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Wastburg

De l’éloge du “On fait avec” - Qui gagne perd…

vendredi 11 octobre 2013, par Del Armgo

Ce court scénario est fait pour être joué rapidement avec de nouveaux joueurs, afin de leur faire découvrir un des aspects de Wastburg.
Ces six aspects typiquement Wastburgeois se trouvent page 3 du livret des règles du jeu.
Ce scénario fait découvrir aux PJ le quatrième aspect listé, c’est à dire : l’éloge du “On fait avec”.
Il n’est pas localisé sur la carte afin de permettre au MJ de l’intégrer dans le quartier de son choix.

Résumé

Alors que les joueurs se retrouvent à enquêter sur la disparition de barriques de vin (affaire prise très au sérieux !) et qu’ils dénouent l’affaire rapidement et aisément, ils vont réaliser combien il est risqué, voire inutile, d’afficher sa victoire à Wastburg.

PNJ

* Gyl Owel - importateur :

- menteur patenté.
- a bourlingué dans pas mal de bleds.
- “j’adore le son des gelders dans ma poche”
- “j’adore encore plus les dépenser”
- un bon coup d’couteau dans l’dos.
- “allez quoi, mets toi de dos”

Possède une veste de cuir épais et un grand couteau cranté.

* L’aubergiste :

- semble ne pas savoir compter en rendant la monnaie.
- “Haa ! Mais non j’ai pas les mains sales”
- “Hoo ! Mais non il est nickel ce verre”
- “Mais Haa ! Non c’est pas pourri, c’est faisandé, c’est meilleur”
- “Moi ? Mais j’adore la Garde voyons Hoo !”
- “Haa ! J’peux pas les voir ces andouilles de Gardoches !”

* Femme de l’aubergiste :

- pas bien causante.
- et puis pas bien souriante.
- pas mauvaise aux fourneaux
- “Nan ! Y a pas de rabe !”
- compte très mal.
- mais compte quand même sans cesse les gelders de la caisse.

Mission

1 - Appelés par le prévôt

Vous êtes appelés par votre prévôt, il vous a repéré au milieu des nouveaux, vous ne semblez pas trop idiots et il a pensé à vous pour un boulot facile.
Se rendre à l’auberge du “Pieu qui Tache” afin d’y enquêter sur un vol.
Le vol concerne du vin, qui plus est du vin qui devait être livré à la cantine de la Garde.
Autant dire que l’affaire est sérieuse, un sale coup comme ça risque d’obliger la Garde du coin à ne s’hydrater qu’à l’eau pendant plusieurs jours, et ça le prévôt ne veut pas en entendre parler !

Motivez les joueurs de cette manière, le prévôt doit insister sur l’importance capitale à toujours garder les cruches de la cantine pleines de vin.

“L’absence de pinard va rendre tout le monde nerveux et insomniaque, et ça ce n’est pas bon du tout ! C’est déjà assez tendu dans les rangs ! Vous ne voulez quand même pas être responsables ?”

S’ils trouvent les coupables le prévôt leur promet (dans le vide évidemment...) avancements, récompenses et gratitudes de la part de tous.

2 - Arrivée à l’auberge

L’auberge du “Pieu qui Tache” n’a pas grand chose d’attirant, ça n’a pas l’air très propre ni très grand, ni bien fréquenté.

L’aubergiste, un petit homme avec une bouille toute rougeaude, vous accueille avec des cris nerveux !

“Haa ! Ho ! Ha ! C’est vous qui venez d’la Garde, Haa ! Boudiou de bordellerie de voleux ! V’nez donc voir ! Haa ! Hoo !”

Vous traversez la salle principale, une dizaine de tables entourées de tabourets, un comptoir encombré de verres sales, qu’ils soient vides ou pleins d’ailleurs.
Derrière, une grande brune aux joues creuses, “Haa ! Ma femme que j’vous présente, voilà donc, Haa ! Ma femme. Hoo !”
La grande brune réagit à peine, vous envoyant une grimace figée, tentative échouée pour sourire.

