se sont plus adonnés aux voluptés qu’aux armes, ils ont perdu leur Etats. Or, la principale chose qui te les peut faire perde, c’est ne tenir compte de cet art, et à la cause qui t’en fera gagner d’autres, c’est d’en faire métier. » Quod principem deceat circa militiam

De plus Machiavel réalise une grande innovation. La conquête et la conservation du pouvoir doivent se faire avec un minimum de violence. Ainsi à Florence, les Médicis ont inféodé les conseils en y plaçant de nombreux pions. Ainsi, le coup d’état s’est fait sans violence, presque sans en avoir l’air.

Une fois le pouvoir acquis, il faut réussir à s’y maintenir. Une des conditions est d’avoir une force militaire puissante. Selon Machiavel, les milices civiles, constituées de citoyens soldats, sont préférables aux mercenaires. Ils se révèlent en effet plus loyaux et fidèles que des soldats dont la première motivation est l’argent.

« Bref, dans les armées mercenaires la paresse et la lâcheté à batailler est le plus grand danger, dans les auxiliaires la vaillance… » De militibus auxiliariis, mixtis et propriis

Une cité modèle devra donc se doter d’une milice efficace et au recrutement bien huilé. Si le pouvoir n’est toujours pas acquis, avoir une telle force à ses côtés est un atout non négligeable. La modification des techniques de guerre et les innovations sont des éléments à également prendre en compte. En effet, les fortifications doivent être développées pour faire face aux progrès de l’artillerie. L’infanterie doit être préférée à la cavalerie trop lourde. De plus, la guerre est portée sur la mer. Ici Venise a quelques longueurs d’avance au Moyen Age grâce à ses formidables arsenaux.

Il y a d’autres conditions nécessaires au maintien du pouvoir. Il faut tout d’abord établir des liens solides, à défaut de liens honnêtes, entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux. Ainsi, une cité médiévale italienne se devra d’être alliée ou en tout cas d’avoir de bons rapports avec Rome. Cependant, il faut bien se garder de laisser le pouvoir spirituel se mêler du temporel. Un bon prince doit donc écarter l’Eglise du temporel. Il faut ensuite mettre en scène le pouvoir. Selon Machiavel,"gouverner, c’est faire croire". Il est donc impératif de mettre en place un programme iconographique et festif destiné à légitimer auprès du peuple les différentes actions politiques. Construire des monuments et organiser des spectacles ou des cérémonies sont de bons exemples. Tout cela sert à construire une image positive du Prince et renforcer sa lignée. Plusieurs images sont possibles : celle du prince chrétien tel Constantin ou celle du prince guerrier et seigneur de guerre. Un Condottiere est toujours bien perçu de la société vénitienne. Bien que ce ne soit pas vraiment un spectacle, les défilés et autres voyages permettent au prince de s’approprier l’espace. Enfin, une politique intelligente d’urbanisme est un atout non négligeable pour ancrer son pouvoir et sa lignée. La grandeur architecturale (le Palais des Doges par exemple ou les Palais de la Renaissance) et des fortifications conséquentes permettent d’obtenir l’appui d’une population éblouie et se sentant en sécurité. Il faut donc toujours mettre la ville en avant au détriment du Prince. Cela ne fera que le servir par la suite.

Financer tout cela coûte beaucoup d’argent. Donc un tournevis fiscal est souvent une nécessité. Il est facilité par des choses déjà évoqués dans les lignes précédentes : une bonne administration et une propagande qui justifie la politique du Prince.

Pour effectuer des économies, Machiavel propose de faire combattre
d’autres pays à sa place. Pour cela, il faut préparer les autres souverains à aller là où il ne souhaite pas forcément aller... Les préparer est une oeuvre longue et de chaque instant. Par conséquent, le faire à distance est impossible et seuls des ambassadeurs présentes dans les cours étrangères pourront effectuer ce prodige... Il est donc vraiment conseillé d’envoyer des ambassadeurs permanents et d’en recevoir chez soi pour tisser un réseau de fidélité qui, bien mené, se révèlera d’une efficacité redoutable !

Pour conclure, Machiavel a longuement expliqué, dans le Prince, comment obtenir et conserver le pouvoir. Pour cela, il faut tout d’abord manier en parallèle la force pure et militaire et la persuasion du discours. Il faut parvenir à l’équilibre entre la force et la ruse du Lion. Ensuite, les vertus chrétiennes sont à moyen ou long terme un handicap car le Prince et son administration seront amener parfois à mener des actions peu morales. Il ne faut, par exemple, pas hésiter à se montrer cruel ou à trahir sa parole tout en sauvegardant les apparences.

Bref, ce programme conviendra tout à fait à un lasombra cynique et hypocrite. Deux défauts que Machiavel justifie par la méchanceté naturelle de l’Homme...

« Car qui veut faire entièrement profession d’honneur de bien, il ne peut éviter sa perte parmi tant d’autres qui ne sont pas bons. » De principatibus mixtis

Pour terminer, n’hésitez pas à visiter cette page Wikipedia consacrée à l’ouvrage de Machiavel.

Les citations proviennent du Prince de Machiavel et ont été ajoutées par Pitche. Merci à lui.



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