Après avoir traversé la grande pièce, vous vous retrouvez dans une sorte de cellier encombré de caisses et de tonneaux, une odeur aigre, acide, flotte dans l’air.

“Voilà la remise où j’mets tout l’merdier Hoo ! Ca pue mais c’est normal c’est quand ça pourrie..., enfin non quand ça faisande, ... c’est la viande, Haa !”

Il déplace quelques caisses et, derrière, un mur de bois, percé, comme défoncé par un objet lourd, le trou permet à peine à un homme fluet de passer. On pourrait même rapidement s’empaler sur les planches pointues qui dépassent.

“Z’avez vu la bordellerie qu’y m’ont fait, et puis me manque six grosses barriques, vu que je revends en gros y a tout qui partait chez vous, comme chaque semaine, et Haa ! Avouez le hein vous l’aimez mon pinard ! Hoo !”

Un jet (—) permet de se souvenir que “si y a bien un pinard qu’est crade c’est bien celui de la cantine”.
Le trou dans le mur (donnant dans une petite ruelle) empêcherait la plupart des hommes de passer, mais il est juste impossible d’y passer une barrique. Ils pourront d’ailleurs s’amuser à essayer…
Le trou semble avoir été fait de l’intérieur de la pièce, comme pour s’échapper et non pour rentrer.

Le sol, composé d’une espèce de terre battue humide, garde assez bien les empreintes. Un PJ peut en trouver qui ne seront pas les leurs ni celles de l’aubergiste, qui confirmera être le seul à accéder à cette pièce.
Évidemment plus les PJ auront glandé et patassé dans la pièce, plus ils auront du mal à percevoir ces empreintes de pas.

3 - Fausse piste

Un jet, (+), (0) ou (-), selon le temps passé dans la remise avant de faire le jet, leur permet de constater que les empreintes de pas sont assez particulières, il s’agit nettement de quelqu’un qui marche en canard.

Une enquête rapide dans le quartier leur permettra d’apprendre que le seul gars qui marche en canard à ce point là s’appelle Guss, un individu un peu simplet qui traîne et mendie dans le quartier.
Il est facile à trouver en questionnant les gens du coin. Il passe en effet beaucoup de temps à glander près de la fontaine à l’Ours (ainsi nommée à cause de la statue d’un échevin important qui est posée dessus, malheureusement la statue est tellement laide et ratée qu’elle ressemble plutôt à un ours).

Guss sera effrayé par la garde s’il est interrogé, il n’a de toute façon rien volé, il a traîné rapidement dans la remise de l’auberge avec l’accord de la bourgeoise, afin d’y trouver un morceau de viande séché ou un croûton de beignet de patates.
Si les gardoches commence à le cogner il cessera de nier et avouera tout ce qu’ils veulent.

4 - Fouille de l’auberge

Le rez-de-chaussée de l’auberge est constitué de la grande pièce principale, de la remise où le vol aurait eu lieu, et d’une petite cour équipée de latrines malodorantes.

Le premier étage, auquel on accède depuis la cour, comporte une chambre (très encombrée de linges) et une pièce servant à stocker toutes sortes de choses diverses et variées (essentiellement des provisions pour l’auberge), dont six barriques, pleines de vin (vin particulièrement mauvais si quelqu’un le goûte, piquant, râpeux, “avec un goût d’pisse et d’poivre”).

Il y a un second étage en cours de bricolage, mais c’est loin d’être abouti, et ce n’est pas encore habitable.

5 - L’importateur de vin

L’aubergiste pourra leur expliquer où il se fournit en vin, un importateur qu’on trouve dans un comptoir qu’il tient dans le quartier du Port. Ils peuvent allez l’interroger, il s’appelle Gyl Owel.

“Ha oui, oui ! J’lui ai bien vendu six barriques au tiot rougeaud du Pieu qui tache, y a quoi… Trois ou quatre jours oui. Il décharge toujours seul pour faire des économies.
C’est du bon pinard, y’m’prend toujours… comme vous dites là... six barriques chaque semaine, et pas d’embrouilles avec lui, il paie saphir sous l’doigt, heu non c’est pas ça qu’on dit, c’est comment déjà…”

Il dit à moitié la vérité, il a en fait vendu quatre barriques de vin à l’aubergiste, et il ne dit pas non plus que quelques mois en arrière il a conseillé à l’aubergiste d’ajouter à son vin un mélange de flotte, de jus de fruits et d’épices afin de l’allonger un peu, et d’améliorer ses bénéfices (il sait donc parfaitement pourquoi les Gardoches lui parlent de six barriques).

Combine que l’aubergiste a aussitôt appliquée pour le plus grand bien de sa caissette à gelders.

Malheureusement l’aubergiste a bien trop allongé son pinard cette fois-ci, et il espère bien que s’il attend suffisamment pour le livrer, avec cette histoire de vol, les soiffards de la Garde ne se rendront pas compte de la duperie, tellement ils vont vite l’ingurgiter. Et il n’aura pas à jeter cette imbuvable fournée.

Ils peuvent bousculer l’importateur, mais lui c’est un bagarreur et un bon ; il sera bien plus sensible aux questions des Gardoches s’il se fait graisser la patte ou s’il y trouve un avantage ; dès lors il balancera la combine de l’aubergiste (sans révéler non plus que c’est son idée à lui) et qu’il lui vend en fait quatre barriques, et non pas six.
Par contre, il ignore que l’aubergiste a raté son allonge du vin et qu’il a caché ses barriques de vin raté.

Le pinard ainsi allongé n’était pas vendu bien cher à la Garde, et du coup le prévôt cantinier prenait sa part au passage, et ce depuis plusieurs mois.
L’importateur vend quatre barriques pour 12 gelders, devenant six barriques grâce à la combine utilisée par l’aubergiste, qui revend le tout 24 gelders à la cantine. Et le prévôt cantinier déclare un prix d’achat de 30 gelders. Tout le monde est gagnant sauf l’économat de la Garde, qui se fait enfler deux fois, une fois par l’aubergiste, une fois par le prévôt cantinier !

6 - Découverte de la combine

Les PJ devraient finir par comprendre. Soit en allant interroger l’importateur, soit en trouvant directement les barriques au premier étage (et en les goûtant il peuvent même découvrir la supercherie, le pinard est allongé, et c’est comme ça que quatre barriques en deviennent six).
Soit en bousculant un peu l’aubergiste, ou sa femme, pour lui faire cracher le morceau. Ni l’un ni l’autre n’est bagarreur, et au milieu des larmes, en reniflant bruyamment, l’aubergiste avouera son forfait. Sa femme ne sait pas grand chose, sinon qu’ils se remplissent bien les poches avec le vin qui part à la Garde.

Les barriques au premier étage comportent, sur une des planches, en chiffres frappés, la date d’achat et la date d’arrivée du vin au port.
Dates qui correspondent avec le témoignage de l’importateur, ces six barriques sont bien celles qui sont censées manquer.

Ils ont dès lors le choix, ils peuvent tout de suite arrêter l’aubergiste et l’emmener au poste.

Ils peuvent aussi accepter l’offre que leur fera l’aubergiste, c’est à dire un verre et un repas gratuit quand ils passeront à l’auberge, et à vie en plus. C’est aussi un contact qui peut se révéler bavard et à l’écoute de pas mal de gens qui passent dans son bouge.

En échange, il promet de vite livrer du vin à la cantine de la Garde, afin de calmer les esprits.

SI LES PJ PRÉFÈRENT NE RIEN RÉVÉLER DE LA SUPERCHERIE

Évidemment les PJ devront trouver quelque chose expliquant la plainte pour vol…
L’aubergiste a-t-il mal compté ses barriques ? Ou bien le coupable a-t-il tout remis en place de lui-même rongé par le remord ? Ou quelque chose d’encore plus stupide ?

Bref, ils ont intérêt à trouver une raison valable en retournant voir leur prévôt (qui leur posera moult questions, ne comprenant pas bien la conclusion de cette histoire…).

D’autant que le vin ne sera livré que quelques jours après !
Le prévôt fulminera sur l’incompétence des PJ et ils seront récompensés de leur inutilité en se voyant offrir les postes de nettoyeurs de chiottes jusqu’à la fin du mois, et on sait à quel point ce mauvais pinard rend les chiottes fort odorantes.

Ils auront par contre gagné une cantine à l’œil et un contact, l’aubergiste, ou sa femme éventuellement. Contact qui peut être basé sur le chantage, ou aussi sur la culpabilité.
Le MJ peut aussi leur donner une aubaine commune.

SI LES PJ CHOISISSENT DE RÉVÉLER LA SUPERCHERIE DE L’AUBERGISTE

Revenant vainqueur à la Garde avec l’aubergiste, ils sont acclamés par leurs camarades, le vin va être enfin de retour à la cantine !
L’aubergiste passera vite à table, se vidant comme une panse au dessus d’un pot, il avouera l’immonde trafic vinicole et balancera le prévôt au passage.

C’est là que les choses vont se corser pour les PJ.
L’échevin est prévenu, et arrive aussitôt à grand pas, en criant et en s’agitant en tous sens.
En effet, il est lui-même cousin germain du prévôt cantinier, et il n’apprécie pas du tout cette histoire bancale qui éclabousse une petite partie de son nom de famille.

Les PJ sont invités à annoncer à leurs camarades (sous les hués et les jets de légumes, croûtons, pierres, gras) qu’ils se sont trompés et que le vin n’a pas été retrouvé.
Leur prévôt et l’échevin vont leur demander, publiquement (c’est à dire dans la cour commune, avec les autres Gardoches) et très fermement, de relancer l’enquête et de trouver un “vrai” coupable, un “vrai” voleur de barriques (et rien d’autre).

“Et qu’ils s’activent sinon c’est la redresse pour toute l’équipe !”

Autant dire que temps que les PJ n’auront pas “retrouvé le vin volé et un coupable adéquat” ils seront fort mal traités par les autres Gardoches, et même éventuellement humiliés en pleine rue s’ils croisent des groupes de Gardoches plus nombreux qu’eux.

La seule solution est de mettre la main sur un coupable qui ne posera pas trop de problèmes, il faudrait aussi élargir le trou du mur et inverser la position des gravats pour que l’enquête soit difficile à réfuter et qu’ainsi le juge finisse par condamner à coup sur le pauvre ère.
Surtout si plusieurs Gardoches apportent des témoignages identiques et concordants… (j’invite ici le MJ à interroger, rapidement, les PJ chacun de leur côté, ils doivent comprendre que leurs témoignages doivent concorder alors qu’ils n’ont plus de temps pour se mettre d’accord, ça les fera transpirer un bon coup).

Selon le coupable choisi les PJ peuvent plus ou moins bien s’en sortir...
Choisir un personnage qui mérite la prison sera plus juste que choisir un couillon.
Et s’il ne reste plus qu’une chose aux PJ c’est bien leur amour propre ; à eux de voir s’ils préfèrent le salir un peu plus ou s’ils préfèrent se regarder dans la glace le lendemain matin.

L’aubergiste a bien sûr vite récupéré du vin au prix fort pour contenter rapidement la Garde, vin qu’il a évidemment coupé avant de le vendre au prévôt cantinier.

Le vin sera de retour à la cantine quelques jours plus tard, toujours aussi mauvais.

L’échevin insistera pour voir les PJ afin de leur montrer toute sa gratitude.
Ils seront récompensés de leur zèle sur cette enquête par un abonnement à la corvée de chiottes jusqu’à la fin du mois, et on sait à quel point ce mauvais pinard rend les chiottes fort encombrées.

Tous les PJ ayant fait un choix juste concernant le personnage à condamner gagnent une aubaine personnelle.
Selon les rapports qu’ils ont eu avec les PNJ, ils peuvent aussi avoir comme nouveau contact l’aubergiste ou l’importateur (qui cherche plutôt des pissards de son côté).

Crédits

- Fabrice Pouillot - Février 2013
- Relecture : Marie-Estelle Martin et Céline G.



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